3S – Maniements de couleur

Une couleur

Une couleur à la belote

Le maniement de couleurs, souvent considéré comme rebutant, doit cependant être étudié. En 3ème série, il est encore fréquent de voir à la table des maniements qui prouvent un raisonnement incomplet ou même inexistant. Un excellent livre sur la question a été publié par le regretté Claude Delmouly (1924-2006), dit « le Professeur ». Le succès de ce livre a entraîné une réédition en 2009, aux éditions Le Bridgeur. Le titre : Les maniements de couleurs. On ne saurait trop recommander aux joueurs qui cherchent à progresser de se plonger dans ce livre, que l’auteur a su rendre divertissant. Deux parties distinctes : manœuvres contre un honneur, manœuvres contre plusieurs honneurs. Pour les puristes qui chercheraient à connaître de façon absolue les probabilités de réussite de tel ou tel maniement, il existe aussi une référence en la matière : le Dictionnaire des maniements de couleurs (éd. du Rocher), de Jean-Marc Roudinesco* (1932-2002), l’inventeur, entre autres, de la convention « Roudi ». Il ne s’agit pas, cette fois, d’un livre à lire, bien que l’introduction soit très instructive, mais plutôt d’une vérification a posteriori. Si le Delmouly peut-être trouvé au « Bridgeur », le Roudinesco est plus difficile à trouver. Cependant, il est téléchargeable (+ de 1000 pages PDF) et apparemment sans droit d’auteur (?). Pour le consulter : cliquez ici. Dans la présente page, vous trouverez la matière des cours qui ont été dispensés par l’auteur du site.
Meilleure chance : Tableaux statistique des répartitions. 
Choix de la couleur à affranchir : Chances de réussite, choix entre deux couleurs.
Honneur sur honneur (3) : Honneur sur honneur ? Oui ! Mais jamais sans réfléchir…
Blocage – déblocage : Situation quotidienne. Attention à l’humiliation !
Maniement : il manque le Roi : As et Dame dans la même main ou opposés.

Coupe et défausse : A éviter à tout prix !
Maniement : il manque la Dame : Avec 9 cartes, avec 8 cartes ou moins.
Coup de Bath : Facile, fréquent, mais attention à bien l’employer !
Si la démarche ou la recherche qui permettent de bâtir les théories qui vous sont exposées vous amusent, un exemple peut être consulté :
Entame à SA avec R9xx.

Si des maniements de couleurs plus pointus vous intéressent, après que vous vous serez assuré de réussir les « exercices de 3ème série« , passez maintenant en 2ème série.

Tous les cours ci-dessus se trouvent également dans l’Index-Dictionnaire.

7 commentaires sur “3S – Maniements de couleur

    • Merci de cette précision. Ces dictionnaires, comme le Dictionnaire des enchères de ce site, ne peuvent servir que de vérification « a posteriori » et non de livre d’apprentissage… Pour se familiariser avec les maniements de couleurs, il vaut mieux travailler le livre de Delmouly ou les Pas à Pas de Robert Berthe.
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  1. Cher M. Chailley,
    J’ai une incompréhension de « logique » pour l’exercice où on manie la couleur lorsqu’il nous manque le Roi. Dans la première série d’exemple, vous dites qu’avec ADx en face de xxx, il vaut mieux tirer l’As en tête pour lutter contre un Roi sec, toute autre distribution ne changeant rien à l’efficacité des manœuvres. Jusque-là, je comprends. Mais lorsque le Valet apparaît dans les exemples au-dessous, je ne comprends plus le cas 2. Vous dites qu’on fera 2 levées quel que soit le maniement…
    Pourquoi dans ce cas ne pas appliquer strictement le même mode opératoire qu’au-dessus en tirant l’As en tête pour lutter contre la (petite) chance d’un Roi sec, et tenter ainsi 3 levées ? Ai-je manqué quelque chose ?
    Cordialement

    • Cher ami bridgeur,
      Vous avez en fait tout compris. Bien sûr qu’en commençant par l’As, vous avez la mini chance de prendre un Roi sec : la répartition 6-1 offre 6,8% de chances, et le singleton a 1 chance sur 7 d’être le Roi, ce qui vous met à moins de 1% de réussite dans cette manœuvre. Mais ce n’était pas le sujet de cet exemple, qui était destiné à ce que vous compreniez que le maniement, dans le cas présent, avec Axx en face de DVx, sans le 10 ni le 9 avec 6 cartes entre les deux mains, n’a aucune importance, et que les impasses « savantes » sont inutiles. Ceci dit, votre solution (As en tête) est évidemment la seule qui donne une (mini) chance supplémentaire…
      Bien cordialement,
      Olivier CHAILLEY

  2. Cher Monsieur,
    Dans Pas à pas tome 1 (Berthe-Lébely) édition 1999, que j’apprécie beaucoup, il est précisé en explication de la donne 22 : « Sachez sacrifier un pli ». Ainsi :
    a – Avec RVx/A9xxx, jouer R puis petit vers V. Impasse à la D.
    b – Avec AVxxx/R9x, jouer A puis petit vers R9. Impasse au 10.
    Dans les 2 cas, il y a coup de sonde de la main ayant le V, et ensuite, impasse vers la main courte. Les impasses à la D et au 10 ne se font pas dans le même ordre. Cela a-t-il une raison d’être autre que celle consistant à faire l’impasse vers la main courte en premier ?
    c – Quelle explication donnée lorsqu’il n’y a pas de main courte ? Avec AVxx/R9xx, Pas à pas recommande de jouer A puis petit vers R9, comme en b ci-dessus.
    Le Dentu faisait la même recommandation en 1967, (je ne suis qu’un débutant livresque).
    Puis-je retenir pour l’avenir :
    a – Coup de sonde de la main ayant le V, dans tous les cas ?
    b – Impasse au 10 dans tous les cas, sauf si le V est dans la main courte ?
    Merci par avance

    • Cher ami bridgeur,
      Vous avez raison de dire que les Pas à pas de Berthe et Lébely sont des livres remarquables. La donne 22 recommande en effet, à juste titre, de savoir sacrifier un pli (sous-entendu, quand on en a les moyens !). C’est ce que l’on appelle un « jeu de sécurité », qui se prémunit contre les répartitions mortelles, mais RARES. Les maniements de ce type ne peuvent se concevoir que si vous pouvez vous permettre de perdre une levée pour assurer votre contrat contre TOUTE DISTRIBUTION (ou presque). Ils sont donc recommandés en match par quatre. Et les livres de Robert Berthe, ainsi que les 9/10 des cours de l’Université du Bridge, ainsi aussi que les cours de ce site, sont en effet destinés au match par quatre, qui est le « vrai bridge » à mon sens.
      Or, j’imagine que vous jouez, comme tous les joueurs de club, en match par paires. Et ici, il n’est pas question de perdre exprès une levée (sacrifiée pour ne pas en perdre deux) pour lutter contre une répartition rare, car les autres joueurs miseront sur la répartition la plus fréquente et donc le plus souvent, feront une levée de plus que vous. Si la répartition rare survient, ils perdront et vous gagnerez, bien sûr, grâce à votre maniement de sécurité. Mais à la longue vous serez perdant. Utilisez donc ces maniements à BON ESCIENT. Détaillons un peu le maniement que vous me présentez : 8 cartes dans la ligne réparties 5-3 ou 4-4, où il manque Dame et 10 mais où il existe le 9.
      Avec huit cartes dans la ligne, pour gagner 4 levées, le maniement proposé par Berthe est le meilleur, car il lutte contre la D sèche, et, de plus, permet de jouer systématiquement petit vers la main courte, tout en gardant le précieux 9 comme élément de fourchette pour une impasse au 10 (plus important que de jouer vers la main courte). Cela fait gagner 4 levées dans 86,5% des cas, mais 5 levées dans 9,5% seulement.
      Mais si on doit gagner 5 levées avec la main a), ce maniement ne le permet donc que rarement (9,5%). Il faut en réalité attaquer vers le Valet. Si la Dame vient tout de suite (Dame sèche), on prend bien sûr du R, on joue le V, puis on impasse le 10 avec la fourchette. Sinon, on passe le V, puis on jouera A et R (maniement banal contre la D). Ceci permet de gagner 5 levées dans 36,5% des cas, mais 4 levées dans seulement 56,5%. Vous voyez que le maniement « Berthe » vous permet de gagner, en match par 4, dans 86,5% des cas, donc 20% (une fois sur 5) plus souvent que le maniement sans sécurité, mais en match par paires, vous perdrez une levée par rapport aux autres au moins une fois sur trois…
      Pour les autres mains, le raisonnement est le même et le résultat peu différent : en match par paires, impasse à la Dame (tant pis pour le sacrifice d’un pli), en match par 4, préservation le plus longtemps possible de la fourchette qui contient le 9.
      Retenez que vous avez appris, grâce à Robert Berthe, ce qu’était le MANIEMENT DE SECURITE. Continuez toujours à l’apprendre quand vous pouvez, tout en sachant qu’en club, il ne vous servira guère…
      Bien cordialement à vous,
      Olivier CHAILLEY

      • Cher Monsieur,
        Merci pour ces explications claires et rassurantes.
        N’étant qu’un petit bridgeur, je suivrai vos recommandations, pas à pas, pour me contenter de « ne gagner que » 2 fois sur 3.
        Merci pour l’ensemble de votre enseignement.
        Bien cordialement
        Al.Bert

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