Spoutnik simple, mode d’emploi

Spoutnik, premier satellite artificiel de la Terre, 1957

Le « contre » Spoutnik (en général écrit avec un S majuscule) est un contre conventionnel qui a été inventé en 1957 par Alvin Roth (1914-2007), célèbre joueur américain et l’un des meilleurs du monde. Il l’avait en réalité baptisé « contre négatif » (ce qui signifie « non punitif »), mais les Français l’ont rapidement rebaptisé contre Spoutnik, car cette année là a été lancé le premier satellite artificiel de la Terre, Spoutnik 1. Cette appellation est restée aujourd’hui (negative double en anglais). Tous les bridgeurs, même débutants, connaissent le « Spoutnik », mais que d’erreurs à la table, malgré deux cours sur la question dans le présent site : L’ouvreur après intervention (1) et L’ouvreur après intervention (2) ! C’est pourquoi il est apparu utile et opportun de refaire un peu le point, notamment après la parution de la dernière édition du SEF (Système d’Enseignement Français) en 2018.

Le Contre Spoutnik est abordé pour la première fois, dans la progression des cours de ce site, en 3ème série, dans les enchères compétitives. Cette convention aurait bien sûr dû être placée plus en amont dans les cours, tant elle est indispensable. Mais elle aurait été bien difficile à expliquer à un débutant ou même à un joueur de 4ème série. Et en 3ème série (troisième année de bridge, à peu près), je me suis contenté de parler du Spoutnik simple. Restons-y un moment, car c’est là que commencent les ennuis… Et le Spoutnik généralisé, placé en 2ème série, viendra tout seul ensuite. Nous n’en parlerons pas aujourd’hui. D’abord, qu’est-ce que cette convention Spoutnik ? Nous ne parlerons ici que du Spoutnik du répondant (le n°3). Il s’agit d’un contre dont la signification générale est : « Partenaire, si mon voisin de droite n’avait pas parlé, j’aurais eu une enchère, mais maintenant, je n’ai plus les conditions pour la produire ». La première obligation pour faire un Spoutnik apparaît ici évidente. Il est interdit de préférer le Spoutnik à une enchère naturelle. Ce que l’on appelle le Spoutnik simple est un Contre du n°3 quand l’intervenant a dit 1♠ sur l’ouverture d’1♣ ou 1. Après les interventions à ou (1♣-1 et 1♣/-1), un contre s’appellerait plutôt « contre d’appel du répondant ». Débarrassons-nous d’abord, à ce propos, d’une façon d’annoncer très répandue dans les clubs (et dans d’autres pays), mais qui n’est ni Spoutnik, ni SEF. Il s’agit justement des interventions à ou suivies de contre. Ce contre conventionnel est alerté comme signifiant, sur 1, exactement 4 cartes à . Et sur 1, exactement 4 cartes à ♠. En corollaire, 1 ou 1♠ (au lieu du contre) auraient promis 5 cartes au moins. Cette convention est connue en France sous le nom de « contre Lebel-Soulet ». Non seulement cette convention ne figure pas au SEF, mais les auteurs eux-mêmes l’ont abandonnée depuis longtemps en raison de ses inconvénients [pour les joueurs de compétition que cela intéresse, elle a été remplacée par le cachalot (Spoutnik rotatif) ou la baleine bleue]. En effet, comment annoncer après un début 1♣/ et 1 d’intervention avec ♠R86 932 D843 ♣A109 ? La convention Lebel-Soulet n’a pas de réponse dans cette situation pourtant fréquente. Le SEF annonce donc les couleurs majeures au niveau de 1 (1/♠) à partir de 4 cartes, et le jeu ci-dessus, qui n’a pas d’enchère satisfaisante mais quelques points, s’annonce par un contre (« je n’ai ni 4 ni 4 ♠ »). Mon avis est donc, si vous jouiez jusqu’à présent le Lebel-Soulet, de laisser tomber. Et si vous entendez un contre à la table, demandez surtout ce que cela veut dire au partenaire du contreur (les gens n’alertent souvent pas !) : 4 cartes exactement à /♠ ou bien au contraire « ni 4 ni 4 ♠ ». L’importance d’une réponse précise à cette question ne vous échappera pas.

Revenons au Spoutnik simple, après ouverture d’1♣/ et intervention à 1♠. Voici le texte du SEF 2018 : « Le contre Spoutnik simple s’emploie 1°) avec 4 cartes à exactement et au moins 8HL, sauf main forcing de manche avec une longue dans l’autre mineure dont la nomination est prioritaire ; 2°) 5 cartes à et 8 à 10HL ». Vous voyez donc que pour le SEF, il y a toujours 4 cartes à au moins lorsqu’on contre Spoutnik. Evidemment, il n’y a pas non plus de meilleure enchère : 2 peut s’annoncer à partir de 11HL (avec 8 à 10HL, contre). Et si l’on est bicolore, on applique la règle générale des enchères bicolores : Avec un 5-4 ♣/, par exemple, on annonce 2♣ (sur l’ouverture d’1) à partir de 13HL (voire 12HL), on contre avec 8 à 12HL (contre Spoutnik, car on n’a pas « les moyens » d’un 2 sur 1). En résumé, et c’est ce que je recommande à tous les bridgeurs qui n’ont pas des ambitions de compétition nationale ou internationale, un contre Spoutnik simple signifie TOUJOURS « j’ai du  ». Est-ce bien vraiment ce que vous observez dans votre club ?

Alors, évidemment, que devez-vous faire en tant que n°3 si vous possédez, après ouverture d’1♣ et intervention à 1♠, la main suivante : ♠953 R102 AV53 ♣V42 ? 1SA est impossible, il vous reste donc le choix entre contre et passe. Ici, la seule possibilité est passe, car un contrat à 7 atouts à ne convient pas en raison de votre longueur à ♠. Votre partenaire sera amené à couper de la main longue et, raccourci, aura bien du mal à réussir un contrat ! Ce passe peut se faire jusqu’à 10H, voire même parfois 11 points très laids, si vous n’avez ni 4 cartes à , ni d’arrêt ♠ ! Je sais que c’est très frustrant, mais c’est du meilleur bridge que de prendre un risque inconsidéré. Cette situation est particulièrement fréquente…

Existe-t-il tout de même des situations où un bon joueur (2ème série majeure au moins, les autres, abstenez-vous) peut être amené à prendre des risques ? Comme toujours, c’est en anticipant la suite du jeu qu’on doit prendre ses décisions. Contrer sans 4 cartes à ne peut s’envisager qu’avec des mains de 9-10(11) points possédant une courte à ♠. D’ailleurs, ceci illustre un principe général des enchères du répondant après intervention : prise de risque si l’on est court dans la couleur adverse, pas de folie si l’on est long (M. Bessis). Voici une main où le risque d’un contre Spoutnik pourrait être pris presque allègrement, après ouverture d’1♣ (et intervention à 1♠) : ♠8 A105 RV1064 ♣V942 → contre. Il faudra déjà tendre davantage le dos avec : ♠93 R87 AD643 ♣1052, mais les plus téméraires pourront parfois se lancer (vert contre rouge ?). Normalement, l’ouvreur ne sera pas déçu quand vous étalerez ce mort court à ♠, permettant bien entendu de couper de la main courte…

Abordons maintenant le cas où vous, le répondant, avez 5 cartes à . Supposons que vous ayez ♠95 RV965 A104 ♣953. Ouverture : 1, intervention à 1♠. Vous contrez (enchère Spoutnik parfaitement normale), et le n°4 soutient son partenaire à 2♠. Passe de l’ouvreur, passe de l’intervenant, et la parole vous revient. Que faire ? Dire 3 serait bien téméraire. Pourtant, votre partenaire pourrait parfaitement détenir ♠763 A104 RD762 ♣A4, main qui procure sans problème neuf levées, et même parfois dix, avec beaucoup de chance. Sans convention particulière, ce cas est inextricable. Mais certains ont imaginé, pour les fans de conventions, une façon assez pratique de décrire ce genre de situation. Il s’agit de la convention Rodrigue. Ceux qui me connaissent savent que je l’aime bien (en réalité, aujourd’hui, très peu de joueurs l’emploient vraiment). Elle est surtout utile en match par paires, où l’on privilégie les majeures plus souvent qu’en match par quatre. Il s’agit de convenir que l’annonce d’un fit dans la couleur d’ouverture (1♣/) à 2♣/ montre en réalité 5 cartes à avec une main insuffisante pour dire 2. Evidemment, il faut avoir de quoi faire un Spoutnik, donc posséder au moins 8HL (6H et 6 cartes à , ou 7H et 5 cartes à ). L’inconvénient est que vous ne pouvez plus annoncer un fit mineur éventuel (attention aux confusions !). L’avantage est que le Spoutnik simple indique maintenant exactement 4 cartes à , puisque vous auriez dit 2♣/ si vous aviez eu avec 5 ou 6 cartes à . L’ouvreur sait maintenant exactement où il va (à , mais pas à ♣/ !).

Et maintenant que vous avez contré Spoutnik, que doit faire l’ouvreur. Le principe général est très simple. Il sait que vous avez du avec 8HL au minimum (et non 6HL comme en l’absence d’intervention). Il a le fit ou il ne l’a pas. Si l’ouvreur a le fit, il fait comme en l’absence d’intervention adverse, mais un peu atténué (1 ou même parfois 2 points de moins). Pourquoi atténué ? Pour deux raisons : 1°) vous avez 8HL minimum et non 6HL ; 2°) nous sommes, après l’intervention du n°2, en enchères compétitives. Il faudra si l’on peut, comme toujours en enchères compétitives, différencier les mains régulières des mains irrégulières. Voici des exemples : avec ♠D62 AV84 R6 ♣RV43 (15HLD), l’ouvreur soutient simplement à 2. (manche lointaine si le contreur Spoutnik est minimum). Mais avec ♠5 A1062 R104 ♣AD973 (16HLD), il peut dire 3 (il serait resté à 2♥ sans intervention). Et maintenant, avec ♠V104 AD75 ARV106 ♣5, il saute à 4 (avec ses 18HLD, il serait resté à 3 en l’absence d’intervention). De même, les Splinters (3♠ à saut) sont atténués en force, par exemple : ♠5 A1084 AV2 ♣AR1096 (19HLD) → 3♠. J’en profite pour faire un rappel, mais vous connaissez bien cette restriction : en enchères compétitives, les Splinters n’existent (sauf cas très particuliers) que dans la couleur adverse. Avec des mains fortes (19+HLD), il faut avoir recours à un cue-bid préalable : ♠V9 AD72 AR6 ♣AV53, que l’on fera suivre de 4 avec une main régulière, d’une autre enchère (un nouveau cue-bid, un Splinter ou 3), avec un jeu irrégulier fort. Exemple : ♠AR2 R1062 3 ♣ARD82 (22HLD) → 2♠, et sur la redemande à 3♣ de votre partenaire, 3 qui devient forcing et chelemisant après le cue-bid.

Enfin, que peut faire l’ouvreur quand il n’a pas le fit ? Il a quatre possibilités : faire une enchère à SA, répéter sa couleur, annoncer une nouvelle couleur (bicolore), faire un cue-bid. Remarquez tout de suite, donc, que le cue-bid que nous avons décrit au paragraphe précédent n’implique pas le fit dans un premier temps. Il indique seulement un jeu fort sans meilleure enchère. Commençons par les enchères à SA. Attention : 1SA ne promet pas l’arrêt ♠ ! En effet, que dire avec ♠1054 A103 RV75 ♣AV6 ? Si le répondant veut jouer 3SA, il faudra donc qu’il vérifie cette tenue (par un cue-bid). Il y aura, en cas de malheur (pas d’arrêt ♠) toujours la possibilité de jouer une manche mineure ou 4 à 7 atouts. Evidemment, si l’ouvreur avait une mineure 5ème au départ, il sera toujours meilleur de la répéter que de se réfugier à SA sans l’arrêt ♠. Les enchères à saut de 2SA (15-17H, non forcing) ou 3SA montrent en revanche un solide arrêt ♠. 3SA directs, classiquement, nient 3 cartes à , car en effet le contreur Spoutnik pourrait avoir 5 cartes à . 2SA montre une main automatiquement irrégulière (puisque non ouverte de 1SA avec 15-17H), avec presque toujours, par conséquent, une courte à (singleton). Exemple : ♠RV105 5 AD4 ♣AD964 → 2SA. Attention : le répondant, s’il entend 2SA, doit donc y réfléchir à deux fois avant de conclure à 3SA…Vous voyez que le bridge n’est pas une affaire simple !

Les autres possibilités, pour l’ouvreur sont de répéter sa couleur (c’est facile), nommer une nouvelle couleur, ou faire un cue-bid. Voyons les deux dernières possibilités rapidement. La nouvelle couleur indique une nouvelle couleur, mais attention ! Si 1 suivi de 2♣ est un bicolore économique non forcing, 1♣ suivi de 2 reste un bicolore cher. Il peut être un peu atténué (compétitives) mais il reste forcing. Alors, avec ♠V52 9 DV64 ♣ARV64, vous ne pouvez pas annoncer vos , il faudra vous contenter de 2♣. Il reste maintenant le cue-bid, qui comme souvent, indique une main forte sans enchère naturelle. Ce sera notamment le cas quand l’ouvreur aura besoin d’un arrêt à ♠. Exemples : ♠962 A5 ARD106 ♣AV9, ou bien ♠8 AV4 AD3 ♣ARV642. Dans ces deux cas, après le contre Spoutnik, le jeu est trop fort pour la redemande possible, il faut passer par un cue-bid à 2♠. Un seul grand principe simple pourra éviter les mésententes entre partenaires : après un contre Spoutnik et une redemande banale de l’ouvreur, seul le cue-bid du répondant est forcing (M. Bessis). La conséquence directe est que les autres enchères du répondant sont au mieux propositionnelles.

Mais malheureusement, les choses ne sont pas toujours aussi « simples » ! L’adversaire (le n°4) ne va pas toujours vous laisser vous exprimer librement, il va notamment souvent soutenir son partenaire en disant 2♠ (ou 3♠). Et là, l’ouvreur devra se montrer courageux. Lorsqu’il a le fit (4 cartes à ), le principe général est qu’il pourra décaler ses enchères d’une zone (d’une seulement !). Avec ♠104 AD72 RD85 ♣D103, si le n°4 soutient à 2♠, → 3♥, à la guerre comme à la guerre. Mais tout de même, avec ♠DV2 ♥R764 RV2 ♣R54, mieux vaut passer ; sans As, avec des points perdus à ♠, il ne faut pas abuser… Et si l’adversaire est un peu haut, parce qu’il a répondu 3♠ sur l’intervention du n°2, l’ouvreur ne pourra jamais dire 4 sans un très beau jeu. Même avec ♠95 AV62 RD876 ♣R4, il ne peut que passer (il aurait dit 3 sur 2♠). Petite remarque : avec un très gros jeu, sur 2♠ de soutien du n°4, l’ouvreur peut cue-bidder à 3♠. Et bien sûr, après soutien adverse, ce cue-bid promet le fit, alors que ce n’était pas le cas dans le silence du n°4.

Bien entendu, l’ouvreur, après le soutien du n°4 à 2♠, n’a pas toujours le fit , loin de là. Avec une bonne distribution (bicolore mineur ou bel unicolore), il l’annonce au niveau de 3, et ceci ne promet en aucun cas un gros jeu. Et, avec une main plus forte, irrégulière de 15 à 17 points, ou régulière de 18-19 points (en général, donc, avec au moins 18HL), l’ouvreur recontre, passant comme message à son partenaire : « J’ai un beau jeu qu’aucune enchère naturelle ne peut bien décrire ». Avec ♠10 R104 AV54 ♣AR1062, après ouverture d’1♣, et soutien du n°4 à ♠ après le contre Spoutnik de votre partenaire, il vaut mieux dire contre que 3. Et avec ♠V54 6 AR7 ♣ARV642, le recontre s’impose, car vous avez beaucoup trop de jeu pour vous contenter de 3♣.

Et enfin, il nous reste à voir le réveil du n°3, contreur Spoutnik, si après le soutien du n°4 à 2♠, l’ouvreur et l’intervenant passent tous deux. Quelquefois en match par quatre, mais souvent en match par paires, on ne veut pas laisser l’adversaire jouer 2♠ (et prendre un top en raison du fameux 110 !), il faut donc choisir avec soin son réveil. Les réveils naturels sont évidemment purement compétitifs et non forcing. Avec ♠V5 DV84 A1073 ♣D103, si votre partenaire a ouvert d’1, après votre contre sur 1♠ et le passe de l’ouvreur sur le 2♠ du n°4, vous devez évidemment maintenant dire 3. De même, même après l’ouverture de 1 et la même séquence adverse, réveillez à 3♣ avec ♠9 10873 A5 ♣RV10874. Votre partenaire choisira entre passe, 3, ou 3. Le cue-bid en réveil indique un jeu fort, il est forcing de manche, et demande dans un premier temps l’arrêt ♠. Et le contre est employé avec une main forte, ou un jeu moyen sans enchère naturelle évidente. Après la même séquence, vous êtes en réveil après l’enchère de 2♠ à votre gauche avec ♠85 A1073 R62 ♣R1084 → contre à nouveau ! Vous n’allez tout de même pas laisser jouer 2♠ !

Vous avez pu vous apercevoir, tout au long de ces lignes, qu’une convention élémentaire comme l’est le Spoutnik simple résume tous les problèmes qui se posent au bridge en compétitives : modification des fourchettes de points, réponses plus agressives, utilisation du cue-bid, anticipation des enchères à venir, etc. Bien entendu, toutes les situations n’ont pu être évoquées, par exemple une enchère émanant du n°4 qui serait non pas un soutien de son partenaire l’intervenant, mais un surcontre, un cue-bid ou un changement de couleur. Il faudra dans ces cas faire preuve d’imagination et surtout appliquer la règle constante du bridge : réfléchir, réfléchir et réfléchir. Et pour ceux qui voudraient rester dans le bain du Spoutnik, il reste à voir le Spoutnik généralisé. Un cours de 2ème série est à votre disposition pour vous familiariser avec cette notion. Mais alors, accrochez-vous, car il va falloir sauter en parachute !

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Cherchez la femme !

Gaston Leroux (1868-1927)
Le Parfum de la Dame en noir

Une donne d’Alain Lévy, publiée en 2012 dans le Bridgeur, dans un article intitulé La dame en noir, nous plongera directement dans le vif du sujet. Vous êtes assis en Ouest (Nord donneur, N-S vulnérable). Après les enchères suivantes, vous entamez de l’As de ♠, et le mort s’étale. Sur votre As de ♠, Est fournit le 9 et Sud le 5. Avant de vous précipiter sur la deuxième levée, analysez donc la première : que signifie donc ce 9 de ♠ ? Comme vous le savez, en fidèles lecteurs de ce site, lorsqu’il y a deux cartes au mort, la signalisation de votre partenaire est une parité. Il a donc deux ou quatre cartes à ♠, très certainement quatre. Vous savez par ailleurs qu’il ne peut guère avoir plus de deux points. Vous avez trois levées certaines, ♠AR et A. Il faudrait y ajouter le Roi de ♣ avant que les perdantes du déclarant ne disparaissent sur les ♦ du mort. Donc, si l’on veut faire chuter, il faut que votre partenaire ait une Dame, si possible à ♣. Avec la ♣D, jouer petit ♣ affranchirait immédiatement votre ♣R. Malheureusement, Est avait bien une Dame mais c’était la ♠D. Comment auriez-vous pu le savoir ? La clé du coup est dans l’analyse du ♠9. Quand on possède quatre cartes dans une couleur, la parité oblige à fournir la deuxième plus haute si vous n’avez pas d’honneur (et la troisième si vous avez un honneur). Dans le cas présent, Est a donc forcément une carte au-dessus du ♠9, et donc forcément la ♠D.

aucun malUne donne d’Alain Lévy, publiée en 2012 dans le Bridgeur, dans un article intitulé La dame en noir, nous plongera directement dans le vif du sujet. Vous êtes assis en Ouest (Nord donneur, N-S vulnérable). Après les enchères suivantes, vous entamez de l’As de ♠, et le mort s’étale. Sur votre As de ♠, Est fournit le 9 et Sud le 5. Avant de vous précipiter sur la deuxième levée, analysez donc la première : que signifie donc ce 9 de ♠ ? Comme vous le savez, en fidèles lecteurs de ce site, lorsqu’il y a deux cartes au mort, la signalisation de votre partenaire est une parité. Il a donc deux ou quatre cartes à ♠, très certainement quatre. Vous savez par ailleurs qu’il ne peut guère avoir plus de deux points. Vous avez trois levées certaines, ♠AR et A. Il faudrait y ajouter le Roi de ♣ avant que les perdantes du déclarant ne disparaissent sur les du mort. Donc, si l’on veut faire chuter, il faut que votre partenaire ait une Dame, si possible à ♣. Avec la ♣D, jouer petit ♣ affranchirait immédiatement votre ♣R. Malheureusement, Est avait bien une Dame mais c’était la ♠D. Comment auriez-vous pu le savoir ? La clé du coup est dans l’analyse du ♠9. Quand on possède quatre cartes dans une couleur, la parité oblige à fournir la deuxième plus haute. Dans le cas présent, Est a donc forcément une carte au-dessus du ♠9, et donc forcément la ♠D. Il fallait jouer petit ♠ à la deuxième levée, Est n’ayant aucun mal à trouver le retour ♣.
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Actualité du site (décembre 2019)

Paul Gauguin (1848-1903) : D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? (1898)

 

Chers amis bridgeurs, chers lecteurs,

Il est temps, après près de sept ans d’existence, de faire le point sur le fonctionnement de votre site préféré. Celui-ci est de plus en plus complet, devenant une véritable « Encyclopédie du Bridge ». On peut en effet y trouver réponse à peu de choses près à toutes les questions que l’on peut se poser sur notre jeu. Sa vitesse de croisière n’a que peu bougé lors de la dernière année, le nombre de visiteurs quotidien restant autour de 250, avec un peu plus de 1000 pages lues par jour. On peut donc dire que le succès ne se dément pas, et c’est bien sûr une importante incitation à continuer ce travail, et notamment de continuer à répondre le plus rapidement possible (souvent moins de 3 jours) à vos questions. Il est bien entendu que le dialogue avec vous, lecteurs, est une des raisons d’être primordiales de « Comprenez le Bridge ».

Rappel : lorsque vous m’écrivez, précisez-moi votre niveau, de façon à ce que je puisse adapter ma réponse. Cette demande réapparaît à chaque « Actualité du site », car de nombreux lecteurs ne le font pas… La « philosophie » à suivre n’est pas la même selon que l’on a une grosse expérience du jeu ou qu’on soit débutant (et on reste quelquefois débutant assez longtemps…).

Je vous rappelle aussi que le style des réponses que je m’efforce de vous apporter cherche à rester en harmonie avec le SEF, Système d’Enseignement Français. On peut trouver dans le site une brève description de nombreux autres systèmes ou gadgets, notamment dans l’« Index-Dictionnaire », mais il est bien précisé que ces sujets ne sont pas et ne seront pas repris dans les cours, ne faisant pas partie du SEF. La lecture du Bridgeur, et de Bridgerama, revues qui restent toujours dans l’esprit de l’Université du Bridge de la Fédération Française de Bridge, inspire aussi un certain nombre de pages. Les articles relevés dans ces revues ont été soit résumés dans de nouveaux cours, soit parfois intégrés tels quels et alors le lien qui les ouvre est coloré en violet (nouveauté).

LE SEF (SYSTEME D’ENSEIGNEMENT FRANÇAIS) :

Comme dans toute discipline, des progrès importants émaillent l’évolution de notre jeu. De nouvelles conventions apparaissent, d’anciennes évoluent, d’autres deviennent obsolètes, car elles n’ont pas fait, par exemple, montre d’une véritable utilité. Je vous rappelle qu’en 2018 un nouveau SEF a été édité (12€ aux éditions Le Bridgeur). Les changements sont relativement importants et les mises à jour du site concernant cette évolution sont forcément lentes à venir. Ceci dit, un lourd travail a déjà été réalisé dans ce sens.

Nous avons déjà insisté sur le fait que vous ne devez rien changer à vos habitudes sans avoir bien compris toutes les inférences et surtout sans que votre partenaire soit bien au courant ! Dans la négative, tenez-vous en à ce que vous avez appris jusqu’à présent, avec l’avant-dernière édition du SEF, qui date de 2012. Si vous n’êtes pas des compétiteurs acharnés, assimilez les nouveautés à votre rythme, sans tout chambouler. Les bases que vous avez apprises resteront efficaces dans l’immense majorité des cas.

LES COURS ET EXERCICES :

Rappel : Les cours sont au nombre de près de 250, dont plus de 130 pour les enchères, et plus de 110 pour le jeu de la carte. Il faut y rajouter près de 50 pages d’exercices de tous niveaux. Je pense qu’aujourd’hui, les cours pour débutants, 4ème et 3ème série sont en nombre suffisant pour une progression satisfaisante. Rappel encore : Si un sujet inexistant ou peu développé vous paraît devoir être abordé ou précisé sous forme de cours, dites-le moi. Je tâcherai de vous satisfaire.

L’INDEX-DICTIONNAIRE :

L’Index-Dictionnaire, maintenant terminé (rappel : il est cité dans Wikipédia en deuxième position derrière celui de Georges Versini (1968), dont il s’est d’ailleurs fortement inspiré), subit toutefois de temps en temps des remaniements, pour intégrer de nouvelles conventions, par exemple. Ce dictionnaire est aussi un index des cours et devrait permettre de les retrouver facilement. Mais attention : le niveau des cours n’est que rarement indiqué dans l’Index-Dictionnaire. Assurez-vous, avant de l’apprendre, qu’il correspond à votre niveau, et que vos connaissances préalables permettent de l’assimiler : pour cela, retrouvez sa place dans le menu principal. Bien entendu, ce Dictionnaire reste surtout utile en ce qui concerne les termes techniques du bridge.

LE DICTIONNAIRE DES ENCHERES :

L’élaboration de ce dictionnaire continue, et le nombre d’entrées a nettement augmenté depuis la dernière « Actualité du site ». On y trouve plusieurs milliers de séquences. La plupart des nouvelles séquences a été rajoutée à la suite de vos questions d’enchères, lorsque la séquence étudiée n’y figurait pas. Mais évidemment, un tel Dictionnaire ne sera jamais terminé… Le SEF reste bien entendu l’ouvrage de base, ainsi qu’assez souvent les articles du Bridgeur. Les dictionnaires des enchères de Philippe Brunel et Catherine Sarian (silence adverse, 2001), ainsi que de Hervé Pacault et Philippe Brunel (enchères après intervention, 2004) restent mes ouvrages de référence, même si quelques séquences se sont beaucoup modifiées (évolution du SEF !) depuis leur publication.

LES ARTICLES :

Jusqu’à présent, 55 articles ont été publiés (en moyenne un toutes les sept semaines depuis l’ouverture du site, avec un net ralentissement depuis trois ans), et sont facilement retrouvés dans la colonne de droite, dans les rubriques Articles récents, Catégories ou Archives. Leurs sujets sont également indexés dans l’« Index-Dictionnaire », les liens apparaissent en vert. N’hésitez pas à les relire, car ils reflètent la philosophie du site, et donc, je l’espère, la philosophie du bridge lui-même. Et si un sujet d’ordre général vous paraît digne d’être traité, faites m’en part.

L’AVENIR :

Il y a actuellement plus de 900 lecteurs abonnés. Cet abonnement ne sert qu’à être informé par mail qu’un nouvel article est arrivé. Mais il est gratuit, et ne présente, je crois, aucun inconvénient. Alors, abonnez-vous, même si les articles sont devenus aujourd’hui rares : il faut bien dire que ce blog tourne maintenant tout seul…

LE BOUTON « FAIRE UN DON » :

Il y a deux ans, ayant eu d’importantes pannes d’informatique qui avaient fini par être coûteuses, je vous avais demandé si vous vouliez bien participer au frais, et vous avez nombreux à répondre positivement. Et comme l’année dernière, de nouvelles échéances arrivent (notamment l’hébergement du blog), et, pour les mêmes raisons, je remets le bouton Faire un don dans la marge de droite et en première page, en faisant appel à votre participation. C’est le système Paypal qui a été choisi, car c’est le plus commode (pour moi !). Sachez que vous n’êtes en aucun cas obligé de donner quoi que ce soit, et qu’en tout état de cause, la totalité du site est et restera gratuitement accessible à tous. Il s’agit simplement, si vous pensez que vous avez pu progresser dans notre jeu grâce au présent blog, d’un geste de reconnaissance, un peu comme l’on a l’habitude maintenant de rémunérer Wikipedia. Le bouton « Faire un don » restera pendant un petit mois.

Je vous remercie d’avance, et surtout vous adresse mes meilleurs vœux, en cette fin d’année, pour votre progression dans notre formidable jeu.

Cordialement et bridgeusement vôtre,

Olivier CHAILLEY

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Le SEF 2018

La Bible expliquée par la peinture,                                  Gérard Denizeau, Larousse, 2015

La plupart d’entre vous a dû faire l’acquisition du SEF (Système d’Enseignement Français) 2018, notre nouvelle bible du bridge. Il nous est présenté comme modernisé et plus complet que l’édition précédente de 2012, et, de fait, il s’est très nettement étoffé. La présentation elle-même a été entièrement repensée, et il apparaît donc en réalité comme un outil nouveau, dont l’esprit même est en rupture avec l’édition précédente.

La seule notion absolument constante, concernant le SEF depuis ses débuts en 1983, et qui est dûment rappelée dans sa préface, est qu’il ne doit pas être considéré comme un ouvrage permettant d’apprendre le bridge. Cette vérité, qui vous est rappelée tout au long du présent site, est encore plus vraie avec la dernière version. Le SEF est un ouvrage qui relève à la fois du « Dictionnaire » et du livre de « référence ». Il ne doit servir que rétrospectivement, lorsqu’un problème s’est présenté à la table, ou en cours de travail du bridge, pour vérifier le bien fondé d’une affirmation ou pour répondre à une question ponctuelle.

Pourquoi insister, particulièrement depuis cette dernière version, sur cette façon de penser le SEF ? Parce que si les premières versions, jusqu’à 2012, pouvaient servir à tous les joueurs, même débutants, la version 2018, selon les dires mêmes de ses concepteurs, est un référentiel de connaissances communes qui s’étend de la 4ème série majeure à la 2ème série majeure. De très nombreuses notions abordées ne peuvent l’être que si vous êtes en 2ème série, ou même en train de concourir pour arriver en 1ère série. Or, les connaissances nécessaires pour s’asseoir honorablement à une table sont en fait très peu nombreuses, finalement très simples et, surtout, doivent être solidement ancrées dans un socle que vos professeurs s’emploient à construire dans votre esprit. Ce n’est qu’à partir de ces notions de bases incontournables que vous pouvez ensuite construire, petit à petit, votre système, qui sera bien entendu in fine le SEF. Bref, vous l’aurez compris, le SEF 2018 a perdu de sa simplicité, car il a voulu « faire une synthèse factuelle des techniques de bridge résultant de la consultation des meilleurs enseignants français ».

Alors, le SEF 2018 contient-t-il vraiment beaucoup de nouveautés par rapport à ses version antérieures ? En vérité, on y trouve plusieurs sortes de modifications : 1°) les simples « nuances », mais qui sont parfois difficiles à gérer ; 2°) les changements vrais, qui touchent des notions anciennes qu’il faut donc réviser ; 3°) l’application de nouvelles conventions, jouées par beaucoup de joueurs depuis longtemps, mais qui n’avaient pas encore été intégrées. Voici un certain nombre d’exemples (la liste est loin d’être exhaustive) :

1°) Les « nuances » : une notion importante a été abordée, qui était à peine mentionnée précédemment, celle de main semi-régulière, qui comporte exactement 2 doubletons (5-4-2-2 ou 6-3-2-2). Et le SEF 2018 rajoute la possibilité d’ouvrir d’1SA avec ce type de main lorsque l’on possède 15 ou 16H (attention : pas 17). La raison est que la redemande peut être « délicate » si on l’ouvre normalement. C’est vrai si vous êtes déjà familiers avec la notion d’anticipation. Sinon, je vous recommande absolument d’abandonner la possibilité d’ouvrir des mains semi-régulières d’1SA, si vous n’êtes pas en 2ème série majeure ! Ce sera beaucoup plus simple, pour vous, de continuer à traiter les mains 5-4-2-2 comme des bicolores, et les mains 6-3-2-2 comme des unicolores. C’est ce que vos professeurs vous enseignent, tenez-vous y !

2°) Les « changements vrais » : ils sont peu nombreux mais peuvent être importants, car ils peuvent entraîner des « pataquès ». Premier exemple : en 2012, l’intervention par Contre sur l’ouverture d’1SA était punitive (main régulière à partir de 18-19HL ou bien 7 levées visibles dans la main du contreur). En 2018, ce Contre devient une convention « mineure-majeure » (une mineure 5ème au moins, une majeure 4ème). Autre exemple : après une intervention à 1SA, l’enchère de 2SA du répondant n°3, qui était un cue-bid forcing (sans enchère naturelle et sans main de « contre »), devient un « Truscott », c’est-à-dire une main fittée avec 5 atouts en mineure et 4 atouts en majeure, avec 11+HLD. Troisième exemple, de simplification cette fois : les enchères de réponse à l’ouverture de 1SA avec un bicolore majeur : sans espoir de manche, Texas ♠ puis passe ; avec une main de manche, 4 ; avec un espoir de chelem, Texas ♠ (2) puis 3.

3°) Les « introductions » : il y en a un certain nombre, et ce sont en général des conventions jouées depuis longtemps par les champions, mais qui n’avaient pas été encore intégrées dans le SEF : la défense contre les Michaël précisés (SEF 2018, p. 23), la « convention 2012 » après Stayman et réponse de 2/♠ (l’annonce de l’autre majeure au niveau de 3 par le répondant indique un fit et une ambition de chelem, SEF 2018, p. 26), le Texas « modulé » (rectificaton fittée) sur l’ouverture de 2SA (SEF 2018, p. 38), le « Rubensohl », l’« auto fragment-bid », le « super-forcing » (bicolore cher à saut), etc., etc.

Une des conséquences immédiates de la publication de ce nouveau SEF est que le présent site devient en partie obsolète, et qu’il faudra du temps (et du travail), pour le mettre entièrement à jour. De nombreuses pages ont déjà été « modernisées » mais beaucoup reste à faire. Il arrive souvent que vous, lecteurs fidèles, me signaliez tel ou tel changement à apporter, et je vous suis évidemment reconnaissant d’attirer mon attention sur ces points. Cependant, vous devez garder à l’esprit ce qui est la base de tout progrès dans notre jeu : ne mettez pas la charrue avant les bœufs ! N’essayez pas à tout prix d’apprendre la totalité du SEF, car c’est absolument impossible ! Continuez à apprendre petit à petit, leçon après leçon, et « débrouillez-vous » à la table avec vos connaissances, et surtout ce que vous avez compris (et non appris, comme le titre du site le suggère). Après les cours débutants, et en arrivant vers le milieu des cours de 1ère année (ou de 4ème série), vous devez avoir déjà un peu compris l’esprit qui sous-tend les enchères. Tout le reste n’est que du perfectionnement !

Un point important, qui risque de poser de gros problèmes pour tous ceux qui jouent en tournoi de régularité avec des partenaires différents. Il faudra vous assurer, avant les tournois, que telle ou telle nouveauté du SEF est connue de votre partenaire. Sinon, contentez-vous du SEF 2012, ou tout simplement de ce que vous avez appris comme socle des enchères. Très peu de conventions sont indispensables. Voici un rappel des principales d’entre elles. Pour les débutants, 4ème série et 3ème série mineures : Majeure 5ème, meilleure mineure (très important), 1SA 15-17, 2SA 20-21, Stayman, Texas, Misère dorée, Roudi, Contre d’appel, Contre Spoutnik simple, Surcontre, Blackwood 5 clés (30-41). Pour les 3ème série majeures : Chassé-croisé, Sous-Texas, Splinters, Contre Spoutnik généralisé, certains cue-bids simples, quatrième couleur forcing. Pour les 2ème série mineures : Convention 2012, Drury, Landy, Truscott, Michaël cue-bids, Rubensohl. Pour les 2ème série majeures et 1ère série mineures : 3ème couleur forcing, Mini-cue-bid, Contre Lightner. Bien d’autres conventions et variantes existent, mais elles sont du domaine des champions. N’écoutez surtout pas ceux qui vous les proposeraient à la table, sauf si vous êtes en 1ère série, bien entendu !

Pour compléter ces réflexions sur le SEF 2018, je me dois de vous signaler quelques outils qui pourraient vous être très utiles (en dehors du présent site !) :

1°) Les Cahiers de l’Université du Bridge (CUB#1, CUB#2, CUB#3, CUB#4 et CUB#5, tomes parus), qui sont en cours de publication et qui complètent et explicitent de façon remarquable le SEF. La présentation est très agréable, et les auteurs sont des champions et des pédagogues prestigieux : Philippe Cronier, Vincent Combeau, Michel Bessis, Norbert Lébely, Jean-Paul Balian, et les autres…

2°) Je vous recommande également un site très pédagogique, Vu-Bridge, qui, contrairement à « Comprenez le Bridge », vous permet de jouer sur l’écran en donnes préparées et commentées carte à carte par de grands experts. On ne peut jouer que dans un ordre logique et chaque erreur est expliquée. Un résumé de ce qu’il fallait faire est présenté après chaque donne. Il s’agit donc d’un excellent entraînement pour tous ceux qui veulent réellement progresser, un peu sur le mode du Pas à pas, méthode bien connue de Robert Berthe et Norbert Lébely. Trois niveaux existent en français (le logiciel était primitivement américain, donc en anglais) : débutant, intermédiaire, avancé. Un petit inconvénient, il est payant (pas très cher…). Ceci dit, vous pouvez y trouver trois donnes par semaine gratuites, à titre de test, avant de vous lancer à acheter des paquets de donnes. Un autre petit problème peut parfois survenir au cours des enchères, car elles ont été faites sur le modèle américain, en fait très proche du SEF. L’adaptation française tient compte de cet inconvénient et doit en principe avoir tout corrigé. Un certain nombre de commentaires renvoient d’ailleurs au présent site, où vous pourrez donc retrouver vos cours favoris !

Chers amis bridgeurs, ce SEF « étoffé » l’a été, comme le soulignent les auteurs, « afin que les joueurs qui le consultent comme une référence puissent disposer plus souvent des réponses aux questions qu’ils se posent ». Il sert donc à tous les joueurs, quel que soit leur niveau, dès qu’ils veulent se mettre d’accord sur une méthode à jouer lors de leurs tournois. Les élèves, eux, doivent continuer à apprendre à leur rythme, pour bien assimiler et comprendre ce qui se passe autour d’une table. Une seule référence pour eux : ce que leur enseigne leur professeur. Je vous souhaite une excellent progression.

Olivier CHAILLEY

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Actualité du site (décembre 2018)

Chers amis bridgeurs et lecteurs,


Vincent Van Gogh (1853-1890)
Le repos des moissonneurs (1890)

Vous vous êtes sans doute aperçus que depuis quelques mois, les nouveaux cours se font plus rares, ainsi que les nouvelles rubriques des différents dictionnaires. C’est qu’aujourd’hui, le site est très complet, et nécessite surtout des mises à jour. Il va avoir 6 ans et atteint manifestement sa vitesse de croisière : environ 1000 pages continuent à être lues chaque jour, ce qui correspond à environ 200 visiteurs quotidiens, qui parcourent en moyenne 5 pages chacun. Ce succès est pour moi une grande satisfaction. Mais si la densité de mon travail a diminué, je n’en reste pas moins vigilant à répondre le mieux possible à vos questions, le dialogue avec les lecteurs restant primordial.

LES QUESTIONS QUE VOUS M’ADRESSEZ :

Le site étant maintenant assez complet, vous devez pouvoir y trouver la réponse à la majorité de vos questions, notamment en ce qui concerne les enchères. Il est vrai qu’il faut se familiariser avec l’ordre des cours, les Dictionnaires et les différents moyens de trouver le sujet demandé (contrôle-F). Rappel : ce site défend le SEF, et les réponses sont donc toujours orientées dans le sens du SEF (Système d’Enseignement Français et développements). Il est inspiré également de la lecture du Bridgeur, et de Bridgerama, revues qui restent toujours dans l’esprit de l’Université du Bridge de la Fédération Française de Bridge.

Rappel : lorsque vous m’écrivez, précisez-moi votre niveau, de façon à ce que je puisse adapter ma réponse. Cette demande réapparaît à chaque « Actualité du site », car de nombreux lecteurs ne le font pas… La « philosophie » à suivre n’est pas la même selon que l’on a une grosse expérience du jeu ou qu’on soit débutant (et on reste quelquefois débutant assez longtemps…).

LE SEF (SYSTEME D’ENSEIGNEMENT FRANÇAIS) :

Comme dans toute discipline, des progrès importants émaillent l’évolution de notre jeu. De nouvelles conventions apparaissent, d’anciennes évoluent, d’autres deviennent obsolètes, car elles n’ont pas fait, par exemple, montre d’une véritable utilité. Tout ceci est résumé dans les éditions successives du SEF, et le nouveau SEF vient d’être édité (10€ aux éditions Le Bridgeur). Les inférences de ces évolutions seront nombreuses et entraîneront certainement des modifications sérieuses à apporter au site. Cela ne pourra être fait que très lentement, après une réflexion préalable sur le choix des pages à remanier.

Ceci dit, avant de vous précipiter sur les nouveautés, assurez-vous que vous aurez bien compris toutes les inférences et surtout que votre partenaire est bien au courant ! En attendant, je ne saurais trop vous recommander de vous en tenir à ce que vous avez appris jusqu’à présent, avec la dernière édition du SEF, qui date de 2012. La base du système ne change pas, et je vous recommande de ne surtout rien modifier à vos habitudes avant d’être en 1ère série et en face d’un partenaire attitré. Sinon, ce qui est déjà une patiente construction actuellement risque de présenter d’importantes fissures et de vous entraîner à l’écroulement de plusieurs pans dans l’édifice !

LES COURS ET EXERCICES :

Rappel : Les cours sont au nombre de près de 240, dont plus de 120 pour les enchères, et plus de 110 pour le jeu de la carte. Il faut y rajouter près de 50 pages d’exercices de tous niveaux. Je pense qu’aujourd’hui, les cours pour débutants, 4ème et 3ème  séries ont en nombre suffisant pour une progression satisfaisante. Rappel encore : Si un sujet inexistant ou peu développé vous paraît devoir être abordé ou précisé sous forme de cours, dites-le moi. Je tâcherai de vous satisfaire.

L’INDEX-DICTIONNAIRE :

L’Index-Dictionnaire est maintenant terminé (rappel : il est cité dans Wikipédia en deuxième position derrière celui de Georges Versini (1968), dont il s’est d’ailleurs fortement inspiré). Peu de choses y seront ajoutées. Je vous rappelle que ce dictionnaire est aussi un index des cours. Mais attention : le niveau des cours n’est que rarement indiqué dans l’Index-Dictionnaire. Assurez-vous, avant de l’apprendre, qu’il correspond à votre niveau, et que vos connaissances préalables permettent de l’assimiler : pour cela, retrouvez sa place dans le menu principal. Bien entendu, ce Dictionnaire reste surtout utile en ce qui concerne les termes techniques du bridge.

LE DICTIONNAIRE DES ENCHERES :

L’élaboration de ce dictionnaire continue lentement, et le nombre d’entrées a un peu augmenté depuis la dernière « Actualité du site ». On y trouve déjà plusieurs milliers de séquences. La plupart des nouvelles séquences a été rajoutée à la suite de vos questions d’enchères, lorsque la séquence étudiée n’y figurait pas. Mais évidemment, un tel Dictionnaire ne sera jamais terminé… Le SEF reste bien entendu l’ouvrage de base, ainsi qu’assez souvent les articles du Bridgeur. Les dictionnaires des enchères de Philippe Brunel et Catherine Sarian (silence adverse, 2001), ainsi que de Hervé Pacault et Philippe Brunel (enchères après intervention, 2004) restent mes ouvrages de référence, même si quelques séquences se sont beaucoup modifiées (évolution du SEF !) depuis leur publication.

LES ARTICLES :

Jusqu’à présent, 50 articles ont été publiés (en moyenne un toutes les six semaines depuis l’ouverture du site, avec un net ralentissement depuis deux ans), et sont facilement retrouvés dans la colonne de droite, dans les rubriques Articles récents, Catégories ou Archives. Ce sont des réflexions données au « fil de la plume », sur des sujets variés, mais qui n’ont pas la vocation à être des cours. Il me semble que la lecture de ces articles devrait bénéficier tout de même à de nombreux lecteurs, leur but étant souvent de « remettre les idées en place ». Si un sujet d’ordre général vous intéresse particulièrement, faites m’en part.

L’AVENIR :

Il y a actuellement plus de 600 lecteurs abonnés. Cet abonnement ne sert qu’à être informé par mail qu’un nouvel article est arrivé. Mais il est gratuit, et ne présente, je crois, aucun inconvénient. Alors, abonnez-vous, même si les articles sont devenus aujourd’hui rares : il faut bien dire que ce blog tourne maintenant tout seul…

LE BOUTON « DONATE » :

L’année dernière, ayant eu d’importantes pannes d’informatique qui avaient fini par être coûteuses, je vous avais demandé si vous vouliez bien participer au frais, et vous avez nombreux à répondre positivement. Je vous avais indiqué que je recommencerais dans six mois, mais je n’en ai rien fait, car vous aviez été suffisamment généreux, et je vous en remercie. Cependant, de nouvelles échéances arrivent (notamment l’hébergement du blog), et, pour les mêmes raisons, je remets le bouton Donate  ci-dessous et en première page, en faisant appel à votre contribution. C’est le système Paypal qui a été choisi, car c’est le plus commode (pour moi !). Sachez que vous n’êtes en aucun cas obligé de donner quoi que ce soit, et qu’en tout état de cause, la totalité du site est et restera accessible à tous. Il s’agit simplement, si vous pensez que vous avez pu progresser dans notre jeu grâce au présent blog, d’un geste de reconnaissance, un peu comme l’on a l’habitude maintenant de rémunérer Wikipedia. Le bouton « Donate » restera pendant un mois environ.

Je vous remercie d’avance de ce que vous ferez et surtout vous adresse mes meilleurs vœux, en cette fin d’année, pour votre progression dans notre formidable jeu.

Cordialement et bridgeusement vôtre,

O.C.

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Principes du jeu de flanc

Secrets Défense, Michelle Auboiron, 2008

Avez-vous vous pu vous rendre compte, au stade où vous en êtes dans vos progrès, que le jeu de flanc est au moins aussi intéressant, sinon plus, que le jeu du déclarant ? C’est avec le jeu de flanc que l’on gagne les tournois, et d’ailleurs, on joue deux fois plus souvent en flanc qu’en étant déclarant. Tout le monde (ou presque…), peut jouer en face du mort de façon correcte, et même parfois brillante. En revanche, la défense demande une réflexion particulière, car, pour réussir son contrat (14 levées moins celles du contrat du déclarant), on est deux ! Bien sûr, comme le déclarant, dès après l’entame, le défenseur voit 26 cartes, celles du mort et les siennes, et il va lui falloir élaborer un plan de jeu. Mais celui-ci ne peut être maîtrisé qu’en concordance avec son partenaire. Ceux d’entre vous qui lisent la revue « Le Bridgeur » connaissent les fameux et nombreux articles d’Alain Lévy sur ce sujet, avec sa « grille des levées du flanc », complétée le cas échéant par la « grille des levées du déclarant », vue par la défense. Il y a quelques années, Marc Kerlero, dans le mensuel « Bridgerama », destiné à des joueurs un peu moins chevronnés, avait consacré un dossier à cette question du jeu de flanc. Il déplorait que les joueurs dussent se contenter de subir le jeu du déclarant, en appliquant vaguement quelques recettes toutes faites, telles que « la faible du mort, gros en troisième, honneur sur honneur, etc. ». Aujourd’hui, ce sujet, qui est évidemment aussi éternel que le sera notre jeu, reste donc d’actualité. Il ne peut être question ici de donner une martingale, ni même de développer in extenso un sujet qui demanderait plusieurs volumes. Je chercherai donc surtout à souligner quelques points de repères, et surtout à donner l’envie au lecteur de s’améliorer dans ce domaine, où la bibliographie est abondante.

L’essentiel est d’être décidé à rester concentré dès l’entame, sans attendre d’avoir la main pour commencer à réfléchir au plan de jeu de la défense. Garder en tête tous les indices qui ne manquent pas de se présenter : « Tiens, Sud a pris le V de mon partenaire avec l’A. Mon partenaire a donc la D ». Vous devez organiser votre défense à partir d’une série d’actions qui doivent être toujours les mêmes, et devenir réflexes. 1°) Compter les points du mort, les ajouter aux vôtres, et partager le résidu (total : 40) entre votre partenaire et le déclarant, selon la précision des enchères et le contrat final. 2°) Essayer de reconstituer le mieux possible la couleur d’entame (honneurs restants, répartition). 3°) Essayer de deviner le plan de jeu adverse, en regardant attentivement le mort (couleur secondaire menaçante, fourchettes favorables ou non, etc.) : le déclarant va-t-il jouer en coupe (jouer atout) ? Va-t-il tenter des impasses (jouer neutre une couleur où l’on n’a rien) ? Pourra-t-il défausser ses perdantes sur une couleur affranchie (prendre des risques pour encaisser ses levées immédiatement, avant qu’il ne soit trop tard) ? Je vous conseille vivement de vous entraîner constamment à cette gymnastique intellectuelle, même (surtout ?) quand vous estimez que vous n’avez pas de jeu et qu’il n’y a rien à faire. Les mains blanches (0 points), peuvent être parfois décisives, si vous donnez les bons renseignements à votre partenaire (parité, refus, etc…).

Après les enchères suivantes, dans le silence adverse : S 1 – N 2 – S 2 – N 4, vous entamez du ♠R, et votre partenaire prend de l’♠A. Laissez le ♠R face visible, bloquant ainsi le jeu (vous en avez toujours le droit), et refusant de retourner votre carte jusqu’à ce que vous ayez suffisamment réfléchi à la situation : 1°) Points visibles : 12 + 10 = 22 ; 40 – 22 = 18. Sud a ouvert. Est n’aura donc que 6, maximum 7 points. 2°) L’entame : Sud n’a rien à ♠. 3°) Le mort est plat, mais l’impasse au R, bien placé pour Sud, va réussir. Tout est noté ? Vous pouvez retourner votre R♠. Est repart du ♠V. Vous ne savez pas s’il est sec ou encore second, vous prenez donc de la ♠D, et vous rejouez le ♠10. Tout le monde fournit. Quelle est maintenant la situation ? Sud avait 3 petits ♠, et il a forcément l’♣A et AR ou ARD pour justifier son ouverture. Il devient donc impossible de trouver une levée mineure. Le seul espoir réside dans la couleur d’atout, . Si Est a la D (très peu probable), votre V fera chuter. En fait, votre unique solution est d’espérer une promotion d’atout, en jouant le ♠9 en coupe et défausse : il faut souhaiter qu’Est possède le 9, obligeant Sud à surcouper de la D, votre seule chance de faire chuter (et si Est a la D, c’est encore mieux !). Est-ce que ce plan de jeu, en défense, vous a paru si difficile ?

Vous êtes maintenant assis en Est (diagramme de gauche). Toujours dans le silence adverse, Sud joue 4♠ (enchères : S 1♠ – N 2♣ – S 2SA – N 4♠). Ouest, votre partenaire, entame du R. Votre réflexe immédiat : singleton au mort, comment signale-t-on, déjà ? Il faudra faire une préférentielle ? Au lieu de cela, faites donc le petit check-up habituel : 1°) Points visibles 9 au mort + 6 dans votre main = 15 ; 15-17 points en Sud, restent 8 à 10 en Ouest. 2°) Couleur d’entame : le R doit être 5ème en Ouest, car Sud en a dénié 4 (en principe !). 3°) Le mort : quelle que soit la place du ♣R, le déclarant va défiler 5 levées à ♣ qui lui permettront 2 ou 3 (voire 4) défausses de ses perdantes, qui se situent dans les couleurs rouges. Et la couleur est protégée par la coupe du mort. Il faut donc déclencher le plan Orsec, espérant des perdantes à . Allons-y : R pris de l’A, et D ! C’est la dernière fois que vous serez en main, et la seule chance de faire 3 levées dans la couleur… En voyant les 4 mains (diagramme de droite), vous êtes récompensés de votre clairvoyance…

Encore un exemple, mais un peu plus compliqué, après des enchères expéditives, toujours dans le silence adverse : N 1 – S 1♠ – N 4♠. Ouest entame du 2 pour votre R (diagramme de gauche). Avant de retourner celui-ci pour ramasser la levée, faites le point devenu familier : 1°) Les points visibles : 19 + 11 = 30 ; avec au moins 5 points en Sud, Ouest n’en a pas plus de 5. 2°) La couleur d’entame : un nombre impair de en Ouest, plutôt 5, ce qui en laisserait 2 en Sud. 3°) Le mort possède une belle couleur à . Comme vous ne voyez pas très bien quoi faire, vous encaissez l’A, et Sud fournit la D (donc, Ouest a bien 5 cartes à ). Vous êtes toujours en main. Vous ferez le R plus tard, et si Ouest a l’♣A, il le fera toujours. Mais si Sud a l’♣A, il ne faudra jouer ♣ à aucun moment, sous peine de lui « filer » la 10ème levée : s’il a 5 cartes à ♠, il en fera toujours 10, mais s’il n’a que 4 ♠, il ne fera que 9 levées si on le laisse manipuler ses ♣ tout seul : 4 ♠, 3 , et 2 ♣). Les ne menacent pas vraiment (le déclarant est 4-2-3-4). Evidemment, si Sud possède la ♣D aussi, il n’y a aucune solution pour la défense, d’où l’hypothèse de nécessité : Ouest a la ♣D. Conclusion : la solution est de toujours jouer neutre : ♠ tout de suite, puis, après l’impasse au R, rejouer . On fera un ♣ en fin de coup. Si la défense joue ♣, elle perd sa levée naturelle dans la couleur…

Ces quelques exemples vous ont montré que le plus souvent, avec des raisonnements simples, on peut réaliser un bon flanc. Au passage, vous avez pu constater que les bons raisonnements découlent aussi d’une bonne signalisation par votre partenaire, et notamment le « pair-impair », auquel il ne faut sous aucun prétexte déroger. Combien de fois ai-je entendu « je n’ai pas voulu éclairer le déclarant en montrant ma parité » ? En vérité, c’est surtout votre partenaire que vous trompez dans ce cas ! Le déclarant, s’il ne peut pas se passer d’une impasse, où si une seule répartition lui convient pour réussir, posera ses hypothèses de nécessité, et votre « ruse » ne le gênera en rien ! Pour ceux d’entre vous qui sont inscrits à la FFB, et qui par conséquent reçoivent la revue l’As de Trèfle, je vous invite, après avoir lu cet article, à faire (ou refaire) les exercices de défense du dernier numéro (n° 34 de septembre 2018) que vous trouverez en fin de revue, à la page 28. Il s’agit, dans la mesure du possible, de compter la main du déclarant, au cours de 6 exercices, pas toujours faciles…

En conclusion, j’espère que lorsque vous serez en flanc (deux fois sur quatre), même avec un jeu qui paraît décevant (comme le deuxième exemple ci-dessus), vous saurez vous astreindre à la petite gymnastique d’esprit qui vous permettra de relancer la bonne carte, celle qui fait chuter le déclarant. Un peu de concentration vous permettra de vous appuyer sur un raisonnement, plutôt que de vous en remettre plus ou moins au hasard. La défense est, pour les bons joueurs, le compartiment le plus fascinant du jeu de bridge, celui qui donne le plus de satisfaction intellectuelle, et accessoirement celui qui permet de gagner les tournois. Ce n’est pas rien !

Olivier CHAILLEY

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La gestion des contrôles

Rassurez-vous, malgré ce titre quelque peu ambigu, nous sommes bien au bridge, et en aucune façon menacés par une sanction quelconque de la part des autorités financières. Il s’agit seulement de reprendre quelques notions indispensables pour tenter d’améliorer les chances de parvenir à ce dont tout bridgeur rêve, l’annonce d’un chelem qui ait une bonne chance de réussir. De plus, dans les années 2005-2010, la manière de traiter les contrôles a sensiblement évolué, et il est temps de les gérer à la moderne. Comme vous le savez, les contrôles ne concernent que les contrats de chelem à la couleur. Il ne sera donc pas question ici des chelems à SA, dont le succès statistique ne dépend que du nombre de points HL détenus dans la ligne (33+HL). A SA, on ne parle ni de contrôle, ni de Blackwood, mais d’enchères quantitatives (4SA par exemple) seulement. Lire la suite

Faut-il avoir peur des cue-bids ? (3)

Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit le Caravage (1571-1610), Méduse (vers 1597)

Tout vient à point à qui sait attendre (cf. François Rabelais, Pantagruel, Livre IV, chapitre 48). Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage (Jean de La Fontaine, Le Lion et le Rat). Chère lectrice, cher lecteur, restés sur votre faim et votre soif d’en apprendre davantage sur les cue-bids pendant près d’un an, vous allez enfin avoir un peu de grain à moudre. Une petite question insidieuse au passage : avez-vous utilisé davantage de cue-bids après avoir lu les deux derniers articles sur la question ? Sinon, relisez-les ! Ils portaient sur des situations fréquentes, toujours après une ouverture de 1 à la couleur : les cue-bids de l’intervenant n°2 (cue-bids directs), les cue-bids du répondant n°3, et nous avions abordé les cue-bids en réveil du n°4, cue-bids qui s’apparentent un peu aux cue-bids Michaël tout en étant différents (attention !). Il y a encore beaucoup à dire sur les cue-bids du n°4, joueur qui est en réalité rarement en réveil avec une main de cue-bid. Les joueurs qui le précèdent ont pu souvent s’exprimer, soit l’un d’eux seulement, soit les deux. Lire la suite

Actualité du site (sept. 2017, P.S.)

Marinus van Reimerswale (1490-1546),       le Changeur d’argent et sa femme

Chers amis bridgeurs et lecteurs,

Cette fois, vous avez pu voir apparaître, après le premier paragraphe de la page d’accueil (et aussi au bas de cette page), un nouveau bouton, dont (hélas ?) je vous avais déjà parlé il y a quelques mois. Ma mésaventure récente et les frais qui ont été engagés pour « réparer » le site m’ont fait réfléchir sur la gratuité complète dont vous bénéficiez maintenant depuis près de 5 ans.

La capacité du site a été augmentée chez l’hébergeur, car la limite avait été atteinte, et ceci était d’ailleurs à l’origine de mes ennuis, votre « Comprenez le Bridge » étant passé en « lecture seule » : je ne pouvais plus accéder aux pages de travail. La location annuelle qui était faible est devenue nettement plus conséquente, et il a fallu la contribution de trois entreprises d’informatique pour arriver au bout du problème de « plantage », après presque une semaine de casse-tête et de travail acharné des uns et des autres. Cela n’a pas été gratuit.

Au total, mon travail lui-même ne réclamait pas d’être rémunéré de façon urgente, mais cette aventure a servi de déclencheur à ma campagne actuelle d’appel à contribution.

Sachez que vous n’êtes en aucun cas obligé de donner quoi que ce soit, et qu’en tout état de cause, la totalité du site est et restera accessible à tous. Il s’agit simplement, si vous pensez que vous avez pu progresser dans notre jeu grâce au présent blog, d’un geste de reconnaissance, un peu comme l’on a l’habitude maintenant de rémunérer Wikipedia.

Je pense laisser ce bouton « Donate » pendant un mois, puis reprendre une campagne identique dans six mois environ. Je vous remercie d’avance de ce que vous ferez et vous adresse les meilleurs vœux pour votre progression.

Cordialement et bridgeusement vôtre,

O. C.

P.S. rajouté le 23 décembre 2017 : Le bouton Paypal a été supprimé depuis plus d’un mois.

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Actualité du site (septembre 2017)

Chers amis bridgeurs et lecteurs,

Edvard Munch (1863-1944), Le Cri (1893)

Vous vous êtes sans doute rendu compte que je ne répondais plus à aucune question depuis deux mois. Pire, depuis trois semaines, votre site (préféré ?) a disparu de vos écrans. Il est arrivé ce que les informaticiens redoutent le plus (image ci -contre), un bug (bogue, en français), ou même un crash qui m’interdisait d’accéder à la page d’administration du site. Il a fallu de patientes recherches et d’innombrables contacts pour que tout puisse se rétablir, ce qui est désormais réalisé. Vous pouvez vous remettre au travail… Lire la suite