3S – Enchères compétitives

Tennis double

Un jeu très compétitif, le tennis

Vous arrivez maintenant en « troisième série ». Depuis longtemps, les enchères compétitives – considérées autrefois comme n’étant pas « fair-play » – sont devenues de loin les plus courantes. Elles reposent sur le même système que les enchères à deux, car elles s’efforcent de rester naturelles, au moins dans le Système d’Enseignement Français (SEF). Leur complexité est extrême, puisque les deux camps, donc 4 joueurs, s’expriment. Plus que dans le silence adverse, ces enchères font de grands progrès et évoluent : des conventions ont disparu, de nombreuses autres apparaissent régulièrement. Il faut souvent des années avant que leur bien-fondé soit établi. Et surtout, dès que l’on utilise des enchères qui s éloignent des enchères naturelles, il faut les travailler énormément et avec le même partenaire. Si vous jouez avec des partenaires divers, cantonnez-vous aux conventions universellement jouées. Comme pour les enchères à deux, nous garderons comme base le Système d’Enseignement Français (SEF), même si certains développements ne figurent pas expressément dans la « bible ».
Enchères compétitives : Grands principes à ne pas oublier.
Intervention sur 1SA : Danger ! Unicolores, bicolores, contre punitif.
Le 2♣ Landy : Objectifs, conditions, réponses.
Les Michaël cue-bids : Dans le SEF, ils sont dits « précisés ». Développements.
Intervention par 1SA : Conditions, réponses du n°4, Stayman, Texas et Texas impossible.
Intervention en sandwich du n°4 : Danger ! Unicolore, contre et cue-bid en sandwich.
Le répondant après contre du n°2 : Surcontre, convention Truscott, barrages faibles.
Défense contre les barrages (1) : Couleur, contre d’appel, le 2SA « mini-cue-bid ».
Défense contre les barrages (2) : Intervention par 2SA, intervention bicolore.
Défense contre barrages (3)  : Défense contre l’ouverture aux niveaux de 3 et 4.
Le camp de l’Ouvreur après intervention (1) : Soutiens, changements de couleurs, contre Spoutnik (difficulté **).
Le camp de l’Ouvreur après intervention (2) : Réponse au contre spoutnik, enchères à SA.
Le camp de l’Ouvreur après intervention (3) : Enchères à SA (suite), le cue-bid du répondant (difficulté **).
Enchère d’essai après intervention du n°4 : Intervention par une couleur et par contre.
L’Ouvreur après réveil adverse : Modification des enchères après 2 passe et un réveil.

Dès maintenant, en possession d’un bagage suffisant pour franchir un nouveau pas, et après que vous vous serez assuré de réussir les « exercices de 3ème série« , vous pouvez passer en « Enchères compétitives de 2ème série » : encore du travail !

N’oubliez pas que vous pouvez retrouver tous ces cours dans l’Index-Dictionnaire.

Vous pouvez également retrouver de nombreuses séquences d’enchères dans le Dictionnaire des enchères, au chapitre Compétitives 

43 commentaires sur “3S – Enchères compétitives

  1. Cher M. Chailley,
    A la lecture de vos cours, et de plus en plus, il y a une question qui me trotte dans la tête. En effet, on parle d’enchères compétitives en partant du principe que les adversaires font (à peu près…) la même chose que nous. Après, quelques détails dans le nombre exact de points, ou des utilisations comme le 2 fort et quelques autres ne poseront guère de problèmes majeurs. Mais comment utiliser des enchères lorsque le système adverse est complètement différent ? Bien sûr, la règle de l’alerte fera qu’on les comprendra. Mais ensuite ? Si on joue contre un adversaire qui nous joue un système sortant totalement de l’ordinaire, dans lequel 1♥ n’indiquerait – pourquoi pas ? – même pas nécessairement la présence d’un seul ♥, mais promettrait 10-12 points exactement ? Un exemple qu’on a sûrement peu de chances de trouver en pratique, mais imaginons. Nous, intervenant avec 15HL et 5 ♥ sommes déjà passablement ennuyés ! Si notre partenaire à également 5 ♥cœurs et 10HL, ça n’améliore pas notre cas ! Aucun ne peut, selon notre système, ni intervenir ni contrer, et il y a a priori la manche à ♥… Tout ce qui ressemble à un cue-bid n’a plus aucun sens, pour ne citer que ça. Il faut adapter le système d’enchères compétitives au complet. Bien sûr, ce cas ne se rencontrera de loin pas tous les jours, mais j’ai vu quelques systèmes étrangers dont les annonces, très artificielles dès les premières, peuvent être très gênantes. Je me posais la question, notamment, pour le SA faible, qui fait, si j’ai bien compris, une sorte de barrage assez méchant, et sans avoir étudié la spécificité on ne peut pas improviser « sur le tas » une façon de répondre, et espérer que son partenaire comprenne.
    Bien sur, en farfouillant un peu sur internet, on trouve des parades. Mais si, à chaque fois qu’on me joue une convention un peu orthodoxe et personnalisée, même supposée un peu moins forte, je suis ennuyé pour répondre, je risque évidemment d’avoir beaucoup de mal. Alors bien évidemment, je ne m’attends pas à une réponse en quelques lignes. Mais juste d’un point de vue du concept, comment faites-vous, personnellement, lorsque vous tombez contre une paire jouant un système que vous ne connaissez ni d’Eve ni d’Adam, et que vous devez « improviser », avec un partenaire que vous connaissez assez bien… ou pas (!) pour arriver sans trop de mal à vos fins.
    J’imagine qu’on abuse et sur-abuse des enchères de contres type spoutnik et qu’on essaie de rester naturel autant que possible… Mais je ne peux pas m’empêcher de penser que, si on rencontre une paire avec système hors normes, c’est un peu faire leur jeu en essayant tant bien que mal de nager en eaux troubles pour nous, tandis qu’eux sont bien plus habitués à côtoyer des systèmes différents du leur et se débrouiller.
    Enfin, je me posais un peu la question, parce que j’ai vu quelques articles avec de nombreux systèmes et, déjà que je ne trouve pas toujours facile de s’en sortir juste avec un seul, je m’imagine mal comment s’y prendre lorsqu’en plus, l’adversaire nous place des annonces complètement artificielles qui gêneront considérablement les nôtres, et bien pire, rendent caduques certaines de nos conventions, qu’on risque de ne pas pouvoir remplacer à l’improviste…
    Merci d’avance pour tout.
    Meilleures salutations

    • Cher ami bridgeur,
      Votre question est très complexe, mais la réponse est assez simple (au passage, j’aurais aimé connaître votre niveau de bridge). Mon expérience de 40 ans de bridge montre que votre problème n’en est un que si vous envisagez des compétitions internationales. En France, 9 personnes sur 10 jouent à peu près le même système (le SEF). Lorsque vous tombez sur une paire qui joue autre chose, en club (♣ de précision, SA faible, ou autre), vous verrez vite que c’est elle qui a plus de difficulté que vous à s’en sortir, car ces systèmes s’accommodent très mal des interventions, alors que le SEF s’en sort au contraire très bien.
      Le but de ce site est plutôt d’initier les gens au bridge et ne traite donc pas des différentes défenses spécifiques. Je vous recommande l’attitude suivante, qui découle d’ailleurs du règlement des compétitions : recommandez à vos adversaires de jouer comme tout le monde, et s’ils ne le veulent pas, ce qui est leur droit, demandez-leur d’expliquer leurs conventions par écrit. Je rappelle qu’ils sont tenus de remplir leur feuille de système avant chaque tournoi : le font-ils ? Si oui, vous êtes réduits à imaginer, avec votre partenaire, un système de défense dans le peu de temps qui vous permet de le faire. Dans les compétitions internationales, ou nationales de haut niveau, les paires doivent adresser plusieurs jours à l’avance et par écrit leur système aux adversaires, pour que ceux-ci puissent élaborer un système de défense.
      Dans la pratique courante, tout cela est inutile, et on s’en sort très bien avec le seul SEF, si l’on a bien compris la philosophie des enchères. En tout état de cause, la seule façon de se sortir vraiment d’un « bourbier » de ce genre serait de travailler sa défense avec un partenaire attitré et expérimenté. Si ce n’est pas le cas, jouez tranquillement comme vous savez sûrement le faire, et ne stressez pas, vous vous en sortirez toujours…
      Une petite recommandation tout de même : lorsqu’une enchère vous est alertée comme étant artificielle (♥ de précision par exemple : 1♥ = 10-12H dans votre missive), vous pouvez décider facilement que Contre remplace votre annonce de la couleur, et que la nomination ultérieure n’est pas un cue-bid mais naturelle.
      Amusez-vous bien ! Bridgeusement vôtre,
      Olivier CHAILLEY

      • Bonjour time et bonjour Olivier (si je peux me permettre).
        Tout d’abord un grand merci pour ces cours et leur diffusion. Je suis un faux débutant puisque j’ai pratiqué le bridge trois ou quatre ans avant de le délaisser une vingtaine d’années. J’ai repris cette année nanti de mes 500 et quelques PE que j’avais laborieusement glanés. Le système français a (un peu) évolué mais la philosophie reste inchangée. Ce qui me gêne le plus est l’évaluation des mains !
        Le club où je pratique propose les tournois RdF et les systèmes sont standards (enfin je crois car je n’ai pas les connaissances pour m’en rendre compte) en tout cas les cartons d’alerte restent bien au chaud. Ce qui revient à dire que si mes adversaires pratiquent un système hautement artificiel (SHA) ou ont des conventions inhabituelles ou inusuelles (CI), je les laisse avec leur problème (ce qui pour moi est la meilleure attitude). J’ai le temps de mettre au point un système de défense avant mon classement en 1ère série nationale !!!
        L’impression que l’on peut débattre du problème exposé par time, qui est sans aucun doute réel mais qui s’adresse à des joueurs de très haut niveau, vient peut être du découpage des cours (débutant jusqu’à 1ère série) qui n’est pas stricto sensu conforme à la réalité (enfin pour moi). Je pense que ce découpage reflète une autre réalité. Cours débutant pour permettre de s’asseoir sans honte à une table et commencer à prendre du plaisir à jouer puis graduellement les conventions et autres « trucs » à apprendre ou plutôt comprendre (en lien avec le nom du site) afin de progresser et renouveler le plaisir.

  2. Mr Chailley,
    Dans le cours « le camp de l’ouvreur après intervention (3) », je comprends bien l’utilisation du cue-bid en général, mais pas son utilisation après ouverture majeure : pourquoi la préférer par rapport à un soutien au niveau 3 ou 4 puisque vous dites qu’on est pratiquement toujours fitté. Merci

  3. Vous avez sans doute compris, à la lecture des cours précédents, qu’avec un jeu trop fort le soutien direct n’existe plus… En effet, le partenaire ne saurait pas s’il doit passer ou continuer les enchères (en vue d’un chelem, par exemple). Lorsque la possibilité d’un chelem existe, on est donc obligé de passer par des enchères forcing, suivies du fit s’il n’a pas encore été donné. Le cue-bid fait partie (comme la quatrième forcing) de ces enchères forcing… Tout simplement !

  4. Les conseils que vous donnez dans « l’ouvreur après un réveil adverse » sont-ils applicables après une intervention du n°2 suivie de 2 passes ?
    Super vos articles !…

    • Bien sûr que non ! Les renseignements glanés ne sont pas du tout les mêmes. Intervention et réveil sont deux notions différentes. Après intervention du n°2 (normalement 8 à 18HL), votre partenaire peut avoir jusqu’à 7, voire 8 ou 9H sans enchère potable (et même 10 ou plus s’il espère un contre de réveil de l’ouvreur : passe Blanche-Neige). En l’absence d’intervention, il est limité à 4 points s’il passe (différence très importante !). Cette fois, c’est l’ouvreur qui est position de réveil… Le contre de réveil de l’ouvreur pourra donc se faire avec moins de points (par exemple 15), surtout s’il est court dans l’intervention (contre dit de « réouverture »). Et tout le raisonnement est à l’avenant…

  5. Non, c’est plutôt moi qui suis gâteux, car c’est vous qui avez raison. Ceci dit, merci d’avoir relevé cette erreur, qui est en fait bénigne, car il ne s’agissait que d’indiquer, en donnant un exemple (j’avoue n’avoir pas remarqué l’anomalie en écrivant), une gêne par l’intervenant. Changez légèrement cette main, par exemple P V873 – C 9 – AV9632 – V3 et vous aurez un exemple parfait (avec un 6-4, il vaut mieux commencer par K). Par ailleurs, il faudrait me signaler précisément les cours où vous trouvez une variation dans la même enchère, je ferai un commentaire. Cette fois, je n’ai pas tout relu pour retrouver ce détail. D’ailleurs, ces valeurs doivent être retrouvées par le raisonnement, et non apprises…

    • Je n’ai encore jamais soupçonné la moindre trace de gâtisme dans votre splendide travail mais parfois quelques petites fautes d’inattention bien excusables. Par contre, moi qui m’appuie sur vous après des siècles d’errance, il m’arrive d’avoir réellement BESOIN de savoir si mon partenaire m’a fait un fit différé avec 13 ou réellement 15 HLD sinon je n’ai plus confiance en rien.
      1° évocation en 4°série – soutien en Maj. jeu fort – vous dites : « J’ai donc au moins 15HLD »
      et dans Révision enchères à 2 : « A partir de 15HL(D)… obligation même avec le fit »
      Mais dès qu’on passe en enchères compétitives de 4°série- révision : « on peut aussi faire un 2 sur 1 (12HL minimum) dans une belle couleur avant de fitter ».
      Il y plusieurs autres exemples par la suite. J’aimerais vraiment savoir quoi IMPOSER à mon partenaire avant de jouer et je ne veux pas que cela dépende de l’humeur du moment. N’est-ce qu’un mauvais « pinaillage » ? Merci d’avance …

      • Il n’y a rien à imposer à votre partenaire, qui doit savoir faire une addition et savoir s’il doit annoncer la manche, une proposition ou une partielle en fonction de son nombre de points. Le premier exemple que vous me donnez est une façon de compter au début des études bridgeuses car elle est logique, et que les élèves ne savent pas encore bien ce qui est forcing de ce qui ne l’est pas. Donc 6-10 (partielle), 11-12 (proposition), 13-14 (manche), 15 et plus (autre chose car il y a peu-être un chelem). Lorsque les gens ont appris ce qu’est une enchère forcing, qu’ils connaissent le Roudi, la 4ème forcing et la 3ème forcing, etc…, toutes précisions qui viennent plus tard, les valeurs peuvent évidemment changer, dans le sens d’une description meilleure de la main. Il n’y a donc aucune contradiction, il n’y a que des évolutions qui surviennent lorsque vous progressez dans l’ordre. Exemple : pour un débutant, il est essentiel qu’il fasse correctement une addition, et il doit donc annoncer la manche directement avec 13-14HLD. Pour un joueur chevronné, il est interdit d’annoncer directement la manche avec 13-14HLD (car ce serait une main tendance barrage). Le jeu trop fort du premier est donc 15HL(D) et plus, pour le second c’est à partir de 13HLD seulement. A chaque fois, vous devez être sûrs de ce que vous avez appris avant, sans quoi les pataquès ne sont pas loin.

  6. Cher Monsieur, 8H et une belle couleur 5ème autorise une intervention au palier de 1. Mais quelle doit être la force minimale du n°2 pour nommer sa seconde couleur et celle ci devra-t-elle être également 5ème ou 4 cartes sont-elles suffisantes (je ne joue pas – encore – les interventions bicolores Michael) ? Merci à vous.

    • La réponse est facile et évidemment logique, comme d’habitude. Si vous devez reparler, c’est que votre partenaire le n°4 vous a répondu. S’il a changé de couleur, c’est forcing, il faudra bien dire quelque chose. Alors si votre deuxième couleur est économique (inférieure à la répétition de la première), et si vous n’êtes pas fitté par 3 cartes au moins dans sa couleur, profitez-en pour l’annoncer, même quatrième : c’est gratuit ! S’il vous a dit 1SA, il promet 9 à 12 points : avec un singleton, dites votre deuxième couleur ; avec une main plus régulière, passez…
      Vous voyez, finalement, rien de bien sorcier !
      Cordialement et bridgeusement,
      Olivier CHAILLEY

  7. Au temps pour moi, Monsieur Chailley, j’aurais dû être plus précis et dire que le n°3 avait parlé et le n°4 était resté silencieux. Quid alors d’une nouvelle parole de l’intervenant ? Et à partir de quelle force une nouvelle couleur de l’intervenant n’est-elle plus économique ? Merci.

    • Si votre partenaire a passé, vous ne devez reparler que si la forme de votre main le permet, et que votre vulnérabilité ne risque pas d’entraîner un contre à bas niveau… Ce n’est donc pas seulement une question de points ! Et la quantité de situations est telle que l’on ne peut pas répondre en quelques lignes. Seules choses à toujours retenir : la table de décision et le nombre de points possibles dans votre ligne, la possibilité ou non d’un fit, et aussi la raison du « passe » de votre partenaire : parce qu’il n’avait rien dans les mains, ou au contraire une des couleurs déclarées par l’adversaire ? Si vous décidez de reparler, vous serez souvent au niveau de trois… Et n’oubliez pas que votre partenaire ne vous a pas fitté. S’il n’a rien non plus dans votre seconde couleur, danger ! Attendez donc, en passant, de savoir ce qu’il va vous dire au tour suivant, il fera peut-être un effort, qui sait ? Rappel, le caractère économique ou non d’une couleur n’a RIEN A VOIR avec les points, il s’agit de savoir si la nomination de cette couleur dépasse ou non la répétition de la première. C’est donc une caractéristique « spatiale », rien d’autre.

  8. Cher Monsieur, ouverture de 1♥ ; intervention par 1♠ ; ma main en tant que répondant : ♠Rxx ♥RVxxx ♦Rxxx ♣x. Je me compte 15HLD et je fais un saut à 4♥. Mon partenaire ouvreur dit que j’aurais du faire un changement de couleur puis donner le fit au palier de 3 pour qu’il puisse déclencher les contrôles… Qu’en pensez-vous ? Pour ce qui me concerne, je pourrais être d’accord (oui ?) si il n’y avait pas eu d’intervention, mais en enchères compétitives, est-ce que je ne dois pas faire barrage en sautant a la manche avec à la clé une promesse de 5 cartes dans le fit et maxi 10H ?

    • Cher ami bridgeur, votre partenaire a raison, vous êtes trop fort pour un soutien direct (16HLD et non 15, comme vous les avez comptés), qui se fait avec 13-14HLD, 5 atouts, et 9 points H AU MAXIMUM (si possible sans As). La raison essentielle est qu’il peut parfaitement exister un chelem MEME EN CAS D’INTERVENTION ADVERSE. A mon sens, la meilleure enchère ici n’est pas un changement de couleur mais plutôt un cue-bid (ici : 2♠), qui annonce justement 15HLD et plus, avec 4 atouts au moins et sans autre belle couleur annonçable au niveau de deux. Voir le cours « Le camp de l’ouvreur après intervention (3) » : le cue-bid après ouverture majeure. Ce cue-bid aurait permis à votre partenaire d’explorer le chelem s’il possédait au moins lui-même 15-16HLD ou plus.
      Bien bridgeusement et cordialement, Olivier CHAILLEY

  9. Cher « Professeur », Je compte moi aussi seulement 15 HLD : 10H + 2 pour le 4ème atout + 1 pour le 5ème atout + 2 pour le singleton Trèfle. Où est l’erreur ? Merci pour l’explication à venir.
    Claude HERVOUET

    • Tout simplement le point de longueur initial ! 10H + 1L = 11HL, avant fit. Après fit, 3 points D pour les atouts (2 + 1) et 2 pour le singleton. En tout, 16HLD. Rappel : Philippe Cronier insiste pour que l’on compte tout, même si parfois, cela fait un peu redondant. En effet, les mains sont beaucoup plus souvent sous-évaluées que surévaluées. 2 remarques : 1°) La main ne comportait que 12 cartes, j’ai donc rajouté un 4ème K. 2°) Cette main se retrouvera dans la fiche « 1♥-1♠-? » du « Dictionnaire des enchères ». Cordialement, Olivier CHAILLEY

  10. L’ouvreur annonce 1♥ ; intervention du n°2 et alors le n°3 annonce 2SA, fitté 3 cartes et au moins 11 HLD : c’est ce que jouent certains joueurs du club. Quel est votre avis sur cette façon de voir les choses ? Merci à vous.

    • Vous trouverez sur le site la réponse : dans le SEF, il n’y a pas de 2SA fitté après intervention. Raison évidente : il faut pouvoir indiquer à l’ouvreur un arrêt dans la couleur adverse : 2SA est alors naturel, avec arrêt mais sans fit (2 cartes seulement). Les joueurs de votre club peuvent jouer ce qu’ils veulent, du moment que l’enchère est alertée, mais ce n’est pas le SEF.

  11. Merci pour toutes vos réponses et vos cours super clairs. Pouvez-vous me répondre au problème suivant : ouverture majeure – intervention – le n°3 (répondant), qui n’a pas de fit jumpe dans une nouvelle couleur. Quelle est la signification de cette enchère ??
    Merci d’avance

    • Tout dépend de l’accord que vous avez passé au préalable avec votre partenaire (et indiqué sur votre feuille de système). Pour le SEF, les changements de couleur à saut après intervention sont des enchères de rencontre, avec 11 à 15HLD, 4 atouts et 5 cartes de bonne qualité (9 cartes entre les deux couleurs). Ils sont donc toujours très bien fittés. Exemple : Après l’ouverture d’1♥ et une intervention à 1♠, avec ♠82 ♥V763 ♦97 ♣ARV96, dites 3♣, enchère de rencontre. Cependant, certains jouent cette enchère en barrage faible (6H maximum), avec 6+ cartes et un misfit complet (barrage avec les points de son partenaire). Remarque : l’exemple que je vous ai donné est dans le Dictionnaire des Enchères, Compétitives.
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

    • Cher ami bridgeur,
      Comme souvent, la réponse est développée dans le site. Dans l’Index-Dictionnaire, à la rubrique 3SA (ouverture de), sous forme de cours en 1ère série : Ouverture de 3SA, et même dans le Dictionnaire des enchères : 3SA-?. Peut-être, en 3ème série, ne devriez-vous vous renseigner sur cette ouverture très rare que par curiosité, et attendre un peu pour l’apprendre. En effet, l’ouverture elle-même est très bien codifiée et facile (mineure 7ème pleine et rien d’autre), ce sont les réponses du partenaire et les développements qui sont un peu compliqués.
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  12. Cher monsieur,
    Fort de ce que j’ai lu dans votre cours « le camp de l’ouvreur après intervention », je n’ai pas fait de soutien à 2 ♥ sur l’ouverture de mon partenaire puis l’intervention à 1♠… Je n’avais que 7HLD et non les 8 comme vous le préconisez. Le n°4 soutien à 2♠ et, mon tour de parole revenu, je ne peux plus fitter sauf à le faire au palier de 3. Donc je passe… En fin de partie, grand désappointement de mon partenaire qui s’est rendu compte que nous étions fitté et qui me reproche de ne pas avoir parlé tout de suite. Et de lui expliquer mes sources. Au tournoi suivant, il arrive au club avec le SEF et me montre, page 67, « soutien avec 6/10HLD » au palier de 2.
    Poursuivant ma lecture, je vois page 68 que le SEF préconise le changement de couleur avec 6HL et +. Que puis je lui rétorquer aujourd’hui ?
    Je vous remercie de vos conseils.

    • Cher ami bridgeur,
      Le système expliqué dans mes cours (déjà anciens) fonctionne très bien, mais vous n’avez pas bien compris le mécanisme, manifestement. Vous passez d’abord, et vous fittez bien entendu ensuite, si vous êtes maximum de votre passe (6 ou 7HLD), à n’importe quel niveau ! Le niveau de 3 est alors presque toujours atteint, et même le niveau de 4 parfois. Signification : « partenaire, je désire défendre, mais je n’ai pas 8HLD, plutôt 6 ou 7HLD ». Ainsi, votre partenaire sait exactement, à un point près, votre niveau de défense, et surtout, il ne vous croit pas ou ne vous imagine pas plus fort que vous n’êtes… Tenez compte aussi, bien entendu, de la sécurité distributionnelle (Loi de Vernes) et des vulnérabilités.
      Dans la littérature entre 2008 et 2012, la limite pour répondre de cette façon a été abaissée à 7HLD, et elle même descendue aujourd’hui, dans le SEF 2012, comme vous le soulignez, à 6HLD. La raison est simple : il est bon que le fit soit connu immédiatement, au cas où les enchères des adversaires s’envoleraient subitement. Exemple : S 1♥ – O 1♠ – N passe – E 3♠ – S ?. Si Sud ne connaît pas le fit de Nord, il risque d’être embêté. Ceci dit, si Nord avait dit 2♥ et non passe, avec donc 6 à 10HLD au lieu de 8 à 10HLD, l’absence de précision de la fourchette du répondant est aussi un handicap pour Sud. La problématique est la même pour les changements de couleur, qui se font également aujourd’hui à partir de 6HL et non de 8HL, comme avant.
      Les deux systèmes se valent donc, la tendance étant maintenant à un bridge compétitif plus agressif avec moins de points (deuxième système). Le tout est, comme toujours, d’être D’ACCORD AVEC VOTRE PARTENAIRE.
      Remarque : vous soulignez à juste titre que pour quelqu’un qui défend le SEF à tout crin, j’aurais dû mettre mon cours à jour. Vous avez raison, et quand j’aurai le courage, je le ferai peut-être…
      Bien cordialement et bridgeusement vôtre,
      Olivier CHAILLEY

  13. Non, non, non, en aucun cas je n’ai voulu vous reprocher quoi que ce soit concernant la mise à jour de vos cours. Je voulais seulement savoir à quoi m’en tenir et donc vous demander votre avis. J’ai trop conscience de l’énormité du travail que représente la tenue de ce site pour vous faire la plus petite petite petite observation. En attendant, j’ai bien compris vos explications et en tiendrait compte avec mon partenaire. Merci

  14. Cher Monsieur Chailley, Une question à propos de la réponse du n°4 au n°2 qui est intervenu par 1SA alors que l’ouverture était une majeure. Dans mon club, il m’est dit que, certes, tout est Texas mais que 5 cartes suffisent, même pour un Texas mineur. Je m’obligeais, quant à moi, à en avoir 6 cartes mineures, comme sur l’ ouverture de 1SA. Que dit le SEF ? Merci à vous

    • Cher ami bridgeur,
      Je voudrais souligner tout d’abord qu’il existe un cours sur la question, en 3ème série, et qu’il comporte la réponse à votre demande… A votre stade, une attitude raisonnable est de différencier l’ouverture mineure de l’ouverture majeure. 1°) Ouverture mineure : répondre comme si le n°2 avait OUVERT d’1SA et ne tenir aucun compte de l’ouverture. Prenez simplement soin de diminuer vos fourchettes de réponse d’1 point, puisque l’intervention à 1SA se fait avec 16 à 18H(L) et non 15-17. 2°) Ouverture majeure : ici, soit vous êtes en 3ème série majeure et vous répondez en Texas, même 2♣ (Texas ♦), le Texas impossible servant de Stayman ; soit vous êtes moins bien classé, et vous faites comme pour l’ouverture mineure, vous ne tenez pas compte de l’ouverture. Dans tous les cas, les longueurs exigées ne sont pas affectées, le problème est ailleurs (singleton ou non, trou dans la couleur ouverte, etc…), mais vous ne pourrez efficacement vous occuper de cela que beaucoup plus tard…
      Remarque : une fois de plus, assurez-vous tout d’abord que votre partenaire comprendra vos enchères et qu’il joue la même chose que vous… Ce n’est pas ce qu’« on » fait en club qui doit vous guider, c’est ce que vous ET votre partenaire CONNAISSEZ.
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  15. Merci d’avoir répondu aussi rapidement à ma question sur « la réponse à l’intervention par 1SA ». Je suis bien d’accord sur le fait que l’important est de se comprendre entre partenaires, mais justement, quand on change de partenaire, il n’est pas possible de s’interroger l’un l’autre juste avant le tournoi et de faire le tour de toutes les façons dont on enchérit. J’avais déjà lu avec beaucoup d’attention votre cours en 3ème série et je pense bien maîtriser maintenant mes réponses, selon que l’ouverture est mineure ou majeure. Mais précisément, sur l’ouverture majeure, vous écrivez que tout est Texas à partir de 2♣ et que le Texas impossible est donc un Stayman. Tout cela, je l’ai bien intégré et dans mon esprit le Texas majeur nécessite 5 cartes alors qu’il en faut 6 pour les mineures. Je voulais seulement avoir confirmation de ces deux chiffres avant d’affirmer à mon partenaire que c’est ce que préconise le SEF car grâce à vous, c’est à lui que je me réfère toujours dans mes discussions d’après tournoi. C’est vrai qu’à la réflexion si dans cette situation de réponse à l’intervention 5 cartes étaient suffisantes en mineures, vous l’auriez sans aucun doute indiqué…
    Pardon d’abuser peut-être de votre patience et merci à vous.

    • Une réponse rapide : 1°) Justement si, il convient de vous mettre d’accord AVANT CHAQUE TOURNOI avec votre partenaire. Il y a pour cela des feuilles de prévision qui résument le SEF. Il faut cocher ce que vous jouez. 2°) Evidemment, les longueurs respectives des couleurs après Texas ne changent pas (je ne vois vraiment pas pourquoi elles changeraient !). Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  16. Cher Monsieur,
    A ma gauche,on ouvre d’1♣. Mon partenaire contre et le répondant passe. Dans l’obligation de parler, je dis 1♦, enchère sur laquelle l’ouvreur répète ses ♣. Mon partenaire contreur, nanti d’une main de moins de 18H, s’autorise à dire 2♦. Il me dit que si l’ouvreur n’avait pas reparlé, bien sûr, il se serait tu sur mon enchère de faiblesse, mais que sa redemande le délivre de cette interdiction. Etes vous d’accord ? Merci

    • Cher ami bridgeur,
      Bien évidemment non, votre partenaire n’a aucun droit de reparler MEME APRES que l’ouvreur a fait une redemande. Je dirais même qu’il a ENCORE MOINS le droit de parler, l’ouvreur ayant probablement 18 points HL au moins, pour reparler tout seul, et vous pouvant avoir 0 points. S’il reparle, vous pouvez légitimement penser qu’il a au moins 18 points, et si vous étiez maximum de votre 1ère réponse faible (7H) vous pourriez lui planter maintenant 3SA ! Et si vous avez 0 point, il risque de se faire contrer à bas palier pour 500 ou 800 dans la vue. Reparler avec moins de 18HL n’est pas du bridge, c’est du poker…
      Bien cordialement vôtre,
      Olivier CHAILLEY

  17. Cher Monsieur,
    Voulez vous bien me faire part de vos observations sur ce déroulement d’enchères : Nord ouvre de 1♣ avec ♠D974 ♥AR4 ♦DV7 ♣1076. Est passe avec ♠1063 ♥98763 ♦A ♣ AR3. Sud dit 1♥ avec ♠V52 ♥DV52 ♦432 ♣DV4. Ouest intervient à 2♦ avec ♠AR8 ♥10 ♦R109865 ♣85. Nord contre pour monter ses 3 cartes à ♥. Je passe, estimant n’avoir rien à dire sur les 2♦ de mon partenaire, d’autant que j’ai 5 atouts – Sud dit donc 2♥ et on en reste là. Au final, 2♥ chuté de 2 soit 100 et un 0 à l’arrivée. Ma partenaire m’a reproché mon manque de courage… Je pense que son 2♦, pour être un peu limite, était quand même justifié (personne vulnérable) mais pour autant devais-je dire 3♣ ? Merci pour vos conseils.

    • Cher ami bridgeur,
      Quelques remarques préliminaires : vous ne me dites pas votre position. Mais je déduis à la lecture que vous êtes probablement en Est. 2°) Vous avez 12 cartes, ainsi que Ouest. Je vous attribue arbitrairement le ♣2 en Est et le ♣9 en Ouest, les deux cartes qui manquent à votre distribution. Synthétisons la situation (Nord ouvreur) :
      N ♠D974 ♥AR4 ♦DV7 ♣1076, E ♠1063 ♥98763 ♦A ♣ AR32
      S ♠V52 ♥DV52 ♦432 ♣DV4, O ♠AR8 ♥10 ♦R109865 ♣985
      Les enchères : N 1♣, E passe, S 1♥, O 2♦, N 2♥ (?).
      La séquence d’enchères est à peu près normale, avec deux remarques : l’intervention en « sandwich » d’Ouest est dangereuse, un peu faible, mais se conçoit tout à fait en match par paires. Le fit de Nord est un peu hardi avec 3 cartes seulement : il a été « ébloui » par sa teneur à ♥, ♥AR4. Mais l’adversaire fait ce qu’il veut… Quant à vous, vous avez eu (sans le vouloir ?) une attitude normale. En effet, vous savez que votre partenaire a des points (le sandwich, position dangereuse, ne peut être que « sérieux »), et vous-même avez 11 points d’honneurs ! Vous êtes donc majoritaires en points, et ne pouvez évidemment pas laisser jouer 2♥ ! Mais que dire ? 3♣ serait à la rigueur possible, mais pas du tout recommandé avec 4 cartes au niveau de 3, et le misfit à ♦ est très préoccupant. Alors, une seule enchère serait raisonnable, avec vos 5 cartes à ♥ : CONTRE. Mais vous ne préférez ne pas contrer, car ce contre serait d’appel (les adversaires venant de se fitter) : ce ne serait d’ailleurs pas un si mauvais contre d’appel, malgré le singleton ♦. Vous choisissez donc de passer en espérant que votre partenaire, forcément courte à ♥, réveille les enchères par un contre de réveil (passe-trappe ou passe Blanche-Neige). Vous le transformerez alors avec délectation. Les adversaires n’ont aucune possibilité de « dégager », et s’ils le font, vous contrez vous-même (vous contrez tout ce qui bouge). Vous auriez ramassé 300 et même plutôt 500 (il devrait y avoir 3 de chute), et un top plein au lieu d’un zéro… Votre partenaire pouvait-elle contrer en réveil sur 2♥ ? Oui, compte tenu qu’elle sait (passe de l’adversaire sur 2♥) que vous avez quelques points, et qu’il ne faut pas laisser jouer 2♥ en match par paires ; et en plus, elle est courte à ♥, et vous êtes probablement long. Elle doit donc relancer les enchères par ce contre d’appel en réveil… que vous transformerez en punitif.
      Bien cordialement et bridgeusement, vôtre,
      Olivier CHAILLEY

  18. Cher Monsieur,
    Le cue-bid de l’ouvreur en réponse au contre spoutnik de son partenaire revêt plusieurs significations : 1°) soit jeu régulier avec 3 cartes pour savoir si le contreur en a 5 ; 2°) soit une main trop forte pour fitter directement ; 3°) soit une main régulière forte sans arrêt ♠ ; 4°) soit un unicolore mineur trop fort pour une répétition
    Les réponses du contreur au cue-bid sont-elles « hiérarchisées », comme par exemple en réponse à la 3ème et/ou la 4ème forcing ? Merci

    • Cher ami bridgeur,
      Remarque préliminaire : je présume que vous parlez du spoutnik simple de la séquence 1♣/♦-1♠-X. La réponse à votre question est évidemment non : ce cue-bid n’est pas une question, comme la 3ème ou la 4ème forcing, C’est un début de description (la suite en révélera la signification) avec un jeu en général fort. Le contreur continue tout simplement à décrire son jeu (régulier = SA, une mineure s’il y en a une, etc.) banalement…
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  19. Cher Monsieur,
    A ma droite l’ouvreur annonce 1♣, j’ai 18H, 5 ♥ par le V et 6 ♦ très beaux, singleton à ♠ (As) et à ♣ (Roi). Je « contre » toute distribution. A ma gauche, on passe. Et mon partenaire annonce 1♠ (7H), 4 ♠, 4 ♦, chicane ♥, 5 ♣. J’annonce ma couleur : 2♦. Mon partenaire annonce ses ♣ (3♣). Nous terminons à 3♦.
    Une paire a demandé et fait 3SA. Peut on les demander avec la chicane ♥ ?
    Mais si mon partenaire avait eu une plus belle main et m’avait annoncé 4♠, comment pouvais je lui faire comprendre que nous n’étions pas fittés ?
    L’annonce d’un bicolore cher était elle meilleure ?
    En vous remerciant pour vos explications,
    Bien cordialement
    Sophie (3ème série ♥)

    • Chère amie bridgeuse,
      Votre main en Sud : ♠A ♥Vxxxx ♦ARDVxx ♣R, 18H = 22+HL.
      La main de votre partenaire : ♠xxxx ♥- ♦xxxx ♣xxxxx, avec 7H (probablement répartis entre ♠ et ♣). 22+HL.
      Le début de séquence : Est , à votre droite, ouvre d’1♣ et la suite se passe exclusivement dans votre camp, qui possède 25 points H (donc 15 dans la ligne adverse) : S X – N 1♠ – S 2♦ – N 3♣ – S 3♦ – fin.
      Votre enchère de contre est tout à fait légitime (car recommandée par le SEF), mais voyez tout de même ma remarque finale, plus loin. Votre redemande à ♦, après une réponse faible (1♠ = 0 à 7H) non forcing, signe maintenant le contre « toute distribution », donc au moins 18H, avec un beau ♦. Rappel : cette redemande n’est pas forcing. Mais votre partenaire Nord est maximum de sa faiblesse annoncée et se doit maintenant de reparler. Mais pourquoi diable, alors qu’il tient maintenant un fit à ♦ et qu’il est certain qu’il n’y a pas de fit majeur, parle-t-il de ses ♣ ? 3♦ aurait été une excellente enchère, et vous aurait (j’espère!) mené à la manche à 5♦ (voire 6♦, voir le paragraphe suivant !).
      Et quand vous avez répété vos ♦, comment Nord a-t-il pu passer avec un fit pareil, alors que vous avez annoncé 18H, donc 20HL au bas mot. Avec ses 4 cartes à ♦, Nord a maintenant 12 ou 13HLD ! Vous atteignez donc au moins 31HLD dans la ligne, largement suffisants pour demander 5♦.
      Peut-on dire enchérir 3SA ? Après l’enchère de votre partenaire à 3♣ (au lieu de 3♦ !), on peut être en effet tenté (surtout en match par paire), mais vous aurez forcément des problèmes de communication… Même si une paire a gagné 3SA, elle a été bien imprudente et tant mieux pour elle ! Avec une répartition 1-5-6-1, il faut presque toujours jouer à la couleur, ici une mineure, mais probablement tout de même moins dangereuse que 3SA. D’ailleurs, si les 7 points de Nord sont l’♣A et le ♠R, il y a 6♦ sur la table, en poussant les cartes.
      Votre question sur un partenaire qui aurait dit 4♠ : la question ne se pose pas avec un bon partenaire. En effet, il sait que vous pouvez avoir plus de 18 points et donc « toute distribution ». Il ne proposera donc 4♠ avec un saut direct qu’avec un jeu très faible (maximum 5H) et un « champ » de ♠, au moins 6 cartes. Cette enchère est une sorte d’arrêt, Nord ne voulant rien jouer d’autre. Vous ne pourriez que passer, même avec une chicane…
      Petite remarque finale : il est reconnu aujourd’hui qu’il est assez dangereux de contrer « toute distribution » avec « seulement » 18H et une courte, surtout à ♠. Vos difficultés en sont une illustration. Il aurait mieux valu, à mon sens, intervenir naturellement, en annonçant d’abord vos ♦ (1♦) puis en faisant suivre la réponse d’1♠ par la citation de vos ♥, répétés éventuellement au tour suivant (bicolore cher en réponse), signant ainsi un beau 6-5 rouge.
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

      • Cher Monsieur,
        Merci beaucoup pour votre réponse bien détaillée ! Effectivement,je regarderai mieux la distribution de ma main avant de contrer avec 18H !
        A bientôt, bien cordialement.
        Sophie

  20. Cher Monsieur,
    Ouverture de 1♣, intervention du n° 2 par 1♦, le répondant dit 1♥, passe du n°4. La parole est à l’ouvreur qui dit 2♦. Que dois-je comprendre de ce cue-bid de l’intervenant ? Recherche d’arrêt ♦ ? Merci à vous.

    • Cher ami bridgeur,
      Votre question est fort intéressante. Ce cue-bid ne se conçoit qu’avec un jeu très fort, à partir de 18HL, et surtout sans meilleure enchère. 2♦ est pratiquement forcing de manche, sauf peut-être si le répondant revient à 2♥, indiquant une réponse initiale minimale (7-8HL). Ce que demande l’ouvreur, c’est de continuer à se décrire. Les réponses sont donc maintenant diverses, et vous les trouverez dans le Dictionnaire des enchères, auquel je viens de rajouter cette séquence.
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

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