Montez en 3ème (2)

ou plutôt : « Quand ne pas monter en troisième »

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Monter en/au troisième ?

Un récent article vous a convaincu qu’il fallait le plus souvent prendre ou forcer en 3ème avec sa plus forte carte (ou en cas de cartes équivalentes, avec la plus petite de celles-ci). Cette manière de faire pourrait (devrait ?) devenir un réflexe. Mais malheureusement, au bridge, peu de réflexes marchent à tous les coups. Les réflexions du genre « je n’ai pas pris parce qu’on ne monte pas en second », ou bien « j’ai pris parce que j’étais en 3ème » n’ont pas une pertinence constante. La seule façon de penser est : « Que dois-je faire dans ce cas précis ? ».

 

monter en 3ème 8

Fig. 1

L’exemple le plus facile à comprendre et de loin le plus courant est celui-ci  (fig. 1) : vous avez une fourchette située après un honneur. Lorsque votre partenaire attaque du 4 (du 6 à SA) et que le déclarant appelle un petit du mort, il est le plus souvent bien joué, en Est, de passer le 10. Vous voyez qu’ainsi le déclarant fait son Roi, mais que par la suite il ne pourra pas faire sa Dame. Il ne fera donc qu’un pli à au lieu de 2. La raison est simple : Les As doivent s’efforcer de prendre des honneurs, mission ressassée depuis longtemps… Lorsqu’il n’y a rien au mort, il n’y a rien à tenter, et l’on pose l’As sans hésiter et sans regret. Mais ici, une Dame vous tend les bras. Attendez un peu, et vous pourrez la prendre ! Bien entendu, si le mort est en Sud, c’est exactement la même chose. Ce n’est pas parce que vous ne voyez pas la carte qu’il faut se précipiter : le Roi du mort se fera toujours. Alors, autant passer le 10, vous capturerez une Dame, cette fois-ci éventuelle seulement, car elle peut gésir chez votre partenaire. Peu importe, c’est bien joué, et ça ne coûte rien !

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Fig. 2

 Voici maintenant une donne du Bridgeur (Le Bridgeur, 15 juin 2008, p. 40) qui me paraît intéressante pour la réflexion qu’elle suscite (fig. 2). Vous ne devez pas, en Est, poser le R sur entame du 9 de votre partenaire. La raison n’est pas forcément évidente, mais vous devez réfléchir. Votre partenaire n’a pas l’A, puisqu’on n’entame pas sous un As. L’impasse ne pourra jamais être refaite par le déclarant, en raison du singleton au mort. Et votre partenaire n’a pas la D ni le V. Avec une séquence de 2 honneurs, il serait parti de la Dame. Avec la Dame  ou le Valet 3ème, il serait parti d’un petit sous la Dame ou le Valet, et non pas du 9 (parité oblige). Le 9 provient donc de 2 ou 4 cartes (pair-impair). Avec 4 cartes, s’il y a D976 en Ouest (et donc AV secs chez le déclarant), ne pas mettre le R serait une faute, puisque le déclarant ferait son V de façon illégitime. Mais dans ce cas, faites remarquer à votre partenaire qu’il devait partir du 7, carte juste et non du 9. Cette fois, heureusement, votre partenaire ne s’est pas trompé, il a bien un doubleton. Le déclarant possède donc, dans le cas présent et en faisant confiance à votre vis-à-vis, ADVx, et en mettant le R, vous lui accorderiez 3 levées d’honneurs. En le retenant au contraire, il ne fera que 2 Cœurs.

Les situations où il ne faut pas prendre systématiquement sont très nombreuses, et peuvent être une source de litige avec votre partenaire. Ayez toujours une explication convaincante si vous ne l’avez pas fait ! Voici 2 autres circonstances pour lesquelles il faut ardemment réfléchir.

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Fig. 3

La première est de tenter de préserver, en défense, vos propres communications (fig. 3). Après l’entame, à SA, du 3, mettez la Dame et non l’A, et vous obligerez le déclarant à prendre. En effet, dans l’ignorance de la main où se trouve l’As, il ne peut se permettre un « laisser-passer », car avec l’As à sa gauche, il risque de perdre 5 levées d’entrée. Souvenez-vous : l’adversaire ne voit pas vos cartes… En passant la Dame et en empêchant ce « laisser-passer », vous avez préservé vos communications.

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Fig. 4

La deuxième préoccupation est au contraire de détruire les communications de l’adversaire, le déclarant. A SA comme à la couleur (fig. 4), l’entame est ici le 10 pour le Valet du mort. Il peut être parfois bien joué de ne pas couvrir du Roi, pour empêcher une communication ultérieure avec la D. Evidemment, si vous ne prenez pas, il est au mort tout de suite. Tout est une question de plan de jeu et de « timing ». Si vous voulez en savoir plus, ou revoir le cours sur la question, cliquez : Quand ne pas monter en 3ème.

Comme d’habitude maintenant, je ne peux que vous prodiguer le conseil suivant, maintes fois répété : réfléchissez à chaque carte, et si vous n’avez pas de raison particulière, appliquez la règle générale. Si au contraire, le raisonnement vous incite à faire autrement, faites une exception…

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2 commentaires sur “Montez en 3ème (2)

  1. Comme j’ apprécie beaucoup votre approche du Bridge , je souhaite recevoir régulièrement tous les nouveaux articles de  » Comprenez le bridge  » et vous remercie
    par avance .
    Salutations les meilleures .

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