B

  • Baiser à la reine : Ce nom pittoresque à été donné par Bertrand Romanet (1921-2003)  à un coup* à blanc orienté destiné à affranchir une couleur en évitant de donner la main à l’adversaire dangereux*.Donne baiser reine On espère trouver chez lui la Dame et on manœuvre de manière que cette Dame doive bien malgré elle faire la levée. Sud joue 3SA sur entame du 6. Il ne peut gagner sans affranchir les qu’on peut espérer 3/2 en flancs. Mais Sud qui a pris l’entame de la D ne tient une seconde fois à cette couleur que si c’est Ouest qui prend la main à . Il faut donc abandonner un en essayant de laisser la main à Ouest. Sud joue le 4 et, Ouest fournissant le 7 prend du R. Cartes sur table il n’y aurait plus qu’à jouer un petit  pour la D d’Ouest. Mais le déclarant ignore la répartition des  ; la Dame est peut-être seconde en Est. Il lui faut donc revenir en main par l’♣A et jouer le 5. Ouest fournissant la D, Sud duque* alors en jouant le 2 et le coup est gagné. Si au premier tour, Ouest avait joué la D, Sud aurait fourni petit du mort. Si, la répartition des  étant différente, Ouest avait fourni au premier tour le 7 et au second le 10, il aurait fallu prendre de l’A, espérant en Ouest D107 ou V107. Voir aussi Évite*.
  • Balancée (Main) : Synonyme de main équilibrée*.
  • Baron (convention) : Convention publiée en 1948 par un certain Léo Baron (décédé en 1985), grand joueur polonais qui a finalement laissé peu de traces en dehors d’elle. C’est une sorte de Stayman* qui s’utilisait exclusivement sur l’ouverture de 2SA (3♣ = Baron), et qui demandait à l’ouvreur d’indiquer sa première couleur (la moins chère*) de 4 cartes, le répondant suivait avec la sienne, jusqu’à ce qu’un fit 4-4 soit trouvé, même mineur (différence essentielle avec le Stayman). La réponse de 3SA  sur 3♣ indiquait donc forcément 4 cartes, voire 5, à ♣. Aujourd’hui, sur 2SA, on préfère le Stayman, qui s’est généralisé. Mais il arrive de plus en plus de circonstances où l’esprit du Baron revient. Exemple : en réponse au 2SA* mini*-cue-bid qui suit le contre* d’une ouverture de 2 faible*, le contreur est invité à s’exprimer en Baron. Voir Défense contre barrages (1) et pour les joueurs de compétition Le 2SA mini-cue-bid.
  • Barrage : On appelle enchères de barrage (ou « barrage » tout court) des enchères destinées à gêner l’adversaire : elles comportent une surdemande*, c’est-à-dire qu’elles sont faites à un niveau nettement supérieur à celui que justifie la valeur de la main. On s’expose sciemment à une pénalité parce qu’on escompte qu’elle sera inférieure au profit que l’adversaire retirerait d’une manche ou d’un chelem. Ces enchères se font à l’ouverture* aussi bien qu’en défense* avec des jeux pauvres en points d’honneurs, donc sans grande valeur défensive, mais comprenant une longue couleur de 7 à 8 cartes, voire de 6. Voir les cours Barrages (1)Barrages (2)Barrages (3). Pour les barrages avec 6 cartes, voir Deux* faible. Voir aussi les cours 2 faible (1)2 faible (2). Les réponses du partenaire, après une ouverture de barrage et un passe adverse, ne peuvent se concevoir que dans l’espoir d’une manche, donc avec un jeu fort, ou dans un esprit de sacrifice* (Loi des levées* totales). Voir Réponses aux barrages (niveau 1ère série).
  • Barrage (défense contre) : Les barrages*, par essence même, sont fort gênants pour les développement des enchères* du camp adverse. Des stratégies existent, plus ou moins efficaces, permettant de trouver tant bien que mal un bon contrat*. Mais il faut admettre que dans un certain nombre de cas, les adversaires, échouant à trouver une manche ou un chelem, ont « payé le barrage« . Voir Défense contre les barrages (1)Défense contre les barrages (2)Défense contre barrages (3).
  • Barrage (prolongation de) : Prolonger un barrage, c’est répondre à son partenaire par un soutien direct dans la couleur, au niveau permis par la Loi des levées* totales de Vernes*, simplifiée en Loi des atouts. Ainsi, un 2 faible* pourra être soutenu, même avec un jeu faible, au niveau de 3 avec 3 cartes (9 atouts connus en tout) et au niveau de 4 avec 4 cartes (10 atouts connus). Bien entendu, on sera prudent si l’on est en vulnérabilité* défavorable, en rabaissant ses prétentions d’un niveau. On pourra parfois, en vulnérabilité favorable, « pousser » d’un niveau le barrage. On voit ici l’importance, pour l’ouvreur, d’ouvrir en barrage au niveau exact permis avec ses atouts : 2 avec 6 atouts, 3 avec 7 atouts, et 4 avec 8 atouts. C’est la seule façon pour le partenaire de connaître la limite supérieure du sacrifice* consenti. La prolongation* de barrage est un arrêt* absolu pour l’ouvreur, qui ne peut en aucun cas reparler. Voir le cours 2 faible (2).
  • Bascule (Défausse) : Une défausse variable selon la carte fournie par l’adversaire peut permettre de faire la levée suivante, soit de la main, soit du mort.
  • Bascule (Levée) : Levée qui peut être faite soit par la main soit par le mort. le déclarant peut à son gré selon la défausse adverse faire basculer la rentrée dans une main ou dans l’autre. Exemple :  Dans une couleur affranchie, Sud, le déclarant, possède au mort 74 et en main 53. Il joue du mort le 7 ; Est qui gardait 2 fois la couleur longue du mort et 2 fois aussi celle de la main doit se défaire d’une de ses doubles gardes, et en fonction de cette défausse Sud sait quelle couleur il doit affranchir.Bascule 1 S’il lui faut une rentrée au mort, il défausse le 5 de sa main : s’il lui faut une rentrée en main, il joue le 3. Voici cette remarquable donne, complète. Sud joue SA sur entame de la ♠D. Il prend du ♠R et joue A et 6 fournissant le 10 et le V du mort. Ouest contre-attaque . Sud prend du R, tire l’♠A et joue le 8 pris par le 9 du mort. Il présente alors le 7 et Est est squeezé*. 1°) Est défausse  : Sud fournit le 5 ;Bascule 2 corr 1 il joue A et ; le 4 permettra de remonter au mort pour utiliser les 2  affranchis. 2°) Est défausse ♣ : Sud fournit le 3, fait l’impasse à ♣ et rejoue ♣. Le 5 servira de reprise pour le ♣ affranchi. Si à la 4ème levée Ouest joue ♣, le problème comporte une variante où la levée à bascule à joue le même rôle.
  • Base (Main de) : Voir Main* de baseLe fit 4-4Le compte des levées adverses (1) et Le compte des levées adverses (2).
  • Basse carte : Synonyme de Petite* carte.
  • Bath (coup de) : Bath est le nom d’une station balnéaire anglaise, où des joueurs de whist décrivirent ce coup il y plus de 150 ans. Il consiste, pourCoup de Bath 2 le déclarant, à fournir petit et donc duquer* sur l’entame du Roi (qui implique la Dame) s’il possède AVx (l’As peut également être au mort), gardant ainsi l’arrêt* dans la couleur, et surtout interdisant à l’entameur de rejouer de la couleur sous peine de lui donner deux levées. C’est une forme particulièrement efficace de laisser*-passer. Ce coup s’impose surtout si le déclarant Sud craint que Est ne prenne la main, et si aucun autre retour ne lui fait peur. Le coup de Bath se joue aussi bien à SA qu’à la couleur. Voir Coup de Bath.
  • Battre : 1°) Mélanger les cartes. Le jeu battu doit être placé à la gauche du donneur suivant. 2°) Jouer une couleur (l’atout) ou de hautes cartes. Exemples : Battre atout ; battre AR avec ARV au lieu de faire l’impasse. 3°) Faire échouer. Exemples : Battre le contrat, ou tout simplement battre. 
  • Bermuda Bowl : La Bermuda Bowl (en français Coupe des Bermudes) est une compétition bisannuelle, organisée les années impaires, par équipes nationales faisant office de Championnat du Monde sous l’égide de la Fédération Mondiale du Bridge (World Bridge Federation, WBF). Parallèlement, se jouent la Venice Cup pour les femmes, et l’Orsi Bowl pour les seniors. La Bermuda Bowl, instituée en 1950 aux Bermudes (qui ont donné leur nom à ce championnat), est la plus ancienne compétition de bridge habilitée à conférer un titre de Champion du Monde. Les prochains Bermuda Bowl se disputeront à Chennai (anciennement Madras, Inde) en 2015 et à Lyon (France) en 2017.
  • Bicolore : Une main bicolore est une main qui possède au moins une couleur 5ème et une couleur 4ème. Théoriquement, et autrefois, les jeux bicolores contenaient deux couleurs d’au moins 4 cartes. Aujourd’hui, ces mains sans couleur 5ème entrent dans la catégorie des jeux réguliers* (4-4-3-2) ou tricolores* (4-4-4-1).  Fréquences de survenues des mains bicolores : 5-4-3-1 : 13% ; 5-4-2-2 : 11% ; 6-4-2-1 : 5% ; 5-5-2-1 : 3% ; 6-4-3-0 : 1% ; 5-5-3-0 : 1% ; 6-5-1-1, 6-5-2-0, etc. : < 1%. Lorsque la main bicolore autorise une ouverture (13HL au moins), on ouvre toujours de la plus longue d’abord, que le jeu soit minimum (13HL), moyen ou très fort (jusqu’à 23HL). En cas d’égalité de longueur, on ouvre de la plus chère*, avec une exception pour le bicolore ♣ et ♠, que l’on ouvre d’1♣ à partir de 15HL (mais d’1♠ entre 13 et 15HL). On décrit des bicolores* chers [cf. cours Bicolore cher (1)Bicolore cher (2)], des bicolores* économiques et des bicolores* (économiques) à saut [cf. cours Bicolores de l’ouvreur (1)Bicolores de l’ouvreur (2)Bicolores de l’ouvreur (3), et développements : Après bicolore économique (1)Après bicolore économique (2)]. A lire aussi, les articles Sachez annoncer vos bicolores (1)Sachez annoncer vos bicolores (2). Un résumé se trouve dans : Bicolores rappels utiles.
  • Bicolore à saut : Le bicolore à saut est un bicolore* économique dans sa construction, ce qui signifie que la nomination* de la deuxième couleur du bicolore* (toujours moins chère* ou plus courte que la première) pourrait être annoncée économiquement, c’est-à-dire en dessous de la répétition de la première couleur. Ce bicolore économique, dans le SEF*, est annoncé sans saut jusqu’à 19 points HL*. A partir de 20HL, on atteint, après l’enchère du répondant (5H ou 6HL et plus), la zone de manche. Pour cette raison, la deuxième couleur, à partir de cette force de jeu, est annoncée à saut, et cette enchère est forcing de manche. On parle de bicolore à saut (sans mentionner son caractère économique). Ex. : La main bicolore comporte 5 cartes à  et 4 cartes à ♣. Le répondant annonce 1♠ sur l’ouverture d’1. Jusqu’à 19HL, l’ouvreur se contenterait de 2♣, bicolore économique. Mais avec 20 à 23HL, il doit devenir forcing de manche en annonçant 3♣. Remarquez que le bicolore à saut ne promet que 4 cartes dans la deuxième couleur. Par ailleurs, si l’enchère du répondant avait été 2 au lieu d’1♠, on aurait été en présence d’un bicolore* cher, puisqu’il aurait fallu annoncer 3♣, cette fois sans saut. Dans ce cas, la main de l’ouvreur aurait promis 16 à 23HL, et n’avait aucun besoin d’un saut pour se décrire [cf. cours Bicolores ouvreur (1)Bicolores de l’ouvreur (2)Bicolores de l’ouvreur (3), et développements : Après bicolore économique (1)Après bicolore économique (2)]. Un résumé se trouve dans : Bicolores rappels utilesA lire aussi, Bicolore majeur sur 1SA, et les articles Sachez annoncer vos bicolores (1)Sachez annoncer vos bicolores (2).
  • Bicolore cher : Dans une main bicolore*, la description de ce bicolore est dite chère*, en toutes circonstances, même en cas d’intervention adverse, lorsque la nomination de la deuxième couleur annoncée dépasse la simple répétition de la première. Sur l’ouverture d’1, par exemple, suivie de la réponse d’1♠, la seule autre couleur que l’on puisse annoncer économiquement est ♣. La nomination des  (2), enchère minimale, dépasse la répétition des  (2). Il s’agira donc d’un bicolore cher, qui exige un minimum de 18 points HL*. Si le jeu n’est pas assez fort pour ce bicolore cher, il faudra se contenter de la répétition des  : 2. Remarque : l’impossibilité de pouvoir annoncer sa deuxième couleur n’empêche jamais la découverte d’un fit dans celle-ci, car si elle était 4ème chez le répondant, celui pourrait lui-même l’annoncer de façon économique. C’est toute la force du système (SEF*). Voir Bicolore cher (1)Bicolore cher (2). Un résumé des bicolores se trouve dans : Bicolores rappels utilesA lire aussi, les articles Sachez annoncer vos bicolores (1)Sachez annoncer vos bicolores (2).
  • Bicolore économique : Une main bicolore* est économique* par construction ou en fonction de la réponse du partenaire. Par définition, un bicolore est économique si la nomination* de la deuxième couleur ne dépasse pas la répétition de la première. Ex. : La main bicolore comporte 5 cartes à  et 4 cartes à ♣. Le répondant annonce 1♠ sur l’ouverture d’1. L’enchère de 2♣ est en dessous de la répétition des , il s’agit donc d’un bicolore économique. Celui-ci s’annonce tel quel (2♣) jusqu’à 19 points HL*. Mais au delà, avec 20 à 23HL, pour devenir forcing* de manche, on annonce la deuxième couleur avec un saut (3♣) : Voir Bicolore* à saut. Remarque : si l’enchère du répondant avait été 2 au lieu d’1♠, le bicolore devenait cher*, puisqu’il aurait fallu annoncer 3♣, dépassant la répétition des . Dans ce cas, la main de l’ouvreur promettrait 16 à 23HL, et en dessous de ce minimum, il doit se contenter de la répétition des : 2. Voir Bicolores de l’ ouvreur (1)Bicolores de l’ouvreur (2)Bicolores de l’ouvreur (3), et développements : Après bicolore économique (1)Après bicolore économique (2). Un résumé se trouve dans : Bicolores rappels utilesA lire aussi, les article Sachez annoncer vos bicolores (1)Sachez annoncer vos bicolores (2).
  • Bicolore en intervention : Il est souvent intéressant, en enchères, d’intervenir avec une main très distribuée*, même faible, et notamment avec une main bicolore*. Différentes conventions permettent d’annoncer son bicolore en une seule enchère, et ainsi d’économiser des paliers tout en décrivant son jeu avec précision. A la couleur, on doit détenir un bicolore au moins 5-5 pour la convention dite Michaël* cue-bids. Voir Michaël cue-bids. Après une ouverture d’1SA, une convention permet de décrire les bicolores majeurs, même 5-4 seulement, le Landy*. Voir Landy. Les autres bicolores s’annoncent naturellement selon la règle habituelle les concernant : la couleur la plus longue d’abord, et, en cas d’égalité de longueur, la plus chère* d’abord.
  • Bicolore en réponse : Le répondant* qui possède un bicolore* doit pouvoir l’annoncer, et le problème est ici plus délicat que pour l’ouvreur*. Comme à l’ouverture, il convient pour le répondant d’annoncer d’abord sa couleur la plus longue. Mais il y a de nombreuses exceptions, la première d’entre elles étant une valeur de main insuffisante pour annoncer un 2* sur 1 avec la plus longue, alors que la moins longue peut être annoncée en 1 sur 1. Avec ♠A975 ♥85 ♦74 ♣RD754, le répondant ne peut dire, sur 1 ou 1 d’ouverture, que 1♠, 2♣ requérant au moins 11HL.  L’ouvreur doit penser à cette possibilité. Voir Changement de couleur 2 sur 1 sans saut.
  • Bicolore en réveil : En réveil*, on n’utilise pas les Michaël* cue-bids, l’enchère de 2SA* étant naturelle avec un solide arrêt* et 17-19HL. Il existe cependant quelques bicolores* sur une ouverture mineure : voir la fiche Réveils simples.
  • Bicolore en « sandwich » : Voir Sandwich* et le cours Intervention en sandwich du n°4.
  • Bicolore inverse : On appelle bicolores inverses deux jeux bicolores dans la même ligne, les deux couleurs longues que possèdent chacun des joueurs étant celles où son partenaire est court. Lorsque le cas se produit (ce qui est relativement fréquent), il convient d’arrêter les enchères le plus vite possible. De plus, ces jeux conviennent mal à un contrat de SA. On parle aussi de bicolore inverse lorsque, les adversaires ayant nommé deux couleurs, l’on possède un bicolore* dans les deux autres. La situation est également dangereuse, car annonçant souvent un misfit*.
  • Bid : Mot anglais qui signifie enchère*. On le trouve dans un grand nombre d’expressions courantes : cue*-bid, limit*-bid, asking*-bid, etc.
  • Bidding-box : Boitier généralement utilisé en compétition et contenant des cartons sur lesquels figurent chacune des déclarations et chacun des avertissements (alerte*, stop*, arbitre*) utiles à la phase d’enchères. L’utilisation des bidding box permet un déroulement silencieux des enchères. On utilise parfois le terme français de boitier* d’enchères*, ou boîte à enchères. Leur emploi est précisé dans le Code* 2007. Voir Extrait Code 2007 (1).
  • Bille en tête (Jouer) : C’est jouer les gros honneurs qu’on possède dans la couleur sans chercher à faire l’impasse*, par exemple avec ARVxx, xxx jouer AR.
  • Bivalent : Se dit d’une enchère qui peut revêtir deux significations – ou plus – différentes. La signification réelle est en général révélée au tour suivant. Par exemple, 2 forcing de manche est une enchère bivalente pouvant annoncer un jeu unicolore ou un jeu régulier. Au tour suivant, le répondant est éclairé par la redemande de l’ouvreur à la couleur (unicolore*) ou à SA (régulier*). 
  • Blackwood : La convention* Blackwood, ou tout simplement le Blackwood, consiste à annoncer, dans certaines séquences, 4SA. Elle demande à son partenaire le nombre d’As qu’il possède (« appel aux As »). A l’origine, la convention imaginée par Easley Blackwood* donnait lieu aux réponses suivantes : 5♣ = pas d’As, 5 = 1 As, 5 = 2 As, 5♠ = 3 As, 5SA = 4 As. Après cette première réponse, 5SA est un appel aux Rois, les réponses étant calquées sur les précédentes. Depuis l’apparition du 2♣* Albarran* et aujourd’hui du 2* Forcing de Manche, ce 4SA* est devenu, après ces ouvertures seulement, un appel aux Rois. Beaucoup d’autres modifications sont apparues, notamment dans le SEF* : 4SA est actuellement, en l’absence de fit explicite ou implicite, et en l’absence de contrôles, une enchère quantitative* et non un appel aux As. Le 4SA Blackwood reste un appel* aux As seulement lorsque les les conditions suivantes sont réunies : un fit (explicite ou implicite) et la connaissance de tous les contrôles*. De plus, on a aujourd’hui « contracté » les réponses au 4SA Blackwood, qui étaient très mangeuses d’espace : 5♣ = 3 ou 0 As, 5 = 4 ou 1 As, 5 = 2 As sans le Roi d’atout, 5♠ = 2 As avec le Roi d’atout, 5SA = 2 As et une chicane présumée utile, 6y = 1 As et une chicane dans la couleur y, 6 dans la couleur d’atout = 1 As et une chicane dans une couleur plus chère que la couleur d’atout (cf. cours : Blackwood). Plus récemment, devant l’importance de ne pas s’engager dans un chelem sans le Roi d’atout, on a assimilé ce dernier à un As. On a donc maintenant 5 « clés*« , ou « 5 As » : 4 As et le Roi d’atout. Les réponses sont similaires à celles du SEF pour 4 As. L’extraordinaire succès de la convention Blackwood est dû à son utilisation aisée et à son apprentissage facile. En réalité, il est souvent employé à tort et à travers, et surtout hors du contexte requis. A retenir : Le Blackwood n’a jamais servi à rechercher la possibilité d’un chelem. Il ne sert, en réalité, devant la probabilité d’un chelem, qu’à l’éviter si jamais il manque 2 As (ou 2 clés).  Voir Blackwood 5 clés,  Autres Blackwood.
  • Blackwood 5 clés : A la fin des années 1940, devant l’importance de ne pas s’engager dans un chelem sans le Roi d’atout, Oswald Jacoby (1902-1984) a assimilé ce dernier à un As. Dans les années 1960, cette invention est tombée dans l’oubli, pour revenir en force vers 1990. On a donc maintenant 5 « clés« , ou « 5 As » : 4 As et le Roi d’atout. Les réponses sont similaires à celles du SEF* pour 4 As. les conditions d’emploi sont également les mêmes : pas de chicane, fit connu, et contrôles assurés. Voir Clé* (carte) et Blackwood 5 clés.
  • Blackwood d’exclusion : L’interrogation Blackwood* à 4SA* exclut la présence d’une chicane* chez le joueur qui l’annonce. On a donc imaginé un Blackwood d’exclusion qui permet de demander les As dans les couleurs autres que celle de la chicane. Au lieu d’annoncer 4SA, on annonce directement au niveau de 5, toujours avec un saut, « par-dessus » 4SA, la couleur de sa chicane. Les réponses se font par paliers 0-1-2-3. Voir Autres Blackwood.
  • Blackwood, Easley (1903-1992) : Joueur de bridge américain, secrétaire de l’American Contract Bridge League (ACBL), de 1968 à 1971, inventeur, dans les années 1930, de la convention universelle qui porte son nom : le Blackwood*, parfois abrégé BW.
  • Blackwood (réponses après intervention) : Les réponses au Blackwood sont quelquefois perturbées par une intervention par Contre* ou à la couleur. En fait, les réponses sont peu modifiées. Voir  Autres Blackwood.
  • Blanc (Coup à) : Voir Coup* à blanc et les cours Levées de longueur, Cumul des chances (2)Affranchissement par la coupe, Cumul des chances (2)Plan n° 2 à la couleur, Plan de jeu à l’atout.
  • Blanc (Dix de) : Voir Dix* de blanc.
  • Blanche (main) : Se dit d’une main à peu près nulle sans gros honneur (0 à 2 points HL) ni points de longueur. En anglais : yarborough*.
  • Blanche-Neige (Passe) : Synonyme de passe-trappe* ou de contre* muet. Voir Réveils (1)Réveils (2)Les réveils de l’ouvreurLes contres de l’ouvreur (1)Les contres de l’ouvreur (2)Contre en TPP et les articles Contre : d’ appel ou punitif ? (1)Contre : d’appel ou punitif  ? (2).
  • Blocage, bloquer : Une couleur est dite bloquée lorsqu’il n’y a pas de possibilité de communication* interne à la couleur pour défiler les cartes maîtresses*. Ex. : ♠A sec en face de ♠RDV96 bloque la couleur, par l’absence d’une petite carte accompagnant l’As, que l’on pourrait jouer vers RDV9 au tour suivant. En l’absence d’une communication externe par une autre couleur, ♠RDV9 ne pourront pas se faire, sauf à obliger l’adversaire à jouer ♠. Se bloquer soi-même n’est pas très glorieux s’il y avait un moyen de l’éviter, arriver à bloquer l’adversaire est au contraire une grande victoire. Voir les cours débutants Communications, 3ème série Blocage – déblocage, 2ème série Bloquer la couleur d’entameet, pour la défense : DéblocagesBlocage et flancs. Les manœuvres de déblocage* font partie de l’important domaine des maniements* de couleur. Voir par exemple : Maniements contexte (2).
  • Bluff : Façon de jouer tendant à tromper l’adversaire sur la distribution ou la force du jeu. Voir les entrées Gratter*, Ruses* et Psychic*.
  • Board : Mot anglais pour Etui*. Le mot anglais est souvent utilisé dans les compétitions francophones.
  • Boîte à enchères, boîtier d’enchères : Termes français remplaçant parfois l’anglicisme usuel de bidding* box. Voir aussi Extrait Code 2007 (1).
  • Bon, bonne : Synonyme de maître*, maîtresse. Exemple : Après avoir joué l’♣A puis le ♣R, la ♣D devient bonne.
  • Bonne carte : Une carte qui, parce qu’elle complète le jeu du partenaire, a une particulière valeur. Voir Fit* et Clé*. Supposons en Sud le jeu suivant : ♠RDV2 AD3 ADV432 ♣- et en Nord l’un des 3 jeux suivants qui ont la même force d’honneurs et la même distribution : (1) ♠A43 V1042 R65 ♣432. (2) ♠543 V1042 R65 ♣A32. (3) ♠543 V1042 765 ♣AR2. Le jeu (1) possède le bon Roi () et le bon As (♠). Le petit chelem à  est certain et l’on a une chance sur deux de réussir le grand. Le jeu (2) a le bon Roi et le mauvais As (♣). La manche à ♦ est certaine, mais le petit chelem n’a plus qu’une chance sur 2 de réussite. Le jeu (3) a le mauvais Roi et le mauvais As et la manche elle-même devient aléatoire.
  • Bonne (Passer la) : Passer la bonne est une expression familière pour « jouer la carte qui assurera la levée dont on a besoin, alors qu’on a le choix entre deux cartes » : au mort RV, en main 32. Si les enchères et le déroulement du coup n’ont donné à Sud aucune indication su la place de l’As il est à la devine*. Si l’As est en Ouest et la Dame en Est, il faut passer le Roi, mais si la Dame est en Ouest et l’As en est il faut passer le Valet. Lorsqu’Ouest possède l’As sans la Dame, il doit sans hésitation jouer petit si deux levées sont nécessaires pour faire chuter le contrat,mais jouer l’As si une seule levée assure la chute. Si Sud peut perdre une levée à cette couleur mais pas deux, il a intérêt à jouer le plus tard possible pour obtenir le maximum de renseignements. Il doit au contraire la jouer dès le début, si disposant d’une défausse*, et espérant l’As en Ouest, il cherche à voler* une levée ; au début, en effet, Ouest ignorera probablement qu’une levée suffit au déclarnt dans la couleur et il jouera petit en espérant que Sud ne passera pas la bonne.  
  • Bonus : 1°) Ce sont des points* qui viennent en supplément des points gagnés par les contrats* annoncés et réalisés, attribués dans certaines circonstances par la règle* du jeu de bridge. Les points marqués pour un chelem annoncé et réalisé comportent un important bonus. Voir Règles du jeu (1)Règles du jeu (2)Règles du jeu (3)Règles du jeu (4)Règles du jeu (5)Règles du jeu (6)La règle du jeu simplifiéeMarque.  Voir aussi Prime*, dont bonus est synonyme. 2°) En compétition*, les instances fédérales de la FFB* attribuent des points de bonus, par exemple lorsqu’un bon résultat a été obtenu par une paire peu classée contre des joueurs de meilleur niveau.
  • Boussole (deux trèfles) : Synonyme de Landik*.
  • Bridge : Le bridge actuel a pour lointain ancêtre le whist*, apparu en Angleterre au début du XVIe siècle, qui devint très populaire, à partir de 1750. Il s’agit d’une sorte de bridge, mais sans mort, et avec un atout* imposé (en retournant la dernière carte distribuée). L’origine du mot « bridge » a donné lieu à de nombreuses controverses. L’une des hypothèses les plus sérieuses le fait dériver du russe : deux jeux de cartes russes, le « vint » et le « yerelash », utilisaient le mot « biritch » pour désigner le Sans-Atout*. Le vocable, contracté par le turc en « britch », aurait été employé par des Anglais, en poste à Constantinople au XIXe siècle, jouant au whist. Cette fois, les joueurs peuvent choisir l’atout (ou sans-atout, biritch). Vers 1890 on hiérarchise les couleurs d’atout en donnant un nombre variable de points à chaque pli. En 1904, en Inde selon la tradition, un groupe d’officiers britanniques invente les enchères*. Le bridge-opposition apparaît en France. Le camp du donneur n’est plus seul à fixer l’atout. L’auction-bridge  (litt. bridge-enchères) rangera ensuite les déclarations par ordre croissant, de 1♣ (1 Trèfle) à 7SA (7 Sans-Atout), avec une hiérarchie des couleurs : ♣ (Trèfle),  (Carreau),  (Coeur), ♠ (Pique). C’est ce bridge qui connaîtra la popularité, et celui que nous connaissons aujourd’hui. La marque évolue : comme au whist, seules les levées à partir de la septième rapportent des points et une partie se joue en deux manches gagnantes. Deux innovations majeures vont intervenir. La première apparaît en France, vers 1920, avec le bridge-plafond* : c’est le principe selon lequel seules les levées demandées comptent pour la manche. C’est sous cette forme que le bridge se popularise en France. Les règles précises qui régissent le bridge*-contrat, tel qu’il est joué aujourd’hui, sont l’œuvre d’un seul homme, Harold Stirling « Mike » Vanderbilt*, qui les fixe en 1925. Il invente d’un seul coup la vulnérabilité*, les primes de manche et de chelem que nous utilisons encore aujourd’hui, et tout le système de marque* qui permet les sacrifices* avantageux. Les enchères deviennent beaucoup plus animées, car chaque camp peut prétendre à un objectif à la mesure de la force qu’il détient et la part du hasard est réduite. En quelques années, le bridge-contrat va devenir le jeu de cartes le plus pratiqué au monde. Le grand nom des années trente fut Ely Culbertson* qui développa, dans son « Blue Book« , 1929, des méthodes d’évaluation des mains et des systèmes d’enchères. Le premier Championnat du monde se déroule à Budapest en 1937. Voir la règle du jeu. Voir aussi une règle du jeu développée en 6 chapitres dont deux contiennent des exercices : Règles du jeu (1)Règles du jeu (2)Règles du jeu (3)Règles du jeu (4)Règles du jeu (5).
  • Bridge-contrat : C’est le bridge que nous jouons aujourd’hui, dont les règles sont fixées, avec très peu de changement (dans la marque essentiellement) depuis une soixantaine d’années. La différence essentielle avec le bridge-enchères (auction*-bridge) consiste à ne marquer, pour accumuler les points de manche, que les levées annoncées, les levées de mieux étant reléguées au rang de prime.
  • Bridge en partie libre : Voir Partie* libre.
  • Bridge en quatre donnes : Voir Chicago*.
  • Bridge en tournoi : Voir Tournoi*.
  • Bridgesque : Relatif au bridge*.
  • Bridgeur, bridgeuse (n.f.) : Joueur (joueuse) de bridge*.
  • Bridge-rama : Appareil qui permet au public de suivre une partie de bridge qui se déroule dans une salle où il n’est pas admis. les 52 cartes de la donne sont reproduites sur un vaste tableau lumineux. Les spectateurs assistent aux enchères ; ils voient ensuite les cartes jouées successivement par chacun des quatre joueurs. La donne est généralement commentée par un expert qualifié. Le Bridge-rama, qui permet à un vaste public d’assister aux grandes épreuves, Championnats du Monde, Olympiades, Championnats d’Europe, tournoi des champions à Deauville, etc., est un excellent instrument de propagande en faveur du bridge.
  • Bridgeur (Le) : Le Bridgeur est un périodique français consacré au bridge*, fondé en 1959. Autrefois bimensuel, puis mensuel, il paraît aujourd’ui tous les deux mois. Il rend compte de toutes les grands épreuves nationales et internationales. Toutes les questions concernant les enchères* et le jeu* de la carte y sont étudiées par les plus grands écrivains du bridge et les expert les plus qualifiés. 27, rue du Quatre-Septembre, 75002 Paris (2ème). Directeur (2015) Antoine Hébrard, Rédacteur en chef Philippe Cronier.
  • Bridgeux, bridgeuse (adj.), bridgeusement : Néologismes inventés par moi (bridgeusement vôtre), pour remplacer le mot bridgesque*. Bridgeux, bridgeuse, ces mots n’existent dans aucun dictionnaire…
  • Butler : Type de compétition*, dont le nom est dû à Geoffrey Butler (1899-1985), ancien président de la défunte British Bridge League (1931-1999), en duplicate* par paires où le score de chaque équipe sur une donne est comparé à un score médian ou moyen puis transformé en International* Match Points (IMPs).
  • Bye : Mot anglais qui signifie « au revoir » (ne pas confondre avec by = à côté). Se dit d’une équipe qui, dans un championnat*, est dispensée d’un tour*.

19 commentaires sur “B

  1. Cet après-midi une donne originale : je suis incapable de me souvenir s’il existe une convention spéciale pour un 6-6, j’ai fait du classique en espérant que soit mon partenaire, soit un adversaire veuille bien parler pour ne pas rester avec 1♥ : ♠V ♥ARV1097 ♦ARD873. Intervention à 2♣, silence de mon partenaire. Soutien des ♣ à ma droite. Je suis maintenant à 4♥ toujours sans soutien. 5♣ des autres. Je dis alors 5♦, tout le monde passe et je les fais. La main de mon partenaire : ♠10983 ♥64 ♦V102 ♣R954. Y avait-il un moyen d’avertir mon partenaire de l’originalité de cette main ?
    Remerciements.

    • Main intéressante et rare, valant au moins 22HL, avec 2 perdantes, donc 11 levées potentielles. Votre ouverture d’1♥ est parfaite (remarque : il n’y a aucune chance, avec une distribution pareille, que tout le monde passe !). Après 2♣ à gauche et 3♣ à droite (ils sont fittés), votre partenaire a nécessairement un fit dans une de vos 2 couleurs (ou alors il a 8 cartes à ♠ au moins !). Vous devez lui indiquer votre main forte et distribuée en faisant une enchère à saut à 4♦. Il devrait comprendre qu’en parlant tout seul à ce niveau avec un saut, vous êtes au moins 5-5 et probablement 6-5. Il doit alors, avec une carte de moins à ♥ seulement, revenir dans votre première couleur : 4♥. Sur le 5♣ de vos adversaires (qui sont d’ailleurs aussi fittés à ♠, mais ils n’ont pas pu l’exprimer, apparemment), vous répétez à juste titre vos ♦ à 5♦, qui indique maintenant un 6-6 annoncé en « attaque-défense » (c’est-à-dire que personne ne sait si on gagne ou non, sauf peut-être vous). Votre partenaire sait maintenant seulement que vous êtes aussi long à ♦ qu’à ♥, et a le droit de passer. Si vous n’avez pas encore parlé de vos ♦ jusque-là, il est impensable qu’il passe : il doit impérativement revenir à ♥, réputé plus long (vous pourriez être 7-5, voire 7-4 !).

  2. On ne fait pas de barrage sur son partenaire …
    On ne doit pas ignorer les splinters …
    J’ai assisté à :
    ouverture 1P : 14HL As-R à T ; As à K ; 3 petits C
    répondant : 4C avec 8 cartes par R D V
    l’ouvreur répond 6C et ils les font
    Comment l’un et l’autre auraient dû annoncer ? Merci.

    • N’ayant pas vu les mains, je ne peux que faire le commentaire suivant : ces enchères ne sont pas cotées à l’argus, et cette paire a beaucoup de chance. Peut-être ferait-elle mieux de jouer au bandit manchot.

  3. Je n’aime guère, il est vrai, les néologismes … Votre « bridgeusement » est-il une expression de « confort » pour manifester votre empathie avec les bridgeurs qui apprécient votre travail ? L’intention est aimable, sans doute, mais il me semble que tenter de construire un mot français sur une racine « étrangère » ou de consonance étrangère est voué à l’échec, et ne peut aboutir qu’à un barbarisme extrêmement dissonant, perturbant, voire atonal. Renoncez, je vous y invite, au risque de vous paraître un outrecuidant pédant, à cette mode très en vogue de l’invention d’un « parler » spécifique au bridge — ou à d’autres spécialités —, que le français, inusable grâce à ses qualités de précision et de nuance, vous permet aisément d’éviter. La qualité de votre travail désintéressé garantit sans aucun doute que vous pouvez vous en passer.
    Bien cordialement. Daniel
    P.S. : Je reconnais sans hésiter que « bridgesquement » serait franchement hilarant ! Mais, je suis sans doute un incorrigible outrecuidant pédant.

    • Votre avis est pertinent, et d’ailleurs je le partage. Vous avez raison de souligner que « bridgesquement » serait encore pire. C’est pourquoi finalement je me tiens à mon hapax, né vers 2002, devenu depuis néologisme. Suis-je d’ailleurs le seul à utiliser le mot « bridgeusement » ? Serais-je vraiment son inventeur ? Alors il resterait quelque chose de moi dans notre belle langue que notre moderne civilisation s’acharne tous les jours à vouloir détruire. J’irai rejoindre les professeures, les auteures, les écrivaines (antonyme = écrisérieuses), les madame la ministre, madame la maire, madame la mécano de la générale et autres horreurs apparues récemment. Ma contribution à la décadence sera finalement bien modeste, avouez-le. Au passage, quand une femme occupe une guérite, doit-on dire « un sentinel » ? On dit bien harmonieusement, pieusement, joyeusement, furieusement, glorieusement, voluptueusement, parcimonieusement, irrévérencieusement, alors après tout bridgeusement n’est pas d’une si horrible consonance…
      Yours sincerely,
      Olivier CHAILLEY

      • Merci d’avoir répondu avec humour et bienveillance à ma charge un peu rude et désinvolte. J’y ai gagné de découvrir un mot que j’ignorais — hapax — et ce n’est pas rien ! Pour cela, et pour votre travail, je suis votre débiteur et vous adresse l’expression de ma bien sincère gratitude. En outre, je suis ravi de vous savoir sensible au sot acharnement de ceux qui malmènent notre langue pour de misérables raisons …
        Néanmoins, — m’en voudrez-vous beaucoup d’insister, peut-être à tort — il semble bien, du moins pour l’Internet, que vous soyez en effet l’inventeur du mot « bridgeusement ». Et, si votre démarche peut passer pour une bien légère privauté à l’égard de notre langue, il reste, pour les quelques puristes arcboutés sur les fondements de notre langue, qu’un adverbe est de préférence construit à partir d’un adjectif , comme le démontre votre énumération d’exemples, et non, contre tout usage, à partir d’un substantif comme bridgeur …

        … Mais — au fait — en tenir pour un hapax est un pari sur l’avenir ! Il nous faudra donc attendre le verdict du sort et de l’usage, pour savoir qui, de nous deux, aura le mieux défendu sa cause, jusqu’au bout du compte.
        En attendant, je me sens déjà devenu un fidèle abonné de votre blog.
        Bien cordialement. Daniel

        • Vous avez raison pour la construction des adverbes à partir des adjectifs (cf. bridgesquement !)… mais je n’avais pas d’autre solution. Et d’ailleurs, j’ai aussi créé l’adjectif (voir dictionnaire : bridgeux, bridgeuse), permettant ainsi ce nouvel adverbe admirable ! Dans un autre de mes mondes, j’écris souvent « musicalement vôtre », alors j’ai voulu me singer moi-même !

          • Encore ??? — vous dites-vous sans doute !
            Mais, c’est, je vous le promets … ma dernière contribution sur ce sujet d’ingénierie verbale.
            J’aimerais vous faire modestement une suggestion constructive qui me paraît apte à vous satisfaire, si j’ai bien compris vos intentions.
            — Sur la base de l’adjectif, il est vrai plus hypothétique qu’académique, « bridgeant », vous pourriez peut-être tenter d’introduire l’usage de l’adverbe « bridgemment » qui a, en somme, en tout cas à mes yeux, une tournure plus classique et, à mes oreilles, une résonance plus euphonique. Ne pourrait-ce être un néologisme de bon aloi, qui ferait bonne figure dans notre littérature bridgesque ? Il y exprimerait à la fois l’appartenance au monde familier du bridge que nous aimons, et l’ouverture vers la dynamique courageuse des adeptes du progrès par l’étude et l’effort que votre blog promeut à si juste titre.
            Bien cordialement. Daniel

  4. Encore un problème de barrage !
    J’ai : (P) x-x (C) R-D-V-x-x-x-x (K) x-x-x (T) x ce qui -me semble-t-il- me permettrait une ouverture ou une intervention à 3C ?
    Mon partenaire ouvre de 1P. Je n’ai pas les points pour 2C. 3C serait pris pour un changement à saut. Faut-il rester sur 1 SA ? et comment transmettre plus d’informations.
    Ce problème des barrages que l’on ne peut faire sur son partenaire se rencontre assez souvent. Merci.

    • Observation préalable et essentielle : on ne parle jamais de barrage dans le cas que vous présentez. Un barrage est une INTENTION CONTRE LES ADVERSAIRES, et évidemment n’existe pas quand votre partenaire a ouvert. Ce n’est donc pas du tout un problème de barrage ! Attention à cette erreur sémantique (et de compréhension ?). On pourrait à la rigueur dire que vous avez une main qui AURAIT PU SERVIR de barrage en l’absence d’information venant de votre partenaire. Dans le cas présenté, vous êtes banalement le répondant. Vous avez 9 points HL et n’avez donc qu’une seule réponse sur 1P : 1SA. Maintenant, vous avez annoncé à votre partenaire que vous aviez moins de 11HL. Au tour suivant, s’il y en a un, ce qui n’est évidemment pas certain, vous pourrez lui dire 2C s’il a annoncé un bicolore (2T ou 2K), il saura que vous avez 6 cartes au moins à C avec 6 à 10HL. Sur 2P (qui promet 6 cartes), vous devrez PASSER, car il n’y a pas de manche en vue et que vous êtes fitté par 2 cartes. Sur 2SA, main forte, vous direz 4C, imposant une manche dans cette couleur (il en a au moins 2). Rappel, comme un clou qu’il faut enfoncer : avec 6 à 10HL sans la possibilité de dire 1 sur 1, il n’y a qu’une seule enchère, QUELLE QUE SOIT LA MAIN (même une chicane et un singleton) : 1SA, appelé à bon escient « fourre-tout » ou « poubelle ». Rien n’empêche de préciser ensuite la forme de sa main.
      Remarque : vous pouvez trouver votre séquence dans le « dictionnaire des enchères », « silence adverse ».

  5. Cher Monsieur Chailley,
    J’aimerais bien avoir votre avis sur le déroulement des enchères avec les mains suivantes :
    Nord : ♠D2 ♥RD10852 ♦- ♣AR872
    Sud : ♠AV643 ♥3 ♦R873 ♣D75
    A la table, Nord ouvre de 1♥, Sud dit 1♠. Question : Nord doit-il privilégier la description de sa main en annonçant 2♣ ou au contraire répéter ses ♥ pour signaler tout de suite qu’il possède 6 cartes .
    Comment voyez vous les enchères dans les deux cas de figure ?
    J’aurais tendance à penser que si Nord dit 2♥, le répondant n’a d’autre choix que 3SA mais alors Nord ne risque t-il pas de conclure à 4♥ ?….
    Et si au contraire Nord commence par 2♣ , comment le répondant peut-il dire qu’il possède une main limit-bid et 5 cartes à ♠ ? Il ne peut plus faire un Roudi. Il devrait donc faire une 4ème forcing avec 2♦ (avec ou sans ♦) mais alors (si j’ai bien assimilé votre cours) Nord ne peut dire que 2♥ qui serait la collante « je ne peux répondre à aucune de vos questions ». 3♥ est-il la solution mais cette enchère garantit-elle 6 cartes ?
    A la table, contraint par le chrono, je n’ai pas su réfléchir à tout cela et j’ai répondu tout de suite 2♥ pour annoncer mes 6 cartes. Aujourd’hui, au calme, je vois les choses comme je viens de vous les écrire. Donnez vous du crédit à ces réflexions ?
    Merci de vos conseils éclairés.

    • Cher ami bridgeur, votre problème (silence adverse, Nord donneur) :
      Nord : ♠D2 ♥RD10852 ♦- ♣AR872
      Sud : ♠AV643 ♥3 ♦R873 ♣D75
      Nord est bicolore avec 17HL et doit donc (comme toujours, sans exception) annoncer ses deux couleurs le plus vite possible, pour trouver un fit éventuel. Son ouverture est donc 1♥ et sa redemande, en l’absence de soutien à ♥, sera à ♣, sans contestation possible (redemande automatique). Donc, sur la réponse 1♠ : 2♣. La deuxième enchère du répondant est, comme vous le pensez, en effet délicate car il est misfitté, et pourrait être tenté de passer (ce serait une simple préférence pour les ♣). Mais avec 11HL, il faut parler. Une 4ème forcing exigerait plus de points. Une répétition des ♠ est inenvisageable, en face d’un bicolore, avec 5 cartes seulement. Je pense que la meilleure enchère (plutôt la moins mauvaise) est 2SA, indiquant une main non minimum de 10-12HL, qui arrête les ♦ (en recevant l’entame). Bien entendu, Nord répète ses ♣, indiquant par là une main au moins 5-5, avec l’intention, s’il y a un tour suivant, de dire 4♥, signant maintenant une main 6-5. Sur 3♣, Sud, fitté ♣, préfère dire 3SA, avec sa main 5-1-4-3. Et Nord peut alors soit passer, et on jouera 3SA, un assez mauvais contrat mais gagnable avec de la chance, soit dire plutôt 4♥ (pensant que Sud a probablement 2 cartes à ♥, et très gêné par sa chicane pour accepter 3SA), contrat plutôt meilleur, à 7 atouts. Et d’ailleurs, si Sud a peur de ce contrat à 7 atouts, il peut dire 5♣ (il a 13HLD), qui a une chance de gagner en « mort inversé », en donnant seulement l’♥A et le ♠R et en coupant 3 ♦, si les ♠ sont partagés 3-3. Ma séquence :
      Nord-Sud
      1♥ – 1♠
      2♣ – 2SA
      3♣ – 3SA
      4♥ – passe ou 5♣
      Remarque : Que vient faire ici le Roudi que vous évoquez ?
      Bien cordialement et bridgeusement à vous,
      Olivier CHAILLEY

  6. Cher monsieur Chailley,
    Merci pour votre site que je consulte avec intérêt,
    Ai-je raison de penser, sur ces 2 enchères ci-dessous, que l’annonce de 2♠ n’est pas un bicolore cher ?
    1♣-1♥-2♦-P
    2♠

    1♦-P-2♣-P
    2♠

    2♠ (pour ces deux exemples) est une annonce sans saut qui ne dépasse pas la répétition de la couleur de l’ ouverture, donc ce n’est pas un bicolore cher !
    Merci de m’éclairer, car à notre bridge cet après-midi nous n étions pas d accord sur ce sujet.

    • Chère amie bridgeuse,
      Dans votre premier exemple, vous avez parfaitement raison, 2♠ est économique, 13HL ou plus, puisque que vous ne pouvez dire moins que 3♣ pour répéter la couleur d’ouverture. Dans le deuxième exemple, en revanche, vous pouvez dire 2♦, donc 2♠ est un bicolore cher, qui peut être d’ailleurs un peu atténué (16HL au lieu de 18) en raison de l’enchère 2 sur 1 du répondant, qui vous garantit 11HL au moins. Ce dernier 2♠ est bien sûr forcing de manche.
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  7. Cher Monsieur,
    Il me semble qu’une coquille s’est glissée dans le paragraphe « Baron (Convention) ». Ne faut-il pas lire « La réponse de 3SA sur 3♣… » et non pas « La réponse de 3SA sur 2♣… ».
    Merci pour votre travail et son partage.

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