3S – Enchères à deux

Tandem

Enchérissez en tandem

Dès à présent, on arrive au sein du « vrai bridge », qui comporte un certain nombre de conventions*, dont certaines sont indispensables, certaines sont utiles mais plus rares et dont on peut se passer dans le bridge courant, et enfin d’autres doivent être mises au rang de « gadgets ». Certains de ces derniers, amusants à jouer, sont assez couramment utilisés et seront donc décrits. Nous garderons comme base le Système d’Enseignement Français (SEF), même si certains développements ne figurent pas expressément dans la « bible ». Nous avons décidé que cette « troisième année », ou 3ème série* commencerait par les ouvertures fortes, puis les variantes modernes des ouvertures au niveau de deux.
Réponses à l’ouverture d’1♣  : Ses particularités, la séquence canapé (difficulté**). 
Stayman compléments (1) : Le Stayman faible (difficulté**), les soutiens limites.
Stayman compléments (2) : Chassé-croisé, transferts majeurs.
Mineures après Texas majeurs (1) : Développements sur 1SA (suite en 2ème série).
Ouverture de 2 à la couleur (généralités) : Historique indispensable pour la suite…
Bicolores rappels utiles : A lire avant les ouvertures fortes… 
Ouverture de 2♣ Fort Indéterminé (1) : Attention, ne concerne pas les bicolores !
Ouverture de 2♣ Fort Indéterminé (2) : Après redemande de 2, 2♠, 2SA, 3 ou 3♠ Acol.
Ouverture de 2 Forcing de Manche (1) : Conditions, c’est un appel aux As.
Ouverture de 2 Forcing de Manche (2) : La redemande de l’ouvreur (difficulté ***).
Ouverture de 2 Forcing de Manche (3) : Réponses avec des mains fortes.
Le 2 faible (1) : Conditions d’emploi.
Le 2 faible (2) : Réponses et développements. Le 2SA relais.
Le « Roudi » : La séquence initiale, le Roudi classique, le Roudi moderne.
2SA fitté : Convention SEF à adopter. Développements : voir en « 2ème série ».
La 2ème enchère du répondant (1) : Après un changement de couleur 1 sur 1.
La 2ème enchère du répondant (2) : Rudiments à propos de la 4ème forcing.
La 2ème enchère du répondant (3)  : Après une réponse 2 sur 1.
Après répétition de l’ouverture (1) : Sur une réponse à SA.
Après répétition de l’ouverture (2) : Sur un changement de couleur 1 sur 1.

Chelems, notions de base : Statistiques, enchères à SA et à la couleur.

Dès maintenant, après que vous vous serez assuré de réussir les « exercices de 3ème série« , vous allez aborder le niveau suivant, intitulé « deuxième série, enchères à deux« . Vous y trouverez de nombreux perfectionnements.

N’oubliez pas que vous pouvez retrouver tous les cours dans l’Index-Dictionnaire.

Vous pouvez également retrouver de nombreuses séquences d’enchères dans le Dictionnaire des enchères, au chapitre Silence adverse

50 commentaires sur “3S – Enchères à deux

  1. Cher ami bridgeur,
    L’intervention à 2♦ n’est pas vraiment gênante. Elle incite surtout, si l’on veut jouer SA, à bien vérifier qu’on a l’arrêt ♦. Les réponses majeures, contrairement à ce que vous dites dans votre post-scriptum, sont à peu près inchangées, et 2SA signifie bien « j’ai les deux majeures » 4èmes. Il est vrai qu’il existe un système de haute compétition qui prévoit autre chose. Mais à votre niveau, c’est le Standard Français de base qui prévaut. Voir dans le Dictionnaire des enchères, Enchères compétitives, la fiche 1SA-passe-2♣-2♦, que je viens d’insérer. Rien de très sorcier, mais à travailler quand même…
    Bien cordialement,
    Olivier CHAILLEY

    • Merci monsieur…
      Mais pourquoi avais-je retenu jusqu’à présent qu’après intervention adverse il n’y a plus de réponse conventionnelle mais uniquement des réponses naturelles (exemples : pas de 2SA fitté, ou pas de Texas mais la couleur naturelle, etc.) ?
      Bon dimanche.

  2. Cher ami bridgeur,
    En toute circonstance, au bridge – vous le verrez en compétition, mais peut-être pas en club –, il est essentiel de connaître le nombre d’atouts EXACT de la ligne, pour deux raisons : 1°) La réévaluation des mains (9ème ET/OU 10ème atout ?), 2°) Connaître le niveau possible de défense lié à la loi capitale décrite par le regretté Jean-René Vernes. Ces deux raisons sont amplement suffisantes. Il reste à commenter vos réflexions, je dois le dire presque obsessionnelles et qui montrent combien vous cherchez, à juste titre, à approfondir les sujets que vous étudiez.
    Vous semblez penser qu’avec un 6ème atout chez l’ouvreur, cela ne change rien. Cela apporte tout de même 1 point (10ème atout) à la réévaluation de l’ouvreur lui-même d’entendre 3M au lieu de 2SA et cela peut être décisif. Rappel : avec 4 atouts, le répondant n’a en général que 9 points H, alors qu’avec 3 atouts, il en a 10 ou 11. Dès l’enchère, on peut donc se représenter le plan de jeu (jeu de coupe ou jeu d’honneurs) et juger de sa réussite ou non, surtout pour un chelem… Exemple : à 6♠, j’ai 3 (ou 4) perdantes à ♦, contrôlées par une courte chez mon partenaire (contrôle annoncé pendant les enchères). Je sais dès les enchères de 3M que mes perdantes pourront être coupées même si l’adversaire entame atout. Si la réponse avait été 2SA, j’eusse été un peu plus prudent. Etc.
    Avec 5 cartes, la revalorisation de l’ouvreur est cette fois de 2 points s’il entend 3M (0 pour 2SA), et même pour la simple zone de manche, la décision de rester à 3 ou de nommer la manche peut être largement influencée. La sous-évaluation et les empaillages de manches dans ce cas sont extrêmement fréquents en club : c’est même une des raisons pour lesquelles – avec le jeu de la défense – ce sont toujours les bons joueurs de 1ère ou 2ème série majeure qui gagnent les tournois où il n’y a pourtant que 28 donnes et où la « chance » pourrait jouer en faveur des débutants… Entendre 3M fait souvent aller à la manche avec 21 points d’honneurs dans la ligne (contre 19H en face, donc). Evidemment, il faut aussi bien jouer ! Pour les chelems, où les concordances d’honneurs et les points perdus sont décisifs, le nombre d’atouts change tout (8 ou 9, voire 10), vous le subodorez vous-même.
    En compétitives, le nombre d’atouts est encore plus important. 2SA est une enchère qui devient, en compétitives, naturelle (comment dirait-on sans cela qu’on peut jouer SA parce qu’on possède un arrêt dans la couleur d’intervention ?). C’est pourquoi il a fallu trouver un équivalent du 2SA/3M fitté : X suivi de fit, etc… pour qu’au moins le capitaine – et si possible le moussaillon – connaisse EXACTEMENT le nombre d’atouts, en vue d’une manche, d’une défense, voire même d’un chelem après intervention (ça existe !). Vous dites que la défense au niveau de 3 sera la même, car les points d’honneurs peuvent compenser la Loi de Vernes, même avec 8 atouts au lieu de 9. C’est en partie vrai à ce niveau de 3. Mais si les adversaires annonce 3♠ sur 3♥ par exemple, ou bien 4♥ sur 3♠, la connaissance du nombre d’atouts devient PRIMORDIALE, pour passer, contrer, ou surenchérir. Je vous rappelle qu’en compétitives, il ne s’agit pas de gagner un contrat, mais de s’arranger pour que la chute éventuelle rapporte moins aux adversaires que le gain de leur propre contrat (vous semblez nettement l’avoir oublié !). A 4♠, avec 10 atouts, avec les honneurs partagés en général 20/20, si vous chutez de 2, c’est que les adversaires gagnaient 4♥. Vous êtes donc gagnants (à vulnérabilité égale). Si vous n’avez que 9 atouts, donc les honneurs partagés 21/19 ou 22/18 en votre faveur, 4♥ ne gagnaient probablement pas, et vous avez surenchéri à tort à 4♠. Avec 10 atouts, un top, avec 9 atouts, un zéro. Et je souligne, une fois de plus, que le nombre de points n’a rien à voir ici, la Loi de Vernes étant INDEPENDANTE du nombre de points (restant en réalité valable « seulement » entre 15 et 25 points d’honneurs dans la ligne).
    Remarque : Les réflexions du paragraphe ci-dessus ne valent qu’en « attaque-défense », c’est-à-dire avec un nombre de points équivalent à ceux de l’adversaire (18-22 à 22-18H). Si vous vous trouvez de façon certaine en attaque (en gros à partir de 23-17H), ce sont les points HLD et non la Loi de Vernes qui reprennent la priorité. Au moment de l’ouverture et de la première réponse (2SA ou 3M), comment pouvez-vous savoir si vous serez en attaque dans le silence adverse, en attaque en compétitives ou en attaque-défense ? Il faut donc DES LE DEPART faire comme si. D’où l’importance de la distinction entre 3 et 4 atouts…
    J’espère vous avoir convaincu que la connaissance du nombre d’atouts dans la ligne est primordiale. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle, à longueur de cours sur les barrages, où l’on sera presque toujours en défense, je serine qu’il est INTERDIT de tromper son partenaire sur sa longueur en atouts : on n’ouvre pas de 2♥/♠ avec 7 cartes sous prétexte « qu’on est trop faible », par exemple. C’est le seul moyen pour que la Loi de Vernes conserve son efficacité.
    Je vous souhaite bonne compréhension pour l’avenir, que j’espère pour vous brillant. Bien cordialement et bridgeusement vôtre,
    Olivier CHAILLEY

    • Cher Monsieur,
      Je vous remercie pour votre réponse. J’avoue avoir toujours autant d’incompréhensions, et je commence à me dire qu’il vaudrait peut-être mieux que je retourne jouer à la bataille, car quand plus on y réfléchit, et plus notre façon de penser s’éloigne de celle des bons joueurs, alors d’expérience, on n’est pas dans un jeu fait pour nous.
      En réalité, ce que vous m’avez dit, c’est exactement, pour l’essentiel, les réflexions que je me suis faites, et qui m’ont poussé à ne plus comprendre. Et tout particulièrement les contrats de sacrifice, ou le jeu d’attaque-défense que je n’ai, au contraire, de loin pas oubliés : c’est eux qui m’ont poussé à cette réflexion. J’essaie de reprendre vos derniers exemples, en imaginant qu’on utilise la même enchère avec 3 ou 4 atouts, et je ne vois toujours pas la différence. Pourquoi ?
      Imaginons que, sur 1♥-3♥ (signifiant, admettons, 11-12HLD, et 3-4 cœurs), l’adversaire dise 3♠, en quoi aurions-nous un problème pour trouver le bon contrat, à sacrifice ou non ?
      Si l’ouvreur possède 5 cartes à ♥ et une main qui aurait justifié de dire 4♥ sans l’intervention, il est manifeste que nous somme en attaque. Pourquoi, à cause d’une intervention qui nous donne encore plus d’infos, donc de chances de réussite, ne jouerions-nous pas une manche que nous aurions jouée sans intervention ?
      Si l’ouvreur possède 5 cartes à ♥ et une main minimale, il se tait sans réfléchir. Si on se défend avec la loi de Vernes, on a, comme vous dites, rien à faire à 4♥ qu’on ait 8 ou 9 atouts.
      Si l’ouvreur a 6 cœurs, il dit 4♥ sans réfléchir. Soit il y a 3 atouts en face, donc on est manifestement en attaque : on compte 27HLD, et comme au cas précédent, pourquoi une intervention nous ennuierait pour annoncer une manche que nous aurions de toute façon annoncée ? Et soit il y a 4 atouts, et on est probablement en défense, avec 10 atouts.
      Dans les 3 cas, on aboutit au même contrat que si on avait différencié, avec comme réelle différence que les adversaires vont peut-être défendre un 4♠ inexistant. Ou à l’inverse, s’ils comprennent qu’on se défend avec la loi des atouts, annoncer un 4♠ qu’ils auraient peut-être beaucoup plus hésité à enchérir. Si, en fin de compte, l’utilité de différencier 3 et 4 atouts sert à être « retenu par le bras », et ne pas annoncer après une intervention à 3♠ un 4♥ que nous aurions annoncé sans, je crois que ça va me déprimer !
      Regardant d’ailleurs beaucoup de matchs de compétition à défaut de les jouer, je trouve que c’est devenu impressionnant comme la précision des barrages à cœurs sont devenus un « texas adverse » pour qu’ils jouent 4♠ avec une chance de se tromper très marginale.
      J’ai également eu pas mal de difficultés avec cette enchère 3M, je l’avoue. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, je me retrouve bien plus régulièrement avec 6H en face que 9, avec une main du genre ♠Dxxx ♥RVxxx ♦x ♣xxx dont je me demande ce que je vais bien pouvoir faire si, comme souvent, je n’ai pas un réel complément dans la couleur longue. Mon jugement est sans doute beaucoup trop faible, mais je me dis que bien souvent, l’équivalent d’un As supplémentaire aurait largement compensé l’atout de plus qu’on m’a promis. Je ne comprends pas trop pourquoi la présence du 6è atout de l’ouvreur rapporte un point (10è atout…) d’après moi c’est le contraire : elle en coûte un (c’est un 10è atout, et plus un 9è atout !) qu’on comptera de toute façon en pratique quand même comme un 9è atout tellement ce dernier est important. Dans tous les cas, je n’ai encore, je pense jamais eu de situation où, en face d’une réponse à 2SA OU 3M, j’aurais arrêté avant la manche alors que j’ai 6 atouts.
      Je pourrais encore comprendre l’idée que « pour les chelems, c’est vraiment utile », mais ça pose encore plus de questions que ça n’en résout. En effet, les fits différés, l’enchère la plus proche du chelem, ne permet pas de connaître le nombre d’atouts. On s’en fiche pour la défense vu qu’on est évidemment en attaque, mais en tout cas, pour le jugement d’un plan, ça n’est pas possible. Toutefois, m’a-t-on dit à l’époque, les points H supplémentaires compenseront les points D de l’atout perdu. Voilà voilà…
      A l’inverse, je n’ai jamais eu de souci avec les barrages, où on ne se base pratiquement que sur la loi des atouts. Je reste toutefois souvent subjugué en voyant, en haute compétition et de façon pas si rare, des joueurs ouvrir vert contre rouge à 3♥ avec des jeux du genre ♠xxxxxx (6 (!)) ♥Dxx ♦xx ♣Vx. Des jours, ce jeu me rappelle le poker…
      Bref, il me reste quelques incompréhensions, mais je crois que celle que je comprends le moins est celle-ci : « Avec 5 cartes, la revalorisation de l’ouvreur est cette fois de 2 points s’il entend 3M (0 pour 2SA), et même pour la simple zone de manche, la décision de rester à 3 ou de nommer la manche peut être largement influencée ».
      Pourquoi ? Combien de points vaut vraiment ce 9è atout ? 4 ? Il les a déjà comptés dans son jeu, lui, ces 2 points, pourquoi le ferions-nous aussi ? Si les 2 camps sont supposés compter le 9è atout, alors je comprendrai beaucoup mieux une partie de l’affaire…
      Et en lisant ça, je finis aussi par me demander… combien de fois le fait d’être si précis pour savoir jusqu’où se défendre sera encore plus profitable à nos adversaires qu’à nous, en leur livrant le bon contrat d’attaque-défense sur un plateau ?
      Trop de questions auxquelles je ne pense pas comprendre un jour les réponses… Néanmoins, je vous remercie pour votre patience et pour le partage de votre passion !
      Cordialement

      • Cher ami bridgeur,
        En effet, je crois que vous êtes loin d’avoir compris l’importance de la Loi de Vernes, loin d’avoir assimilé qu’il vaut mieux que les deux partenaires comptent tous les deux 2 points pour le 9ème atout, qui, de ce fait, s’il est connu des deux côtés, vaut (presque) en effet 4 points. Le 10ème atout vaut 1 point parce qu’on ne craint plus une Dame dehors et qu’il faut seulement 2 ou 3 tours d’atout pour les éliminer, etc., etc., etc. Vous n’avez surtout pas compris qu’en compétitives, on annonce 4♥/♠ SANS SAVOIR si on a les points pour réussir le contrat (vous, vous semblez toujours le savoir, bravo !) : c’est ici que la Loi de Vernes nous guide, alors qu’on NE SAIT PAS si on est en attaque ou en défense. Tout est une question de simple bon sens, que vous n’avez pas bien saisie.
        Je ne peux rien de plus pour vous. Je voudrais tout de même vous dire que ce n’est pas en regardant faire des champions dans des donnes de championnat qu’on apprend à jouer au bridge, ni en résolvant les problèmes du Figaro. Vous ne pouvez pas apprendre à jouer au tennis en regardant Roland-Garros !
        Mon conseil : reprenez patiemment chaque cours DEPUIS le DEBUT en prenant des exemples SIMPLES (et non des donnes de compétition). Sinon, en effet, vous risquer de continuer à vous « emmêler les pédales », et ceci indéfiniment.
        J’ai répondu longuement à votre question initiale (2SA ou 3M ?), alors que la réponse est en fait UNIVERSELLEMENT comprise, même par des joueurs relativement débutants. En 50 ans de bridge, personne ne me l’avait jamais posée, tout simplement parce que la réponse vient naturellement d’elle-même…
        Il faut quelquefois un gros effort pour « comprendre le bridge », but de ce site…
        Bonne chance pour vos efforts, et votre réussite future dans notre beau jeu !
        Bien cordialement,
        Olivier CHAILLEY

        • Cher Monsieur, encore une fois.
          En effet, j’ai toujours entendu dire que le 9ème atout valait 2 points. Et c’est tout. Je ne me souviens pas qu’on ne m’ait jamais dit qu’il valait 2 points PAR PERSONNE. Cela change beaucoup. 3 ans de bridge pour apprendre ça… Maintenant de 2 choses l’une. Soit la réponse 3M est par pure logique forcing de manche (j’en suis à ma soirée surprises, après tout !), sachant que l’ouvreur a automatiquement 13HL, 2 points pour le 9ème atout du répondant, et 1 point automatique de distribution s’il a une couleur 5ème, soit 16 en tout en face de 11-12, donc 27+ dans la lignée… Ce qui simplifierait pas mal de choses, autant pour ma compréhension globale que pour mes futures enchères ! Soit ce n’est pas le cas, et je comprendrai que mon bon sens et ma logique ne sont pas adaptés à ce jeu qu’il vaudra mieux abandonner plutôt que de reprendre dès le début sans espoir de comprendre un jour. Si je peux corriger des lacunes, je ne peux pas refaire ma logique…
          En tout cas, bien que je me sois probablement attaqué à un sujet que je n’aurais pas dû aborder, je vous remercie infiniment pour toutes vos réponses !
          Meilleures salutations.

          • Cher ami bridgeur,
            Main du répondant : ♠10762 ♥D7 ♦A743 ♣R103 (9HL-12HLD)
            1ère main de l’ouvreur : ♠AR954 ♥R64 ♦95 ♣D654 (13HL-16HLD)
            Avec cette main, l’ouvreur, s’il conclut à 4♠, a de bonnes chances de réussir (atouts 2-2, remise en main ou impasse au ♣). Il fallait demander la manche.
            2ème main de l’ouvreur : ♠AR954 ♥R64 ♦D652 ♣98 (13HL-16HLD) : ici, la manche est infaisable (-2 ou -3), malgré les mêmes points. Il ne fallait pas demander la manche. Il est IMPOSSIBLE de le savoir, à votre niveau, avant que le mort ne s’étale. La perspective de gagner 620 (ou 420) contre perdre 200 (V) ou 100 (NV) montre bien que si vous chutez deux fois sur trois, vous êtes encore gagnant. Il faut donc le plus souvent demander la manche, CQFD.
            Les points HLD sont une méthode d’évaluation IMPARFAITE (je l’ai écrit et réécrit : voir les articles sur la question) pour débutants, à qui il faut bien qu’on donne des points de repère. En 4ème année de bridge, vous n’êtes plus un débutant. Si Philippe Cronier (président de l’Université du Bridge) dit qu’il faut TOUT compter, c’est qu’il a, comme moi, constaté dans les clubs une grande tendance à la sous-évaluation des mains (et donc des contrats). Le risque est de compter 2 fois les mêmes points : ici, c’en est bien un, mais tant pis, d’autant que le 9ème atout semble valoir pas loin de 4 points (3 ?, 3,5 ?, 3,8 ?)… Pour nous, cela n’a PAS d’importance ! Tout ça est statistique et AUSSI une question d’expérience. De plus, jouer comme un champion rapporte une levée toutes les deux donnes, environ, par rapport à des joueurs de club. Certains contrats tendus gagnent grâce à des remises en main, des fins de coup, des squeezes, etc. On suppose, pour les enchères, que vous jouez toujours de façon idéale, ce qui n’est probablement pas le cas.
            En conclusion : malgré votre pression, 3M restera non forcing (bien que « presque » forcing), 2SA est de toute façon forcing (de plus en plus de joueurs d’ailleurs, hors SEF, le jouent forcing de manche). Le fait que tout cela évolue assez considérablement (le 2SA fitté n’est apparu dans le SEF qu’en 2012) montre, s’il en était besoin, que le bridge n’est pas une science exacte : il suffirait d’étaler son jeu !
            Ne vous découragez pas !
            Bien cordialement,
            Olivier CHAILLEY

  3. Cher ami bridgeur, je n’ai rien à ajouter, vous avez tout compris… Au lieu de sous-évaluations presque systématiques, vous aurez maintenant parfois (c’est inévitable) quelques surévaluations avec quelques déboires, dans l’autre sens. Mais 1°) tenter davantage de manches, c’est payant à la longue ; 2°) cela va vous obliger à faire de meilleurs plans de jeu, et donc contribuera à améliorer votre jeu de la carte, partie tout de même essentielle du bridge !
    Bien cordialement,
    Olivier CHAILLEY

  4. Cher Monsieur,
    Dans l’article consacré au 2♦ FM, vous écrivez qu’avec un unicolore majeur, l’ouvreur garantit 9 levées de jeu, et au moins 16H. Dans le dictionnaire consacré à ce même 2♦, vous dites que sur la réponse de 2♥, la redemande de l’ouvreur à 2♠ promet 6 cartes à ♠ (5 cartes si elles sont belles) et 24+HL, et sinon 4 perdantes. Un collègue de club avec lequel j’ai eu l’occasion d’en discuter me dit que 4 perdantes ne veut pas forcément dire que c’est avoir 9 levées. Pouvez-vous m’expliquer ?
    Je vous en remercie

    • Cher ami bridgeur,
      Effectivement, le compte en perdantes n’est pas exactement le même que le compte en gagnantes, c’est-à-dire que le total n’est pas, paradoxalement, égal à 13. Mais ceci été abondamment traité dans les cours et les articles sur l’évaluation des mains. Il vous suffira de vous y reporter.
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  5. Cher M. Chailley,
    Dans le dictionnaire des enchères compétitives 1SA-P-2♣-2♦, vous écrivez que l’ouvreur « Passe (forcing) = 15-17H, sans meilleure enchère, au plus trois ♥ et trois ♠. Avec un bon arrêt ♦, SA minimum 15-16HL (avec un SA maximum et un double arrêt ♦ 3SA). Ouest passe, Nord reprend : …». Je comprends, puisque l’enchère de 2♦ ne le gêne pas, qu’en passant il répond au 2♣ de son partenaire qu’il n’a pas de majeure 4ème mais que sa réponse est forcing – le répondant devra donc reparler. C’est la suite que je traduis mal… 3SA avec 17H et un double arrêt ♦, OK. Mais que voulez-vous dire quand vous écrivez « avec un bon arrêt ♦, SA minimum ». Le répondant contre sur ce passe forcing de l’ouvreur ; il garantit donc une majeure et 9H et vraisemblablement pas d’arrêt ♦ car sinon il dirait 2SA. Que peut – que doit-il dire s’il n’a que 8H et pas d’arrêt ♦ puisque le passe de l’ouvreur est forcing ?
    Merci de vos conseils.

    • Cher ami bridgeur,
      Je vous fais la même remarque qu’à un de vos collègues lecteur, récemment : Le Dictionnaire N’EST PAS destiné à apprendre une séquence, ici la défense contre une intervention du n°4 après ouverture d’1SA. Ce sont les COURS qui sont là pour ça. Le Dictionnaire est une REFERENCE, et sert surtout RETROSPECTIVEMENT à retrouver une séquence qui serait produite à la table. Et ce Dictionnaire ne tient pas compte, évidemment, de votre niveau, car il est destiné à tout le monde, même les champions. Vous êtes ici dans le domaine de la haute compétition, et le système proposé (hors SEF) est une « variante Bessis » : Le principe général est que l’ouvreur passe sans l’arrêt ♦ et que toutes les autres enchères (sauf 3♦) indiquent qu’il arrête les ♦ et qu’il veut donc bien jouer lui-même à SA. Tout le déroulement des enchères, sans l’arrêt ♦ de l’ouvreur, cherche à faire jouer Nord (qui a peut-être, lui, l’arrêt), et éventuellement, en cas d’arrêt insuffisant, de jouer en majeure, même avec 7 atouts seulement dans la ligne. Les développements se trouvent dans les cours de 1ère série : Défense contre l’intervention du n°4 après l’ouverture de 1SA, et Défense contre le contre du Stayman. Mais je crois que ce n’est pas pour vous ! Alors ne vous encombrez pas la mémoire avec quelque chose que vous ne pourriez de toute façon pas jouer sans un partenaire qui aurait travaillé des heures AVEC VOUS sur cette seule question…
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  6. Cher Monsieur,
    Vous avez, une fois de plus, raison. Il faut que je résiste à l’envie de brûler les étapes et surtout me rappeler que le bridge est un jeu d’équipe. Il est primordial de bien se comprendre entre partenaires… Cela fera partie des bonnes résolutions que je vais prendre pour 2017 ! Et puisque l’occasion m’en est donnée, permettez moi de vous présenter tous mes vœux de Bonne et Heureuse Année 2017.

  7. Cher Monsieur,
    Dans un peu plus d’une semaine, je vais faire ma première compétition par 4. Pouvez-vous, à votre guise, me donner quelques conseils (consignes) pour enchérir à bon escient, et ne pas mettre à mal les jeux demandés par mes partenaires dans l’autre salle. Je vous remercie.

    • Cher ami bridgeur,
      La réponse est simple : TOUT ce que vous apprenez et ce que je vous enseigne (SEF) est dans la perspective du MATCH PAR QUATRE, le vrai bridge, celui où la chance est réduite au minimum. Il n’y a donc RIEN A CHANGER à vos habitudes. C’est plutôt le match par paires qui pose quelques particularités et problèmes. Ces particularités ont été un peu abordées dans mon cours de 1ère série. Le grand champion Alain Lévy clame haut et fort qu’il ne sait pas jouer en match par paires, et qu’il joue donc en match par paires comme en match par quatre. Et il rajoute malicieusement (je cite de tête) : « Mais si vous jouez en match par paires aussi bien que je joue en match par quatre, vous ne devriez pas faire un mauvais résultat… ».
      Je vous adresse, avec ceux de bonne année, tous mes vœux de réussite dans votre compétition.
      Olivier CHAILLEY

  8. Cher Monsieur,
    Ma partenaire ouvre d’1♠ avec ♠AR10xx ♥Axx ♦D10 ♣RVx ; j’ai ♠Vx ♥D10xxx ♦xxx ♣ADx soit 10HL, ce qui m’autorise à répondre 1SA. Ma partenaire dit 2SA sur lesquels j’ai dit 3SA : résultat -2. J’ai eu très envie de dire 3♥ pour lui dire d’une part que j’acceptais la manche mais aussi que j’avais 5 cartes à ♥, au cas où elle en aurait 3, ce qui était le cas. Que préconisez-vous ?
    Je vous remercie.

    • Cher ami bridgeur,
      Vous avez très bien raisonné, et je pense que l’enchère de 3♥, en l’absence de convention particulière, aurait été la bienvenue ici. Raison supplémentaire de dire 3♥ : cette enchère ne vous aurait rien coûté, car elle montrait à la fois un désir de manche et une proposition dans une majeure. Ceci dit, si vous regardez le Dictionnaire des enchères (1♠-1SA-2SA), 3♥ promet en principe 6 cartes à ♥. Mais ceci fait partie des enchères de compétition, car une convention permet d’annoncer 5 cartes : il faut employer une « enchère impossible », 3♠. Ne vous encombrez pas la tête avec ça, et continuez avec vos bonnes intuitions…
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  9. Cher Monsieur,
    Je serai vraiment heureux de connaître comment vous auriez enchéri : ma partenaire ouvre de 1SA avec 16H et ♠xx ♥ADx ♦ARDx ♣Rxxx. J’ai cette main : ♠ARDVxx ♥RV ♦xxx ♣xx. J’ai donc une certitude de manche, voire un chelem. J’ai commencé par faire un Texas pour les ♠ mais sur la rectification par ma partenaire, j’ai coincé. Comment lui faire savoir qu’avec mes 6 cartes à ♠ nous sommes forcement fitté, et en même temps rendre la séquence forcing ? Je me suis résolu à dire 4♠. Résultat : +2 !
    Merci de m’éclairer.

    • Cher ami bridgeur,
      Remarque préliminaire : le Texas a permis à ce chelem (raté pour vous !) d’être joué du bon côté, avec ce ♣R « en l’air ». Vive le Texas ! Effectivement, votre main, auto-fittée, vaut 17HLD, et en face d’une ouverture d’1SA, mérite d’explorer le chelem.
      Ici, il y a trois options : 1°) annoncer un faux 3♦, qui suggère un bicolore (4 cartes à ♦, parfois 3 pour rendre la situation forcing) et un singleton. Cette enchère est faite en principe avec 6 cartes à ♠. L’avantage est de pouvoir entendre soit 3♠ en cas de fit (3, voire 4, cartes à ♠ chez l’ouvreur), avec une revalorisation de 2 points à la clé, soit 3SA sans fit (mais avec l’arrêt à ♣ et à ♥) ; 2°) dire directement 4SA, qui est une enchère QUANTITATIVE non forcing, suggérant un chelem soit à ♠ (5 cartes seulement promises) si l’ouvreur est fitté par 3 cartes, soit à SA s’il est maximum ; 3°) annoncer 5♠, qui est également une enchère QUANTITATIVE, NON FORCING, promettant 6 cartes à ♠ et demandant à l’ouvreur de dire 6♠ s’il est maximum, voire 6SA.
      Dans votre cas, les deux dernières options étaient aussi valables, a) 5♠ étant plus près de ce que vous avez appris, jusqu’ici (aviez-vous oublié les enchères quantitatives à la couleur ?), et b) 4SA apportant 2 avantages supplémentaires : 6SA est increvable et vous rapporte un top plein. De plus, si par hasard votre partenaire recevait l’entame sous l’♣A, possible à SA, vous faisiez 13 levées (6SA + 1).
      Remarque finale : Tout ceci marche si votre partenaire a une main maximale, car sinon elle doit passer. Si elle a la main que vous avez décrite, pas de problème : chelem annoncé et fait. Si elle a les points que vous m’avez annoncé (16HL), elle doit s’arrêter à 5♠. Vous avez mal compté le jeu que vous m’annoncez car elle a bien, semble-t-il, 18HL : elle aurait dû, alors, ouvrir d’1♦, et sur votre réponse d’1♠, dire 2SA. Le chelem n’aurait alors posé aucun problème…
      Bien bridgeusement et cordialement vôtre,
      Olivier CHAILLEY

  10. Cher Monsieur,
    J’ai une petite question concernant le 2♣ Stayman faible. Vous avez écrit dans les compléments au Stayman que cela se faisait avec 7-8HL. Doit-on comprendre 7HL ou 8 HL, ou bien 7H = 8HL (puisqu’il y a une couleur cinquième) ? J’aurais penché pour la première interprétation mais vous indiquez plus loin que sur la séquence 1SA-2♣-2♠, avec une couleur cœur cinquième et une main minimale de 8HL, il faut dire 2SA. Si la main est minimale avec 8HL, qu’en est-il d’une main avec 7HL ? La seconde interprétation serait alors la bonne ?
    Pour info, l’article sur le 2♣ Stayman publié dans l’As de Trèfle de janvier 2015 donne une plage de 8-9 points HL.

    • Cher ami bridgeur,
      On voit par votre question, ainsi que par une sorte de flou général qui entoure le sujet, qu’il n’y a pas vraiment de réponse satisfaisante, les enchères au bridge ne constituant pas une science exacte… Voici par exemple 2 mains, la 1ère de 8HL (7H) et la seconde de 9HL (8H) : 1°) ♠DV1098 ♥A102 ♦10753 ♣7. 2°) 97652 ♥D107 ♦RV7 ♣D5. La première mérite non seulement un Stayman faible, mais un bond à 4♠ sans hésiter si on entend 2♠. La deuxième, pourtant plus forte en points d’honneurs, ne vaut pas grand-chose et mériterait presque que l’on passe sur 1SA. L’évaluation des mains, qu’il est indispensable de connaître tel que vous l’avez apprise pendant les premières années de bridge, est en réalité à fortement nuancer plus tard. Et c’est ainsi que sur 5 experts, vous trouverez 5 avis différents. Moi-même, d’une fois sur l’autre, bien qu’essayant de ne pas me contredire, il m’arrive de ne pas être complètement cohérent…
      Alors, un conseil, maintes fois répété : conservez l’esprit des enchères, en vous efforçant d’être le plus rigoureux possible, sans vous attarder sur ces petites divergences, sans conséquence au demeurant. Ce qu’il faut surtout avoir compris ici, c’est que le Texas est inopérant sur ces mains limites de manche.
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  11. Bonjour à Monsieur Chailley et à vous-même, Jean.
    Je m’autorise un avis au sujet duquel Monsieur Chailley saura dire si j’ai bien compris moi aussi la signification de ces H et/ou HL. Pour faire simple, je dirai que ce qui compte c’est le chiffre 8 et peu importe alors que ce soit des H ou des HL . Si vous avez une main de 8H (donc pas de point de longueur), vous avez le droit de faire un Stayman sur l’ouverture de 1SA – mais au même titre si vous avez 7H et une longueur 5ème qui vous octroie donc un point de longueur (et donc 8HL)
    Une interrogation pourtant : avec 6H et 2 points de longueur, donc 8HL, ai-je le droit de faire un Stayman ? Car si l’ouvreur me répond 2♦, je vais devoir dire 2SA avec 6H seulement. Oui, je sais, mes deux points de longueur me seront bien utiles pour affranchir la couleur concernée, mais quand même ! Du coup, je ne suis plus certain de ce que j’avance… Monsieur Chailley va y mettre bon ordre… Mais qu’est-ce que c’est bien, le bridge, avec vos cours…

    • Cher ami bridgeur,
      Vous devriez faire bien attention avant d’intervenir en réponse aux questions des autres internautes, car on se rend compte qu’un certain nombre d’éléments ne sont pas encore pour vous des réflexes. 1°) On n’emploie que les points HL, en toute circonstance, même si assez souvent L = 0. 2°) Dans le cas qui nous occupe, et Jean l’avait parfaitement noté, il y a par définition toujours 1 point L, puisque la couleur est 5ème. Il y a donc encore moins lieu de différencier H et HL. 3°) Vous parlez de 6H et de 2 points L. Il n’y a que 2 cas possibles : a) vous avez une couleur 6ème (majeure) et dans ce cas vous êtes mathématiquement fitté et devez compter d’emblée en HLD, et alors le Stayman n’a rien à faire ici. Ou bien b) vous avez 1 point L dans une autre couleur, et vous êtes bicolore. Et dans ce cas, sur 2♦, je ne vois pas dans quelle circonstance vous devriez dire 2SA, puisqu’il faut justement annoncer sa majeure au niveau de 2 (définition du Stayman faible).
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  12. Cher Monsieur Chailley,
    J’ai à nouveau un doute, cette fois à propos du cours sur la deuxième enchère du répondant, vous dites que la séquence 1♦-1♥-1♠ est limitée à 19HL chez l’ouvreur et dans la suite semblez considérer que c’est une annonce de bicolore alors que dans un cours précédent vous dites qu’une redemande au niveau de 1 ne promet pas un jeu bicolore. À ce point, on sait juste que l’ouvreur possède 4 cartes à ♠, 4 à ♦ ou plus et au plus 3 à ♥. Il peut même être tricolore 4-4-4-1 (avec singleton C) et dans ce cas comment l’ouvreur peut-il s’en tirer s’il est dans la fourchette 20-23 points ?
    Bien cordialement, et à nouveau merci pour tout,
    Jean Bréfort

    • Cher ami bridgeur,
      Au bridge, on ne peut pas, avec une seule enchère, dire tout à la fois. Lorsqu’on enchérit, on doit se représenter toutes les situations pouvant être décrites par son partenaire.
      La séquence 1♦-1♥-1♠ est peut-être régulière, peut-être bicolore, on ne le sait pas encore. Mais il est impératif de faire au départ comme si c’était un bicolore, car si c’en est un, vous allez regretter d’avoir annoncé 2♥ avec 5 cartes seulement ! C’est pourquoi il en faut impérativement 6 lorsque le partenaire a annoncé deux couleurs, et est donc PEUT-ETRE bicolore. Par ailleurs, je ne comprends pas votre problème avec un ouvreur de 20 à 23HL, puisque la séquence 1♦-1♥-1♠ est limitée à 19HL. Les enchères auraient été différentes avec un jeu plus fort : 2SA d’ouverture avec un jeu régulier, 2♣ avec un unicolore, ou bicolore cher ou à saut avec un bicolore… Remarque : je ne vous parle pas du jeu tricolore avec courte à ♥, qui est toujours difficile à traiter, et avec lequel on est obligé de « tricher » un peu (moindre mensonge), et le considérer comme un bicolore ou comme une main régulière selon le déroulement des enchères et l’emplacement des honneurs.
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

      • Cher Monsieur Chailley,
        Ce sont effectivement les tricolores qui me posent problème, que ce soit au-dessus de 20 points ou en dessous d’ailleurs. J’ai eu, peu de temps après avoir repris le bridge après quelques décennies d’abstinence, une main avec 5 cartes à ♠, 4 à ♥ et 4 à ♦ et 16 points HL. Les enchères ont commencé par 1♠-2♣. À ce moment, j’ai pensé qu’il pouvait y avoir un chelem, soit s’il y avait un soutien différé à ♠, soit s’il y avait un fit dans une des deux autres couleurs. Je devais choisir la couleur à annoncer en second, sachant que le n’avais aucune idée de comment ou pourrait trouver un fit dans la quatrième couleur (je n’en ai toujours aucune, j’ai déjà posé la question à diverses personnes et je n’ai obtenu aucune réponse satisfaisante). J’ai fait le mauvais choix et nous avons joué 3SA alors que le chelem était là et même avec une de mieux, la distribution étant très favorable (roi d’atout second et bien placé).

        • Cher ami bridgeur,
          Le problème est bien plus compliqué avec une main 4441 qu’avec une main 5440, surtout lorsque la couleur 5ème est majeure. Sur la réponse de 2♣ à l’ouverture d’1♠, il n’y avait qu’à annoncer, comme c’est classique et obligatoire, 2♦ (13 à 19HL), bicolore économique. Votre partenaire non nul, s’il a un jeu fort et non fitté ♦ (ni ♠, bien entendu) avec 15+HL, peut annoncer 2♥, alertés par vous « 4ème forcing avec ou sans ♥ » (mais peut-être n’êtes-vous pas encore familier avec la 4ème forcing ?). Votre réponse est alors évidemment 3♥. Vous trouvez alors le fit s’il existe et (peut-être) le chelem. Si son enchère est différente et moins forte, 2SA ou 3♣ par exemple, annoncez maintenant 3♥, indiquant votre difficulté à accepter Sans-atout, et montrant votre force à ♥, avec 3 ou 4 cartes. Il saura alors que vous êtes 5-3-4-1 ou 5-4-4-0 et pourra prendre une décision.
          D’après ce que je comprends, pour qu’il y ait un chelem il avait bien 4 cartes à ♥, et au moins 15HL (main 2-4-1-6, par exemple). Ce type de jeu aurait été beaucoup plus difficile à enchérir pour vous si vous aviez eu une main 4-4-4-1, ouverte d’1♦, avec une réponse de 2♣…
          Bien cordialement,
          Olivier CHAILLEY

          • Un grand merci. C’est donc ma faute, je n’ai pas annoncé 3♥ après la réponse à 2SA de ma partenaire.
            Très cordialement,
            Jean Bréfort

  13. Cher M. Chailley,
    Je me suis tout à l’heure empêtré sur 2-3 enchères, et j’aurais bien voulu avoir votre avis. Je n’ai guère trouvé ces séquences dans les cours ni dans le dictionnaire d’enchères.
    1°) La première est celle-ci : j’ai ouvert de 1♠ avec un jeu excentré du style ♠ADxxx ♥- ♦Rxxx ♣Rxxx dont une chicane ♥. Bien entendu, ma partenaire répond 2♥, et je suis bien obligé de répéter ma couleur. Sur quoi elle reparle à 3♣. Je suis alors embêté, je ne sais pas si je dois comprendre cette enchère comme un bicolore, et je l’ai considérée comme une troisième affirmative. J’ai donc conclu à 3SA, faute de mieux. En réalité, elle avait un joli bicolore 5/5 à honneurs concentrés de quelque 14-15HL.
    Ma première question est : aurais-je du comprendre que son jeu était bicolore et que nous avions un fit ? Même si je comprenais « juste », aurait-ce été prudent de faire un effort de chelem avec une chicane dans sa couleur forte ? En l’occurrence, 3SA était la seule manche réalisable, mais comment le juger ?
    2°) Une deuxième main a été aussi embêtante. Ma partenaire avait un jeu du type ♠A, ♥ARV ♦AD ♣D10xxxxx avec 7 trèfles, 3 cartes à ♥ et courte à ♠, et a ouvert de 2♣ suivi de 3♣ qui nous a conduit à un désastreux 6♣ alors que j’avais l’♣A sec en face et un bicolore majeur peu robuste d’environ 10H, que je n’ai pas pu annoncer après la séquence 2♣-2♦-3♣. Je me suis demandé si elle avait raison d’ouvrir de 2♣ avec une couleur aussi pauvre, mais n’ai pas su lui proposer d’alternative, car sur l’ouverture 1♣, je ne savais pas comment elle pouvait indiquer sa force. Le chelem cœur, qui chutait aussi, était dans tous les cas meilleur.
    3°) Enfin, nous nous posons une question récurrente avec les jeux du type :
    ♠RVxxxx ♥DVx ♦RDx ♣x. Après l’évidente ouverture d’1♠, nous sommes très gênés sur la réponse 2♠ du partenaire. Dame théorie nous dit qu’avec 18HLD, on devrait faire une enchère d’essai, mais si souvent, la réponse a été positive alors que les chances de réussir 4♠ sont au mieux minimes que nous nous posons des questions. Doit-on vraiment évaluer autant de points HLD avec des honneurs aussi faibles, ou vaut-il mieux dévaluer, et passer sur 2♠ ? A chaque fois j’essaie de me demander « que faudrait-il en face pour réussir la manche ? », et… disons que régulièrement, même en pouvant choisir le jeu de mon partenaire limité à 10HLD, je n’entrevois pas de manche, ou avec une chance faible. Que faire, compter en points HLD, ou laisser parler l’instinct qui nous dit de dévaluer et passer avec si peu de contrôles italiens ?
    Nous avons concrètement souvent du mal à évaluer les jeux très distribués (c’est-à-dire bien plus que celui de l’exemple que je viens de donner !), qui semblent tantôt apporter des manches voire chelem avec très peu de points d’honneurs, et tantôt chuter lourdement toutes sortes de contrats avec plein de HLD, mais des perdantes à tout va dans et en dehors des couleurs. C’est parfois quelque peu désemparant, tant pour juger son propre jeu, que pour essayer de le décrire à son partenaire afin de trouver un contrat valable. Y a-t-il des pistes de réflexions pour mieux évaluer/dévaluer ce type de jeu, ou est-il préférable de se fier aux HLD, en partant du principe que ça ne pourra guère mieux se passer ?
    En vous remerciant d’avance, je vous félicite une fois encore pour votre travail acharné et vos articles intéressants.

    • Cher ami bridgeur,
      Vous me posez 3 questions intéressantes distinctes, je réponds donc dans l’ordre, en insistant tout de même sur le fait que les réponses se trouvent dans les cours… :
      1°) ♠ADxxx ♥- ♦Rxxx ♣Rxxx : après l’ouverture d’1♠ et la réponse de 2♥, vous avez bien fait de dire 2♠. Maintenant, il est EVIDENT que 3♣ indique un bicolore : que voulez-vous que ce soit d’autre ! Comment voulez-vous que quelqu’un qui détient un bicolore en face de vous l’annonce autrement ? Il y a une séquence similaire dans le dictionnaire des enchères : 1♥-2♦-2♥, sur laquelle 3♣ est bien indiqué comme une vraie couleur (bicolore économique en réponse). D’ailleurs, dans votre cas, vous n’êtes pas dans un contexte mineur où il faudrait chercher les SA, mais bien dans un contexte de majeures. Votre réponse, surtout avec une chicane, est donc AUTOMATIQUEMENT 4♣. Et le chelem est évidemment envisageable. Vous avez raison de dire qu’une chicane dans sa couleur n’est pas une bonne chose (dévaluation d’1 ou 2 points au moins…). Mais avec votre jeu, il faut bien sûr jouer 5♣ ou 6♣. Et si la seule manche gagnable était 3SA, vous n’y pouvez rien (sauf peut-être en match par paires…).
      2°) ♠A ♥ARV ♦AD ♣D10xxxxx. Votre partenaire ouvre de 2♣ suivi de 3♣. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, la couleur n’étant pas suffisante. Comme c’est la 3ème fois en quelques jours qu’on me pose une question quasi identique, je vous renvoie aux réponses faites : 1°) en page « Accueil » en date du 22 mars, 2°) sur la même page accueil, en date du 29 mars. Je pense (mais il faut que vous ayez une grande expérience du bridge…) qu’il fallait ouvrir de 1♣, puis faire un « faux bicolore » à 2♥ par exemple (sur votre réponse de 1♠), en tout cas un bicolore cher ou à saut. Vous seriez alors probablement arrivés à 4♥. Vous touchez du doigt le problème important des unicolores mineurs forts.
      3°) Avec l’expérience, vous saurez en effet dévaluer les jeux du type ♠RVxxxx ♥DVx ♦RDx ♣x, qui valent en effet 18HLD, mais je ne crois pas que vous devez le faire pour l’instant. Le seul problème de cette main, c’est qu’elle N’A PAS D’AS. Donc si votre partenaire a une main du type ♠D43 ♥853 ♦V104 ♣RV93, vous chutez « d’emblée » même 3♠. Mais la recherche d’une manche, au bridge, vaut toujours la peine. Il FAUT donc, avec 18HL (en fait 17 à 19HL) faire une enchère d’essai. Avec 8 beaux points chez le répondant (exemple : ♠A65 ♥A1054 ♦754 ♣1052), les chances de manche deviennent sérieuses, et si jamais il y en 10, alors (exemple : ♠D96 ♥AR54 ♦V82 ♣876), la manche est presque « increvable ». Vous constatez que dans les exemples donnés, il y a toujours au moins un As, car c’est la carte-clé du bridge (la magie des As). Ne vous posez pas ce type de question, et continuez à accumuler de l’expérience. Et surtout, ne venez pas me parler de « contrôles italiens » qui n’ont rien à faire à votre niveau de bridge !
      Dernier conseil : en effet, les mains très distribuées sont plutôt mal évaluées par le compte en points. C’est pourquoi les bons joueurs les évaluent plutôt en levées de jeu. Mais il faut alors une longue expérience…
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  14. Cher Monsieur,
    Alors que je jouais avec un partenaire occasionnel, il m’a été donné de faire l’enchère de ♠ après la séquence – dans le silence adverse 1♥-1♠-2♣-3♥. Mon enchère de 3♠, à mes yeux, montrait que j’acceptais la proposition de chelem tout en signalant un contrôle ♠, en l’occurrence un singleton. Mon partenaire devait en fin de jeu me faire remarquer que mon enchère indiquait certes un contrôle mais en tout état de cause l’As ou le Roi parce que c’était la couleur qu’il avait nommée !!!… Pouvez-vous me donner votre avis ? Je vous en remercie.
    Bien cordialement

    • Cher ami bridgeur,
      Il se trouve que votre partenaire (qui a sûrement une grande expérience du bridge), a raison. Le fait que vous ayez un singleton dans sa couleur est une très mauvaise nouvelle pour un chelem, car cela veut dire que ses points dans la couleur (♠ en l’occurrence) seront perdus, s’il n’a pas l’As. S’il a par exemple ♠RV1065, il a 4 points perdus ! En effet, même si vous réussissiez l’impasse à la ♠D, la seule utile, comment la referiez-vous avec un singleton ? Il faut donc dévaloriser les singletons (et encore plus les chicanes !) dans la couleur du partenaire, ce que savent très bien faire les bons joueurs. Et si vous avez une couleur dans un singleton connu du partenaire, il ne faut compter que les honneurs de tête, As ou AR comme points d’honneurs : les autres honneurs (isolés) ne valent plus rien, tout simplement parce que vous ne ferez aucune levée avec : DVxx valent zéro, alors que s’il a 2 cartes, ils valent 3H. Ce qu’il convient de faire dans la couleur de l’adversaire : il faut la considérer comme contrôlée (même si elle ne l’est pas, mais vous n’en savez rien), et annoncer votre premier contrôle en dehors de cette couleur. Corollaire : si vous annoncez sa couleur, vous lui apportez en fait un beau complément d’honneurs (♠ADx, ♠RD par exemple), avec au moins un des plus gros honneurs, As ou Roi.
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  15. Cher Monsieur Chailley,
    J’ai une question concernant cette fois la fiche « 2SA fitté ». Dans l’exemple en milieu de page de séquence 1♠-3♠, je n’arrive pas au même nombre de points HLD que vous. En ce qui concerne le répondant, je vois 3 points D (le neuvième atout et une doubleton), par contre pour l’ouvreur je n’en trouve qu’un à moins qu’il ne puisse aussi s’attribuer les deux points du neuvième atout ce qui me paraît quelque peu exagéré.
    Ce problème du neuvième atout me turlupine depuis le début étant donné qu’il est possible d’imaginer des séquences où chacun des partenaires peut légitimement penser le détenir. Par exemple, dans le silence adverse, avec la séquence 1♠-2♥-3♥, le répondant promet cinq atouts et l’ouvreur trois, et dans ce cas qui doit s’attribuer les points du neuvième atout s’ils en ont chacun un de plus ?
    Bien cordialement,
    Jean Bréfort

    • Cher ami bridgeur,
      La question m’a été posée très souvent et je vous réponds donc comme à tout le monde : « on compte TOUT » (Ph. Cronier), et tant pis si on a compté un peu fort. Les mains sont plus souvent sous-évaluées que surévaluées, et de toute façon, dans l’état actuel des choses, on ne peut pas faire statistiquement mieux… Dans votre exemple, si l’un a 6 atouts et l’autre 4, on aura compté un point de trop ? Pas sûr, …
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  16. Cher Monsieur Chailley,
    Dans la page « 2ème ENCHERE DU REPONDANT (2) », je lis, en bas de la page :
    « L’ouvreur est limité à 19DH ». De nos jours il faut sans doute lire 19HL.
    Cordialement,
    Jean Bréfort

    • Cher ami bridgeur,
      Vous avez raison, mais je ne peux pas corriger cette « coquille », car le fichier original (récupération d’un cours que j’avais prodigué en 2005 avec des points S et D) a disparu dans les limbes de l’informatique. Je ne vais donc pas refaire le tout ! Désolé…
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  17. Cher Monsieur Chailley,
    J’ai trouvé une petite incohérence entre les pages « 2SA fitté » et « Après répétition de l’ouverture (1) ». Dans la première, vous écrivez que 2 SA correspond à un fit de trois cartes et 11-12HLD, ce qui est en accord avec le SEF, mais dans la deuxième, vous indiquez une plage allant jusqu’à 14HLD. Si j’interprète bien le SEF, il est conseillé de changer de couleur dans la tranche 13-15HLD, puis de soutenir au niveau de la manche au deuxième tour. Bien entendu, on peut toujours faire autrement à condition d’être d’accord avec son partenaire et d’alerter, du moins je suppose.
    Bien cordialement,
    Jean Bréfort

    • Cher ami bridgeur,
      Vous avez évidemment raison. Sachez simplement que beaucoup de gens jouent le 2SA fitté avec deux sortes de mains : 1°) 11-12HLD et 3 cartes et un jeu régulier ou non, mais à peu près toujours sans singleton tout de même ; 2°) 13-14HLD et alors forcément régulier (pour permettre à l’ouvreur lui-même régulier de passer éventuellement sur une redemande à 3SA du répondant, malgré un fit connu en majeure. Cette façon de faire est assez moderne et n’est en effet pas prévue dans le SEF. Elle est très utile, notamment en match par paires, ou 3SA + 1 est meilleur que 4♥/♠ égal. C’est pourquoi je l’ai inclue ici. Vous l’avez remarqué, bravo !
      Remarques : 1°) Ce cours, où l’on aborde donc pour la première fois une enchère bivalente, aurait peut-être dû figurer en 2ème série… 2°) Comme vous l’avez suggéré, vous ne pouvez agir ainsi que si vous êtes d’accord au préalable avec votre partenaire !
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  18. Cher Monsieur,
    Mon partenaire ouvre d’1♥. J’ai une très belle main fittée de 17HLD qui m’autorise donc à faire un fit différé pour annoncer 3♥ à mon second tour de parole. Mais patatras ! Sur ma 1ère réponse de 1♠ sa redemande est 2♥ (6 cartes). Je ne peux plus dire 3♥ qui ne serait plus forcing, pas plus que 4♥ qui ferme tout. J’ai osé la 3ème forcing 3♣, enchère sur laquelle l’ouvreur annonce 3♥ ! En désespoir de cause, ne sachant pas trop que dire, j’ai annoncé le petit chelem sans faire aucun contrôle. Ouf ! Contrat rempli…
    Mais pour autant, quel(s) conseil(s) me donneriez-vous pour l’avenir ?
    Merci.

    • Cher ami bridgeur,
      Je pense que vous vous en êtes très bien tiré. Voir le Dictionnaire des enchères, fiche 1♥-1♠-2♥. Je n’apporte donc aucune critique, seulement quelques précisions :
      1°) 3♣ est la bonne enchère, technique. La suite dépend en grande partie de la réponse qui vous est faite sur 3♣ (voir la réponse sur la même fiche).
      2°) Votre main de 17HLD en affiche 19 au moins, dès que votre partenaire dit 3♥ : 9ème atout. On est donc dans la zone du chelem, que, ne sachant pas quoi dire, vous avez (à juste titre) demandé et réussi.
      3°) A connaître : 3♥, ici après 1♥ puis 2♥, impose définitivement l’atout, et une enchère au niveau de 4 non seulement est un contrôle, mais ACCEPTE l’atout. Il est vrai que 3♠ ou 4♣ auraient pu être considérées comme des enchères ambigües (répétitions misfittées de couleurs déjà mentionnées ?), et que seul 4♦ aurait été ici un contrôle sans ambiguïté. Mais de toute façon pour quoi faire ?
      4°) 4SA aurait été ici un Blackwood acceptant l’atout ♥ (fit IMPLICITE).
      5°) Si vous avez peur d’une ouverture minimale, possible ici (13HL avec 11H), vous avez aussi l’enchère QUANTITATIVE de 5♥. Le partenaire passe ou dit 6♥ avec une petite réserve de 2 ou 3 points.
      Vous voyez qu’on n’est pas complètement démuni…
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  19. Cher Monsieur,
    Je souhaite connaître votre avis sur la séquence suivante (silence adverse) : 1♠-2♣-2♦-4♠. Selon votre cours, il y a un fit et la main est limitée à 15 HLD, ce qui me pose problème. En effet, le déclarant n’ayant pas limité sa main, et souhaitant tenter le chelem, ne peut plus faire les contrôles. Donc pourquoi ne pas considérer que cette séquence ne peut être conclue à la manche que par le déclarant : 1♠-2♣-2♦-3♠ et le déclarant conclut ou part en contrôles. Il pourrait aussi annoncer une quatrième forcing et fitter par la suite pour chelem éventuel. Convention entre les deux joueurs : après un fit différé, seul le déclarant peut conclure à l’atout.
    Merci beaucoup.

    • Cher Monsieur,
      J’ai une question subsidiaire à propos de la première séquence (1♠-2♣-2♦-4♠). Avec quel type de main est-on amené à faire ce soutien différé au lieu de soutenir directement au niveau de la manche (ou autre convention exprimant le fit avec 13-15HLD) ?
      Bien cordialement,
      Jean Bréfort

      • Cher ami bridgeur,
        A partir d’un certain niveau d’expérience et de connaissance (lorsque tous les cours précédents sont connus), lorsqu’il y a un fit, aucun fit direct ne peut plus exister à partir de 13HLD (on pouvait le faire, jusque-là, avec 13 à 15HLD). On ne peut donc plus jamais exprimer un bon fit par 4♠, par exemple : 1♠-4♠ devient maintenant une enchère d’« attaque-défense » avec un maximum de 9H, si possible pas d’As, et au moins 5 atouts (loi de Vernes). A partir de 13HLD, TOUTES LES MAINS, quelles que soient leurs répartitions, doivent alors être décrites par un changement de couleur préalable. Les détails sont développés dans le site.
        Bien cordialement,
        Olivier CHAILLEY

    • Cher ami bridgeur,
      Contrairement à ce que vous affirmez, le déclarant a limité sa main à 19HL, car avec 20 HL, il aurait annoncé un bicolore économique à saut. Il est essentiel alors que le répondant annonce que son 2 sur 1 était, lui, limité (13 à 15HLD) en disant 4♠, ce qui transmet le capitanat à l’ouvreur. 3♠ reste plus fort, espoir de chelem avec 16HLD au moins. Après l’enchère à saut de 4♠ (enchère « faible », presque un arrêt absolu), le seul cas où un chelem pourrait alors s’envisager est un ouvreur absolument maximum, qui aurait 19-20HLD. Cas rare, mais où l’on peut : soit « planter le chelem » si la main est très belle, soit faire un Blackwood, qui serait alors sans vérification des contrôles, au choix… Comme toujours, restez-en au SEF, sans chercher à tout prix à résoudre tous les cas possibles (ce que personne n’est jamais arrivé à faire, de toute évidence !).
      Bien cordialement à vous,
      Olivier CHAILLEY

  20. Cher Monsieur,
    Après une ouverture majeure et un changement de couleur au palier de 2, mon partenaire m’annonce 3M, c’est à dire un fit différé de 16HLD et +. Sachant qu’il faut 32HLD dans la ligne pour envisager le petit chelem, je ne dois, en bonne logique, accepter la proposition de mon partenaire avec, moi aussi, 16HLD et alors commencer les contrôles. Très souvent, l’ouvreur n’aura pas ces 16HLD, mais il n’en sera vraiment pas loin car avec une ouverture de 12H, il faut ajouter 1L pour la majeure 5ème laquelle implique obligatoirement au moins un point D pour le doubleton = total 14HLD. Si la main de l’ouvreur devait être bicolore, il y aurait 12H + 1L + 2D (soit deux doubletons, soit un singleton = total 15HLD). Or le répondant annonce 16HLD et +, et c’est ce + qui me taraude un peu car si mon partenaire est non pas 16 mais 17/18HLD, le chelem doit être envisagé. Ma question est : comment savoir ?
    J’espère que ce message vous parviendra car je ne trouve pas trace du dernier que je vous ai envoyé il y a quelques jours et dans lequel , entre autre, je vous alertais sur le fait que j’ai découvert par hasard que vous aviez répondu à un autre message sans que j’en ai été informé par un mail comme c’est le cas pour TOUT message d’internaute auquel vous répondez. Oups ! Un peu confus tout cela… J’espère que vous me comprendrez. Merci pour tout, cordialement

    • Cher ami bridgeur,
      Vous vous posez des problèmes qui n’en sont pas. Votre question : « Comment savoir ? ». Réponse : Vous n’en savez RIEN, car l’auteur du soutien différé à 3 dans la majeure d’ouverture est maintenant le CAPITAINE, et vous n’avez qu’une chose à faire, lui obéir. Si votre main est minimale et laide (ouverture 13HL, main 5332), répondez 3SA avec de mauvais atouts, voire 4♥. Sinon, avec 14HL (15HLD) et plus, des atouts pas trop laids, et une main plus plaisante, vous devez annoncer votre premier contrôle sans discuter…
      Remarque : pour envisager un chelem, il faut 33HLD (et même plutôt 34) et non 32, comme vous le dites.
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  21. Bonjour Monsieur…..ai-je bien compris ? ….voulez vous bien alors confirmer que la répétition de sa couleur majeure par le répondant après que l’ouvreur ait lui même répété sa mineure d’ouverture implique qu’il y a misfit ( que vous précisez vous complet) , c’est à dire que le répondant à zero, une et au maxi deux cartes dans la mineure de l’ouvreur . Mais alors, si c’est bien cela, que doit-il répondre avec néanmoins 6 cartes dans sa majeure et le fit dans la mineure d’ouverture et une main faible ( moins de 10HLD par exemple ) ?……..passer ?
    merci

    • Cher ami bridgeur,
      J’avoue que je ne comprends rien à la situation que vous vous efforcez de décrire : est-ce celle de votre question du 4 juin, ou celle du 11 juin (sur une autre page du site) ? J’ai, cette fois, laissé passer votre prose sans la corriger (fautes d’orthographe, de syntaxe, de ponctuation et de présentation, accents, majuscules, etc. : je corrige tout cela habituellement) de façon à ce que vous puissiez vous rendre compte combien il peut m’être difficile de répondre, malgré la meilleure volonté du monde, à une question qui apparaît tellement mal exprimée qu’elle en est incompréhensible. Bref, de quoi s’agit-il ?
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *