Le SEF, rien que le SEF !

En octobre 2006, le mensuel  le Bridgeur n°799 publiait un long article double, dans sa rubrique « Polémiques », dont la question était : faut-il changer le système français (SEF = Système d’Enseignement Français) ? Deux grands joueurs de 1ère série nationale, champions internationaux, François-Michel Sargos et Thomas Bessis étaient invités à défendre deux points de vues différents : oui (F.-M. Sargos) et non (Th. Bessis). Le sujet était posé car la France, qui était une grande nation bridgeuse notamment depuis Pierre Albarran (1893-1960) et jusque dans les années 1995, affichait des résultats de moins en moins bons au plan international. En effet, à ce niveau, il faut savoir que la philosophie même du bridge de compétition a changé, les adversaires (polonais, par exemple) jouant des systèmes d’enchères très agressifs, voir destructeurs. Il s’agit plus de déstabiliser les adversaires que d’être précis dans ses propres enchères.
Le corollaire est que l’on entend de plus en plus, dans les clubs, des joueurs qui critiquent le système français, ou bien désirent introduire des nouveautés plus ou moins personnelles, ou glanées ici ou là sans véritable approfondissement.

S'il avait su, il aurait adopté le SEF !

S’il avait su, il aurait adopté le SEF !

Vous devez savoir et bien intégrer que ces polémiques et ce qui en résulte (les modifications intempestives…) ne sont en aucun cas de votre niveau, si vous n’êtes pas au moins 1ère série majeure ! Et qu’évidemment, même si vous êtes 1ère série majeure ou nationale, il ne peut être question d’en parler en club à des joueurs moins expérimentés que vous, qui ont appris différemment, et que votre discours ne peut que déstabiliser… Je vous recommande vivement, si vous tenez à donner des conseils (ce que font 90% des joueurs, à vue de nez…), de vous en tenir strictement au système français (et par conséquent de le connaître suffisamment bien !).

Que reproche-t-on au système français ? Qu’il ne soit pas parfait, ni si répandu que cela. Critique fondée lorsque l’on parle du haut niveau de bridge, tous les pays, tous les champions cherchant évidemment à faire des progrès (comparez avec l’évolution de la technique au tennis). FM Sargos souligne la non universalité de la majeure cinquième (même si elle s’est imposée aux ¾ du globe) ; les conditions restrictives des ouvertures de barrage qui les rendent, dit-il, à peu près inapplicables ; les ouvertures fortes, 2SA trop précis, ainsi que 2♣ et 2 trop compliqués. Pour lui, le système d’interventions SEF est une version modernisée du chapitre « comment se tenir à table ? » des manuels de bienséance d’autrefois. Son reproche majeur vient à la fin, je cite : « En France, […] tout ce qui est hors système est interdit. »
Je reprends la balle au bond, en insistant, comme je le fais dans tout le présent site, justement sur cette qualité du système français, qui est de pouvoir « se tenir de façon bienséante à une table de bridge » sans trop de difficultés. Deux raisons essentielles pour jouer le SEF : 1°) Ce système est le plus répandu chez nous et permet donc de s’accorder avec n’importe quel partenaire, même rencontré fortuitement. 2°) Pour les débutants, et ceux qui ne cherchent pas la haute compétition, le système français est un des systèmes les plus « naturels » au monde, permettant de l’intégrer sans difficulté et rapidement.
Quant aux rigidités du système, elles existent effectivement, et sont même incontournables pour les débutants, qui doivent impérativement s’entraîner à ne jamais déroger (ils le font déjà tellement souvent par erreur !). On n’imagine pas un skieur qui n’aurait pas appris rigoureusement à serrer ses skis parallèles avant d’avoir le droit de les écarter dans certains cas : c’est bien ce qu’ils faisaient pourtant à l’initiation, mais ce n’était pas « exprès » !
Thomas Bessis (jeune champion du monde par paires) est pour sa part tout à fait d’accord pour que l’on garde le « bon vieux système » tout au long de son apprentissage, pour des raisons que je rappelle et que j’ai fait miennes depuis longtemps. Le SEF est un système naturel, et le plus facile et le plus logique qui soit. Avec un peu de réflexion la plupart des cas sont couverts et maîtrisés, rendant le jeu reposant pour l’esprit. Notre système est basé sur l’idée de construction, avec une base solide empilant les renseignements les plus précis possibles. Bien sûr, les ouvertures de barrage, notamment, ont des défauts… Dans les autres pays, elles sont employées à tort et à travers. Or cette mise sous pression, cette volonté de destruction permanente ne sont pas dans la mentalité française. On peut critiquer les ouvertures fortes (2SA, 2♣ et 2) notamment le 2 forcing de manche qui a vraisemblablement bien des défauts, mais pour l’instant, contentez-vous de ce qui se fait chez nous !
Si l’on parle du haut niveau de bridge, quelle est la part du système dans nos médiocres résultats mondiaux actuel ? Bien peu de choses. Les Français travaillent trop peu leur système par rapport aux autres, c’est finalement la raison la plus probable. On a vu, paraît-il, aux championnats du monde de Vérone de 2006, une paire française de bon niveau jouer 4 en 3-0 (je dis bien : 3 atouts à eux deux) après la séquence 1♠-passe-4. Pour le répondant, 4 était un splinter (voir ce mot dans l’index-dictionnaire), et pour l’ouvreur c’était « pour les jouer » ! Ils auraient pu se mettre d’accord au préalable ! Ce n’est donc pas le SEF qui est en cause, ce sont les joueurs eux-mêmes.
Répétons donc ce qui apparaît presque à chaque page de ce site : n’écoutez personne, surtout pas les trop nombreux « conseilleurs ». Laissez les dire, relevez leurs remarques et allez rapidement vérifier leur bien-fondé dans le SEF (ou dans les présents cours). Apprenez rigoureusement, vous vous en trouverez bien dans dix-neuf donnes sur vingt au moins. Bon courage dans votre apprentissage !
Bien bridgeusement vôtre.
O. C.

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16 commentaires sur “Le SEF, rien que le SEF !

  1. Cher M. Chailley,
    Je trouve votre article fort intéressant, et je vais me permettre de faire quelques petits commentaires en complément.
    Je ne sais pas vraiment quelle valeur on peut attribuer aux dires du (vraiment très) modeste joueur que je suis, mais si de nombreux points du bridge me sont inconnus, j’ai quelques ressentis sur certaines notions qui peuvent permettre de comprendre ces lignes de conduite.
    D’abord, j’agrée sur le principe tout ce que vous dites. Mais comme j’ai déjà entendu, comme plaisanterie sérieuse : « il y a 3 façons d’apprendre : ceux qui écoutent, ceux qui regardent, et ceux qui doivent mettre la main dans le feu pour vérifier que c’est chaud »…
    Malheureusement, même si plein de gens soutiendraient le contraire pourtant en toute bonne foi, la majorité d’entre nous – et je ne m’exclus pas du lot – fait partie de la 3è catégorie.
    ça donne déjà une bonne idée de ce qui se passe dans la tête de beaucoup. Avant d’accepter que le SEF soit réellement une base murement et longuement réfléchie, il faut, pour beaucoup de gens, avoir testé ce que ça donne quand on ne l’utilise pas.
    Ensuite, toujours sur le même ton de plaisanterie, on entend parfois dire que « la meilleure façon pour qu’un Français fasse quelque chose est de le lui interdire ! »
    Je suis d’accord de courir le risque de me faire taper dessus, j’en ai vu d’autres ! Mais pour dire que combien, parmi ces gens, inventent leurs conventions juste pour ne pas faire comme les autres ? Je ne demande à personne de me croire sur parole, mais ce trait de caractère est plutôt plus répandu chez les français (je devrais dire les francophones) que chez beaucoup d’autres, pour des raisons qui sortent du cadre de mon propos.
    Bien sûr, ça n’aide pas pour résoudre les problèmes pratiques dont vous parliez.
    Et enfin, c’est quelque chose à quoi, pour ma part, je pense de plus en plus souvent ces derniers temps vis-à-vis du bridge, c’est qu’il existe aussi un problème notoire, même si ça reste dans l’esprit des gens. C’est du moins mon cas et je pense ne pas être le seul.
    Mais j’ai vraiment l’impression qu’on m’a « imposé » un système, en me disant que si je voulais bridger, c’était ça ou rien. Et assez rapidement, on se rend compte qu’il en existe des multitudes d’autres, tantôt fantaisistes, tantôt très sérieux, et qu’on a pas vraiment le choix dans l’apprentissage. Pour avoir essayé de me renseigner, j’ai noté combien il aurait été difficile ne serait-ce que de trouver de la documentation en français si j’avais voulu adopter un autre système.
    Même avec un partenaire fixe, avec qui on choisirait la convention qu’on veut.
    On essaie de faire des champions comme ça. Leurs 10 premières années, ils ne voient que leur système, puis les 10 suivantes, ils essaient de s’accommoder de la meilleure façon possible à ce à quoi ils sont confrontés dès qu’ils sortent de leur pays, et les 10 suivantes, ils essaient de réadapter leurs conventions pour y faire face. Et après on s’étonne qu’ils s’y perdent.
    Caricatural, bien évidemment… mais…
    Des fois ça me rappelle l’escrime, où on est passé progressivement du « combat entre chevaliers loyaux » à « celui qui tire en premier ». Il n’y a plus de combat, ça se joue sur un seul coup.
    Je pense, et je le répète, c’est la parole sans valeur d’un « à peine néophyte », mais qui a peut-être encore le recul nécessaire (?) que ce système est tellement naturel qu’il ne développe pas la capacité à se débrouiller, se sortir de situations délicates, comme le feraient des systèmes plus complexes.
    Ce qu’on y gagne en facilité d’apprentissage, on le paie plus tard. ça rejoint finalement un peu ce que vous dites quand vous parlez de manque de travail, mais plutôt dans le sens où on n’est pas assez habitués à devoir se battre pour faire fonctionner son système : pendant 10 ans, il fonctionne de toute façon tout seul.
    Si je prends mon cas personnel, je me sens un peu dans une impasse avec ce SEF. Déjà à titre personnel, si je suis passionné de théorie, et que j’aime étudier les façons d’annoncer, j’ai un jeu de la carte beaucoup trop faible pour m’en tirer. Mais même, si j’avais pu avoir un peu d’ambition pour chercher les sommets, je verrais très bien les problèmes qui se mettent sur ma route.
    Ne serait-ce qu’un truc tout simple : j’utilise le SEF sur 99.8% de mes enchères (oui, j’ai adapté un détail à ma sauce… honte à moi !) mais j’avoue que certaines enchères qui seraient pourtant naturelles, je ne les comprends simplement pas. Quelle que soit la source. Dur de trouver un exemple, d’ailleurs c’est plus sur certains esprits d’enchères que sur des enchères elles-mêmes.
    Mais même sans exemple, on voit assez facilement que le simple fait que le même genre de jeu puisse être annoncé de différentes façons selon la source – et c’est indépendant du fait que ça ait été écrit récemment ou non ! – n’aide pas spécialement à forger une confiance dans un SEF qui voudrait se dire universel (enfin, en France du moins !)…
    Si on ajoute à ça les problèmes intrinsèques du système qui font que cette difficulté n’est que la partie émergée de l’iceberg dès qu’on voudrait jouer contre quelqu’un qui en pratique un autre, on comprend facilement que la route est bien ardue pour les champions, et que même si c’est indirect, j’aurais tendance à penser que le système fait bel et bien partie de la cause.
    J’espère que vous pardonnerez mon pavé, mais pour ma part, j’avoue être à la fois très intéressé et passablement désemparé, car je ne sais pas comment apprendre pour bien apprendre. Ce n’est pas forcément facile tous les jours quand on essaie d’apprendre son système, et qu’en étant à table avec un inconnu, on se demande après la séquence « 1T – 1C – 1SA – 2T » s’il a voulu nous faire un roudi, un ping pong, ou encore si c’est naturel. Toutes des enchères du SEF, mais chacune à un niveau de jeu différent, qui demandent encore et toujours d’apprendre, et de désapprendre pour réapprendre de préférence sans s’y perdre…

    • Merci pour vos intéressants commentaires. A mon niveau, lorsque je m’assieds à une table avec des champions, 1ère série pique ou nationale que je ne connaissais pas, il est intéressant de constater que je n’ai RIEN à mettre au point avec ces partenaires : ils jouent exactement comme moi… et que jouent-ils ? le SEF ! C’est évidemment, chez nous, LA BASE de tout, de très loin la plus fréquente. Quand vous serez très bien classé (1ère série au moins…), il sera temps d’étudier (avec vos partenaires attitrés, évidemment) quelque chose qui tente de couvrir 97% des mains, au lieu de 94% actuellement (!). De très nombreux bridgeurs moins bien classés agissent ainsi, mais PREMATUREMENT, ce qui embrouille les autres… Vous aurez déjà, dans un avenir plus ou moins lointain, à trouver les moyens de vous défendre contre les autres systèmes, étrangers ou français (Trèfle de précision, notamment, le seul qui ait vraiment survécu à d’innombrables innovations, Monaco, Ghestem, Acol, Longue d’abord, et tant d’autres, avec bien entendu toutes leurs variantes…). Il convient donc, à mon niveau, d’étudier avec mes partenaires attitrés les autres systèmes (autant de systèmes que de champions, qui sont tenus de nous les fournir plusieurs jours avant les compétitions) pour pouvoir se défendre contre eux. Mais pourquoi adopter l’un plutôt que l’autre ? Figurez-vous qu’apprendre à se défendre est déjà un énorme travail (saurez-vous vous défendre contre le 2K multi, par exemple ?). Et je dois dire que j’ai d’assez bons résultats. Normal, après 61 ans de bridge ! Je ne suis donc pas payé (d’ailleurs mon site est gratuit) pour défendre le SEF, j’indique simplement ce qui est évidemment bon pour la France et pour l’uniformité du bridge français. Imaginez que chacun invente un nouveau système (ce serait bien français, il n’y a qu’à suivre la politique…), ce serait une anarchie bien plus grande que celle qui existe déjà…
      Vous terminez par un exemple : 2T serait-il Roudi, ping-pong, double-deux, ou naturel après une redemande à 1SA ? Pour le SEF, c’est un Roudi, un point c’est tout. Donc, apprenez le Roudi. Et si vous voulez jouer autre chose (pour ma part, je joue, avec ma partenaire HABITUELLE, le double-deux après avoir joué un temps le ping-pong), assurez-vous que votre partenaire sortira son carton ALERTE. Sinon, contentez-vous du Roudi !
      Le SEF est le fruit d’une expérience de 50 ans (au moins) qui a fait ses preuves. Il est amusant de voir combien de joueurs, à des niveaux tout à fait insuffisants (il ne voient pas, notamment, les inférences innombrables de leurs modifications), émettent des critiques et veulent changer le monde ! Si l’Université du Bridge avait trouvé quelque chose de plus facile, il y a longtemps qu’elle l’aurait promue. Le SEF est très précis sur les 3 ou même 4 premières enchères, ce qui est déjà énorme. Les séquences dépendent ensuite de l’expérience et du caractère de chacun. Ne demandez à aucun système de vous donner une séquence d’enchères standard ! D’abord, c’est impossible, et puis il n’y aurait même plus de jeu ! Et si chacun jouait le SEF comme moi, il arriverait vite en 1ère série (j’ai des exemples, parmi mes élèves, de néophytes absolus qui sont 2ème série majeure après 4 ans de bridge !).
      Ma conclusion, vous l’aurez bien compris, est que vous devez, comme tous les lecteurs de ce site, DEFENDRE le SEF, au même titre que la langue française. C’est le seul moyen d’avoir tous le même langage !
      Le Bridge est un long combat, intelligent et passionnant. C’est ce qui le rend si attrayant !
      Bien cordialement et bridgeusement (néologisme personnel : voir l’Index-Dictionnaire),
      Olivier CHAILLEY

  2. J’ai joué quelques années « La majeure 5ème » avec un partenaire attitré… Je reprends cette année après deux décennies ou presque de mise en sommeil (et un classement 4T) et découvre le SEF qui n’en est pas si éloigné que ça. Le Roudi, déjà cité était quelque peu réservé aux « bons » joueurs, il est plus accessible maintenant. 2T était Albarran et les ouvertures de 2 étaient fortes …
    La différence essentielle pour moi est que je n’ai pas de partenaire habituel, l’utilisation du SEF est donc obligatoire pour avoir une chance de comprendre (un peu) les enchères du partenaire, même si quelques libertés sont prises.
    Ce qui me pose le plus problème par exemple est le 2 SA fitté et surtout le 3 SA fitté prévus par le SEF mais les enchères moins fréquentes sont encore fragiles (les reconnaître à la table !)
    A mon avis, les améliorations du SEF pourraient porter sur les enchères compétitives et surtout sur le jeu de la carte, car il ne sert pas à grand chose de déclarer des contrats tendus si ensuite on ne peut pas les réaliser.

  3. Sans réponse de mon partenaire sur mon ouverture, dois-je avoir 18H pour reparler ? Dans ce cas, doit-on considérer que ma deuxième enchère à 1 SA (si elle est possible) veut dire que j’ai 18H (autrement dit je n’ai pas besoin de dire 2SA) ? Par exemple :
    N – E – S – O
    P – P – 1m – 1M
    P – P – 1SA = 18H ?
    Merci d’avance.

    • Excellente question : vous parlez tout seul, avec un partenaire qui a peut-être zéro point (il peut également avoir jusqu’à 10 ou même 12-13H, dans certains cas). Vous êtes en position de « réveil ». Réveillez toujours si vous êtes court (maximum 2 cartes) dans l’intervention. Sinon, vous devez avoir une main de deuxième zone (16HL et plus) ou bien quelque chose d’important à dire : bicolore, unicolore long, etc… Pour dire tout seul 1SA, vous devez évidemment posséder 18 ou 19HL exactement (avec moins, vous auriez ouvert de 1SA, et avec plus, de 2SA), avec bien entendu un solide arrêt à ♥. N’ayez surtout pas le mauvais réflexe de dire 2SA, une catastrophe si votre partenaire est nul… Ces précisions se trouvent dans le Dictionnaire d’Enchères à la rubrique « Compétitives », fiche 1♣-1♥-P-P.
      Bien bridgeusement vôtre,
      Olivier CHAILLEY

  4. Merci de vos réponses, voici l’enchère :
    1♦-passe-1♠-2♦
    L’ouvreur se trouve donc si il veut reparler dans l’obligation soit de dire 3♦ s’il veut revenir à carreau, ou encore il peut très bien dire 3♣ (et c’est là qu’il y a quelques fois polémiques). Dans ce cas-là il fait bien un bicolore économique et non un bicolore cher, puisqu’il est en dessous de la répétition de sa couleur d’ouverture. N’est-ce pas ?
    Cordialement avec tous mes vœux.

    • 1♦-passe-1♠-2♦-?
      3♣ après le cue-bid à 2♦ est évidemment un bicolore économique, puisque 2♣ est « en-dessous » de la répétition du ♦, qui est portée à 3♦ par le cue-bid. C’est aussi simple que cela ! Il ne peut pas y avoir de polémique sur le caractère économique de cette enchère !
      Cependant, il faudrait d’abord être sûr de la signification de ce 3♣. En effet, le cue-bid à 2♦ est supposé représenter un bicolore 5-5 inverse, donc ♣/♥, chez les adversaires. Que peut vouloir dire alors 3♣ chez l’ouvreur ? Est-ce vraiment un bicolore, ou plutôt un cue-bid de la couleur ♣ du n°4 (donc : cue-bid sur cue-bid !), dont il faudrait que vous précisiez la signification…
      Tous mes vœux.
      Olivier CHAILLEY

  5. Cher Monsieur,
    Tout d’abord, merci pour l’excellente qualité de votre site qui m’a permis en quelques mois d’acquérir un niveau suffisant pour commencer mes premiers tournois de régularité en commençant de zéro. En effet, actuel 4e série Carreau, je ne jure que par le SEF (que je suis loin de maîtriser) et j’ai pour cela acheté le livre de la FFB correspondant : « Le système d’enseignement français – Édition 2012 ». Cependant, j’en trouve très rapidement ses limites notamment dans le cadre des enchères compétitives. Il m’est fréquemment arrivé de ne pas trouver l’enchère préconisée par le SEF en feuilletant ce livre.
    Je me demande donc : est-ce que le SEF se limite qu’à ce livre ? Est-il plus détaillé dans d’autres ouvrages ? Par exemple, on m’a conseillé les ouvrages de Bessis (« Bien enchérir en défense » par exemple) ; se base-t-il sur le SEF ou s’agit-il d’un système se basant sur le SEF mais à la sauce Bessis avec ses propres conventions ?
    Merci pour toutes les réponses que vous pourrez me fournir.

    • Cher ami bridgeur, le SEF n’est qu’un socle, mais un socle indispensable et incontournable si vous voulez jouer le « standard français ». Il n’est évidemment pas complet : voir dans le présent site le nombre de séquences possibles… Tout ce que l’on trouve en plus dans la littérature bridgeuse, pour peu qu’elle soit écrite par un français de l’Université du Bridge (dont Michel Bessis ainsi que ses amis du Bridgeur et de Bridgerama), est construit sur ce socle. Faites-leur évidemment confiance : d’ailleurs, vous ne trouverez jamais une contradiction avec le SEF. Les discussions sur telle ou telle convention supplémentaire ne vous regardent pas pour l’instant, et de toute façon viennent en plus, et seulement pour les joueurs de compétition. Si vous connaissez bien le SEF, qui ne se lit pas mais qui sert de référence, et aussi par exemple le dernier « majeure cinquième » de Michel Lebel, vous en savez bien assez. Le but du présent site est justement de vous suggérer de ne rien apprendre, mais de comprendre au fur et à mesure la logique des enchères, et, à la lumière de votre expérience, de rajouter petit à petit une brique à l’édifice. En 4ème série carreau, vous n’avez besoin que d’un peu d’intuition, et d’un petit minimum de conventions, que vous trouvez ici ! « Bien enchérir en défense », excellent livre de Michel Bessis deviendra utile pour vous dans un an ou deux, comme il l’a été pour moi au bout de 10 ans en 3ème série au moins (je joue depuis 55 ans). Attendez donc d’être au moins en 3ème série carreau, car à vouloir aller trop vite, on risque de se casser la figure. Bien cordialement et bridgeusement, Olivier CHAILLEY

  6. Cher Monsieur,
    Je me permets de vous demander si la phrase « c’est dans le SEF depuis 3 ans » peut être considérée comme sérieuse et quels sont les moyens de vérifier les modifications apportées à cette référence « SEF ». J’ai l’édition 2012. Est ce que lorsque quelque chose change les bridgeurs ne pourraient pas être avertis par exemple par un mail de la FFB ou par une publication dans l’As de Trèfle ? La personne avec laquelle j’en ai débattu m’a dit qu’il y avait tellement de chose dans le SEF que tout ne pouvait pas être dans le fascicule édité par la FFB… ?
    Nous avions un différent parce qu’elle affirmait que l’enchère « 1C – 2P » signifiait maintenant un fit C avec 11Pts et 4 P. et que … c’était dans le SEF depuis 3 ans.
    Je vous remercie pour votre réponse (je suis 3P et je viens de découvrir votre site).

    • Chère amie bridgeuse,
      Le SEF est un socle (comme la Bible), qui ne peut pas être changé souvent. Lors des nouvelles éditions, les auteurs intègrent les changements qui se sont imposés à tous au fil des ans, et alors après moult discussions et compromis entre les experts. Il n’y a pas, comme vous semblez le penser, matière à prévenir qui que ce soit de quoi que ce soit… L’introduction du 2 faible a mis plus de 10 ans à apparaître dans le SEF ! Dans l’édition 2012, le changement de couleur à saut reste fort : 18HL et plus, belle couleur 6ème avec au moins deux gros honneurs. C’est la signification de 2P sur 1C. Je vous déconseille fortement, à votre niveau, de vous mettre dans la tête des conventions diverses, jouées dans certains clubs et pas dans d’autres, sans que leur valeur soit réellement prouvée dans le temps et l’expérience. Ce serait vous encombrer la mémoire inutilement. Et, de toute façon, il est INTERDIT de jouer une convention hors SEF sans vous être mise d’accord AVANT LE TOURNOI avec votre partenaire. Les gens que je connais qui jouent en compétition la convention dont vous parlez (assez jouée en haute compétition), qui comme toujours a de nombreuses inférences, sont tous au moins en première série majeure. Les autres, en règle générale, se « plantent » plus souvent qu’ils ne bénéficient de la convention…
      Remarque : Si vous connaissiez SEULEMENT le « petit » fascicule SEF de la FFB sur le bout des doigts, vous arriveriez rapidement, en ce qui concerne les enchères, en 1ère série. Cela a été mon cas, et, avec mes amis grands compétiteurs, nous ne jouons presque rien d’autre…
      Un conseil, relisez soigneusement l’article ci-dessus.
      Bien cordialement et bridgeusement vôtre,
      Olivier CHAILLEY

      • Je vous livre ici une expérience qui devrait donner à réfléchir
        Je me remet au bridge après une longue interruption. J’envisage de me remettre bientôt à la compétition, dès que j’aurai trouvé un partenaire fitté. En attendant, je vais sur des sites en ligne pour voir comment la situation du bridge a évolué.
        Jouant le plus souvent avec des joueurs occasionnels, la question de trouver un standard s’est donc posé.
        Étant francophone, le SEF me paraissait a priori un choix pertinent. Il n’est est rien. Tous les joueurs français ont une fiche perso bardée de conventions aussi diverses que de joueurs.
        J’ai donc fait un peu de recherche internet.
        Première expérience, je tape SAYC bridge. Réponse en 3s, je télécharge un booklet de 8 pages et avec ça, je peux joueur en ligne avec quelques milliers de partenaires potentiels. (Je précise que mon niveau de bridge me permet de comprendre les inférence de ce que je lis)
        Deuxième expérience, je tape SEF bridge. Et la ….
        Surprise !
        Aucune réponse claire si ce n’est une bonne dizaine de liens commerciaux vers différentes éditions de la nouvelle super extra majeure cinquième de compétition plus moderne que celle du concurrent qui pourtant est une majeure cinquième adaptée au troisième millénaire et dans le lot un « Sef, expliqué, commenté et raturé pour bien débuter au bridge ».
        Bref rien qui me soit utile pour jouer avec un partenaire occasionnel.
        Bilan : Sur ma fiche, j’ai écrit SAYC (or your system if u prefer) sur ma fiche. Faut être pragmatique.
        Bon ça vaut ce que ça veut, je n’ai pratiqué que deux fois la séquence 2T-2K-2C 100% forcing (dixit le booklet) et deux fois on m’a passé l’enchère …
        Comme quoi les standards …

        • Bien entendu, ce que vous décrivez est malheureusement bien connu. Le SEF devrait, même si n’est pas complètement vrai dans la pratique, être notre Standard français. C’est pour cela que je milite, et que je continuerai à militer, même si, comme souvent en politique, la cause est peut-être perdue. Vous pouvez lire, à titre documentaire, une réponse à une réflexion similaire à la vôtre, datée du 11 mars 2014, après publication de cet article.

  7. Cher Monsieur,
    Je suis tombé par hasard sur votre article. Etant belge et avoir appris le bridge avec un autre système de base (l’ACOL néerlandaise pour ne pas la citer), je suis bien entendu moins réceptif à vos arguments, même si je les respecte et les trouve pour la plupart pertinents.
    Par contre il y a un point sur lequel je ne suis absolument pas d’accord, c’est quand vous dites « le système français est un des systèmes les plus « naturels » au monde ». Les systèmes les plus naturels au monde sont à mes yeux toutes les variantes de l’ACOL. Je trouve contre-naturel de ne pas ouvrir sa couleur la plus longue… ça vaut aussi bien pour un 4333 avec 4 cartes à ♥ et 4 à ♠ ou un 4432 avec 4 cartes à ♥ 4 à ♠ que pour des mains plus spéciales comme 5M-6m-1-1 où on ouvre quand même de la M (j’ai ouvert de grand yeux quand j’ai lu ça dans un livre sur le SEF de M. Lebel).
    Bien à vous,
    Serge

    • Cher ami bridgeur et belge,
      On peut toujours discuter du caractère naturel de tel ou tel système. Tous doivent tenir compte de la marque qui fait qu’une manche majeure est à privilégier par rapport à SA, lui-même devant primer sur une manche mineure. La « Majeure cinquième » qui est une sorte d’extension de la « Longue d’abord » jouée auparavant (jusque dans les années 1970) nous apparaît indéniablement un progrès, permettant des développements beaucoup plus faciles, notamment quand il y a une intervention adverse. « La longue d’abord », très proche de l’Acol, était peut-être plus naturelle ? Quoique je ne vois pas pourquoi ouvrir toujours de sa plus longue est plus « naturel »… Un système naturel pourrait très bien vous faire ouvrir de votre plus courte d’abord, et d’ailleurs des systèmes de ce genre ont existé (canapé) : ils étaient parfaitement naturels. Ce n’est pas ce que veut dire « naturel ». « Naturel » est employé en opposition avec « artificiel ». Une couleur est « naturelle » quand on veut dire qu’on la possède quand on l’annonce, « artificielle » quand l’enchère est indépendante de la couleur et prend une autre signification, par exemple des points, une distribution, etc… Par exemple le Trèfle fort et tous les systèmes dits SHA (système hautement artificiels, qui font l’objet d’une règlement spéciale dans les compétitions). Le système français est bien un des plus naturels, comme l’Acol, et ne comporte que 8 conventions « artificielles » (Stayman, Texas, etc…), comme l’Acol, d’ailleurs.
      Remarque : avec un bicolore 6-5, je ne sais pas ce que vous reprochez à Michel Lebel qui, très logiquement, et comme ferait n’importe quel champion au monde, ouvre de la couleur la plus chère 5ème dans les cas où la main ne permet pas un bicolore cher au second tour, car sinon, expliquez-moi comment vous pourriez trouver un fit dans la deuxième couleur avant le niveau de 3. Une main 6-5 s’ouvre de la plus longue à partir de 18HL donc 15H (17HL si vous êtes très « gonflé » avec une main particulièrement belle). Mais entre 13 et 17HL (10 à 14H), il est plus prudent et surtout plus LOGIQUE d’ouvrir de la plus chère, pour avoir plus facilement et plus souvent l’occasion d’annoncer la seconde couleur… Au total, quand la main est faible, vous avez intérêt à assimiler votre bicolore 6-5 à un 5-5 si la couleur 6ème est moins chère que la couleur 5ème. Ceci dit, bien entendu, vous pouvez annoncer comme vous l’entendez, si votre partenaire est d’accord !
      Bien cordialement à vous,
      Olivier CHAILLEY

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