Actualité du site (décembre 2018)

Chers amis bridgeurs et lecteurs,


Vincent Van Gogh (1853-1890)
Le repos des moissonneurs (1890)

Vous vous êtes sans doute aperçus que depuis quelques mois, les nouveaux cours se font plus rares, ainsi que les nouvelles rubriques des différents dictionnaires. C’est qu’aujourd’hui, le site est très complet, et nécessite surtout des mises à jour. Il va avoir 6 ans et atteint manifestement sa vitesse de croisière : environ 1000 pages continuent à être lues chaque jour, ce qui correspond à environ 200 visiteurs quotidiens, qui parcourent en moyenne 5 pages chacun. Ce succès est pour moi une grande satisfaction. Mais si la densité de mon travail a diminué, je n’en reste pas moins vigilant à répondre le mieux possible à vos questions, le dialogue avec les lecteurs restant primordial.

LES QUESTIONS QUE VOUS M’ADRESSEZ :

Le site étant maintenant assez complet, vous devez pouvoir y trouver la réponse à la majorité de vos questions, notamment en ce qui concerne les enchères. Il est vrai qu’il faut se familiariser avec l’ordre des cours, les Dictionnaires et les différents moyens de trouver le sujet demandé (contrôle-F). Rappel : ce site défend le SEF, et les réponses sont donc toujours orientées dans le sens du SEF (Système d’Enseignement Français et développements). Il est inspiré également de la lecture du Bridgeur, et de Bridgerama, revues qui restent toujours dans l’esprit de l’Université du Bridge de la Fédération Française de Bridge.

Rappel : lorsque vous m’écrivez, précisez-moi votre niveau, de façon à ce que je puisse adapter ma réponse. Cette demande réapparaît à chaque « Actualité du site », car de nombreux lecteurs ne le font pas… La « philosophie » à suivre n’est pas la même selon que l’on a une grosse expérience du jeu ou qu’on soit débutant (et on reste quelquefois débutant assez longtemps…).

LE SEF (SYSTEME D’ENSEIGNEMENT FRANÇAIS) :

Comme dans toute discipline, des progrès importants émaillent l’évolution de notre jeu. De nouvelles conventions apparaissent, d’anciennes évoluent, d’autres deviennent obsolètes, car elles n’ont pas fait, par exemple, montre d’une véritable utilité. Tout ceci est résumé dans les éditions successives du SEF, et le nouveau SEF vient d’être édité (10€ aux éditions Le Bridgeur). Les inférences de ces évolutions seront nombreuses et entraîneront certainement des modifications sérieuses à apporter au site. Cela ne pourra être fait que très lentement, après une réflexion préalable sur le choix des pages à remanier.

Ceci dit, avant de vous précipiter sur les nouveautés, assurez-vous que vous aurez bien compris toutes les inférences et surtout que votre partenaire est bien au courant ! En attendant, je ne saurais trop vous recommander de vous en tenir à ce que vous avez appris jusqu’à présent, avec la dernière édition du SEF, qui date de 2012. La base du système ne change pas, et je vous recommande de ne surtout rien modifier à vos habitudes avant d’être en 1ère série et en face d’un partenaire attitré. Sinon, ce qui est déjà une patiente construction actuellement risque de présenter d’importantes fissures et de vous entraîner à l’écroulement de plusieurs pans dans l’édifice !

LES COURS ET EXERCICES :

Rappel : Les cours sont au nombre de près de 240, dont plus de 120 pour les enchères, et plus de 110 pour le jeu de la carte. Il faut y rajouter près de 50 pages d’exercices de tous niveaux. Je pense qu’aujourd’hui, les cours pour débutants, 4ème et 3ème  séries ont en nombre suffisant pour une progression satisfaisante. Rappel encore : Si un sujet inexistant ou peu développé vous paraît devoir être abordé ou précisé sous forme de cours, dites-le moi. Je tâcherai de vous satisfaire.

L’INDEX-DICTIONNAIRE :

L’Index-Dictionnaire est maintenant terminé (rappel : il est cité dans Wikipédia en deuxième position derrière celui de Georges Versini (1968), dont il s’est d’ailleurs fortement inspiré). Peu de choses y seront ajoutées. Je vous rappelle que ce dictionnaire est aussi un index des cours. Mais attention : le niveau des cours n’est que rarement indiqué dans l’Index-Dictionnaire. Assurez-vous, avant de l’apprendre, qu’il correspond à votre niveau, et que vos connaissances préalables permettent de l’assimiler : pour cela, retrouvez sa place dans le menu principal. Bien entendu, ce Dictionnaire reste surtout utile en ce qui concerne les termes techniques du bridge.

LE DICTIONNAIRE DES ENCHERES :

L’élaboration de ce dictionnaire continue lentement, et le nombre d’entrées a un peu augmenté depuis la dernière « Actualité du site ». On y trouve déjà plusieurs milliers de séquences. La plupart des nouvelles séquences a été rajoutée à la suite de vos questions d’enchères, lorsque la séquence étudiée n’y figurait pas. Mais évidemment, un tel Dictionnaire ne sera jamais terminé… Le SEF reste bien entendu l’ouvrage de base, ainsi qu’assez souvent les articles du Bridgeur. Les dictionnaires des enchères de Philippe Brunel et Catherine Sarian (silence adverse, 2001), ainsi que de Hervé Pacault et Philippe Brunel (enchères après intervention, 2004) restent mes ouvrages de référence, même si quelques séquences se sont beaucoup modifiées (évolution du SEF !) depuis leur publication.

LES ARTICLES :

Jusqu’à présent, 50 articles ont été publiés (en moyenne un toutes les six semaines depuis l’ouverture du site, avec un net ralentissement depuis deux ans), et sont facilement retrouvés dans la colonne de droite, dans les rubriques Articles récents, Catégories ou Archives. Ce sont des réflexions données au « fil de la plume », sur des sujets variés, mais qui n’ont pas la vocation à être des cours. Il me semble que la lecture de ces articles devrait bénéficier tout de même à de nombreux lecteurs, leur but étant souvent de « remettre les idées en place ». Si un sujet d’ordre général vous intéresse particulièrement, faites m’en part.

L’AVENIR :

Il y a actuellement plus de 600 lecteurs abonnés. Cet abonnement ne sert qu’à être informé par mail qu’un nouvel article est arrivé. Mais il est gratuit, et ne présente, je crois, aucun inconvénient. Alors, abonnez-vous, même si les articles sont devenus aujourd’hui rares : il faut bien dire que ce blog tourne maintenant tout seul…

LE BOUTON « DONATE » :

L’année dernière, ayant eu d’importantes pannes d’informatique qui avaient fini par être coûteuses, je vous avais demandé si vous vouliez bien participer au frais, et vous avez nombreux à répondre positivement. Je vous avais indiqué que je recommencerais dans six mois, mais je n’en ai rien fait, car vous aviez été suffisamment généreux, et je vous en remercie. Cependant, de nouvelles échéances arrivent (notamment l’hébergement du blog), et, pour les mêmes raisons, je remets le bouton Donate  ci-dessous et en première page, en faisant appel à votre contribution. C’est le système Paypal qui a été choisi, car c’est le plus commode (pour moi !). Sachez que vous n’êtes en aucun cas obligé de donner quoi que ce soit, et qu’en tout état de cause, la totalité du site est et restera accessible à tous. Il s’agit simplement, si vous pensez que vous avez pu progresser dans notre jeu grâce au présent blog, d’un geste de reconnaissance, un peu comme l’on a l’habitude maintenant de rémunérer Wikipedia. Le bouton « Donate » restera pendant un mois environ.

Je vous remercie d’avance de ce que vous ferez et surtout vous adresse mes meilleurs vœux, en cette fin d’année, pour votre progression dans notre formidable jeu.

Cordialement et bridgeusement vôtre,

O.C.

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Principes du jeu de flanc

Secrets Défense, Michelle Auboiron, 2008

Avez-vous vous pu vous rendre compte, au stade où vous en êtes dans vos progrès, que le jeu de flanc est au moins aussi intéressant, sinon plus, que le jeu du déclarant ? C’est avec le jeu de flanc que l’on gagne les tournois, et d’ailleurs, on joue deux fois plus souvent en flanc qu’en étant déclarant. Tout le monde (ou presque…), peut jouer en face du mort de façon correcte, et même parfois brillante. En revanche, la défense demande une réflexion particulière, car, pour réussir son contrat (14 levées moins celles du contrat du déclarant), on est deux ! Bien sûr, comme le déclarant, dès après l’entame, le défenseur voit 26 cartes, celles du mort et les siennes, et il va lui falloir élaborer un plan de jeu. Mais celui-ci ne peut être maîtrisé qu’en concordance avec son partenaire. Ceux d’entre vous qui lisent la revue « Le Bridgeur » connaissent les fameux et nombreux articles d’Alain Lévy sur ce sujet, avec sa « grille des levées du flanc », complétée le cas échéant par la « grille des levées du déclarant », vue par la défense. Il y a quelques années, Marc Kerlero, dans le mensuel « Bridgerama », destiné à des joueurs un peu moins chevronnés, avait consacré un dossier à cette question du jeu de flanc. Il déplorait que les joueurs dussent se contenter de subir le jeu du déclarant, en appliquant vaguement quelques recettes toutes faites, telles que « la faible du mort, gros en troisième, honneur sur honneur, etc. ». Aujourd’hui, ce sujet, qui est évidemment aussi éternel que le sera notre jeu, reste donc d’actualité. Il ne peut être question ici de donner une martingale, ni même de développer in extenso un sujet qui demanderait plusieurs volumes. Je chercherai donc surtout à souligner quelques points de repères, et surtout à donner l’envie au lecteur de s’améliorer dans ce domaine, où la bibliographie est abondante.

L’essentiel est d’être décidé à rester concentré dès l’entame, sans attendre d’avoir la main pour commencer à réfléchir au plan de jeu de la défense. Garder en tête tous les indices qui ne manquent pas de se présenter : « Tiens, Sud a pris le V de mon partenaire avec l’A. Mon partenaire a donc la D ». Vous devez organiser votre défense à partir d’une série d’actions qui doivent être toujours les mêmes, et devenir réflexes. 1°) Compter les points du mort, les ajouter aux vôtres, et partager le résidu (total : 40) entre votre partenaire et le déclarant, selon la précision des enchères et le contrat final. 2°) Essayer de reconstituer le mieux possible la couleur d’entame (honneurs restants, répartition). 3°) Essayer de deviner le plan de jeu adverse, en regardant attentivement le mort (couleur secondaire menaçante, fourchettes favorables ou non, etc.) : le déclarant va-t-il jouer en coupe (jouer atout) ? Va-t-il tenter des impasses (jouer neutre une couleur où l’on n’a rien) ? Pourra-t-il défausser ses perdantes sur une couleur affranchie (prendre des risques pour encaisser ses levées immédiatement, avant qu’il ne soit trop tard) ? Je vous conseille vivement de vous entraîner constamment à cette gymnastique intellectuelle, même (surtout ?) quand vous estimez que vous n’avez pas de jeu et qu’il n’y a rien à faire. Les mains blanches (0 points), peuvent être parfois décisives, si vous donnez les bons renseignements à votre partenaire (parité, refus, etc…).

Après les enchères suivantes, dans le silence adverse : S 1 – N 2 – S 2 – N 4, vous entamez du ♠R, et votre partenaire prend de l’♠A. Laissez le ♠R face visible, bloquant ainsi le jeu (vous en avez toujours le droit), et refusant de retourner votre carte jusqu’à ce que vous ayez suffisamment réfléchi à la situation : 1°) Points visibles : 12 + 10 = 22 ; 40 – 22 = 18. Sud a ouvert. Est n’aura donc que 6, maximum 7 points. 2°) L’entame : Sud n’a rien à ♠. 3°) Le mort est plat, mais l’impasse au R, bien placé pour Sud, va réussir. Tout est noté ? Vous pouvez retourner votre R♠. Est repart du ♠V. Vous ne savez pas s’il est sec ou encore second, vous prenez donc de la ♠D, et vous rejouez le ♠10. Tout le monde fournit. Quelle est maintenant la situation ? Sud avait 3 petits ♠, et il a forcément l’♣A et AR ou ARD pour justifier son ouverture. Il devient donc impossible de trouver une levée mineure. Le seul espoir réside dans la couleur d’atout, . Si Est a la D (très peu probable), votre V fera chuter. En fait, votre unique solution est d’espérer une promotion d’atout, en jouant le ♠9 en coupe et défausse : il faut souhaiter qu’Est possède le 9, obligeant Sud à surcouper de la D, votre seule chance de faire chuter (et si Est a la D, c’est encore mieux !). Est-ce que ce plan de jeu, en défense, vous a paru si difficile ?

Vous êtes maintenant assis en Est (diagramme de gauche). Toujours dans le silence adverse, Sud joue 4♠ (enchères : S 1♠ – N 2♣ – S 2SA – N 4♠). Ouest, votre partenaire, entame du R. Votre réflexe immédiat : singleton au mort, comment signale-t-on, déjà ? Il faudra faire une préférentielle ? Au lieu de cela, faites donc le petit check-up habituel : 1°) Points visibles 9 au mort + 6 dans votre main = 15 ; 15-17 points en Sud, restent 8 à 10 en Ouest. 2°) Couleur d’entame : le R doit être 5ème en Ouest, car Sud en a dénié 4 (en principe !). 3°) Le mort : quelle que soit la place du ♣R, le déclarant va défiler 5 levées à ♣ qui lui permettront 2 ou 3 (voire 4) défausses de ses perdantes, qui se situent dans les couleurs rouges. Et la couleur est protégée par la coupe du mort. Il faut donc déclencher le plan Orsec, espérant des perdantes à . Allons-y : R pris de l’A, et D ! C’est la dernière fois que vous serez en main, et la seule chance de faire 3 levées dans la couleur… En voyant les 4 mains (diagramme de droite), vous êtes récompensés de votre clairvoyance…

Encore un exemple, mais un peu plus compliqué, après des enchères expéditives, toujours dans le silence adverse : N 1 – S 1♠ – N 4♠. Ouest entame du 2 pour votre R (diagramme de gauche). Avant de retourner celui-ci pour ramasser la levée, faites le point devenu familier : 1°) Les points visibles : 19 + 11 = 30 ; avec au moins 5 points en Sud, Ouest n’en a pas plus de 5. 2°) La couleur d’entame : un nombre impair de en Ouest, plutôt 5, ce qui en laisserait 2 en Sud. 3°) Le mort possède une belle couleur à . Comme vous ne voyez pas très bien quoi faire, vous encaissez l’A, et Sud fournit la D (donc, Ouest a bien 5 cartes à ). Vous êtes toujours en main. Vous ferez le R plus tard, et si Ouest a l’♣A, il le fera toujours. Mais si Sud a l’♣A, il ne faudra jouer ♣ à aucun moment, sous peine de lui « filer » la 10ème levée : s’il a 5 cartes à ♠, il en fera toujours 10, mais s’il n’a que 4 ♠, il ne fera que 9 levées si on le laisse manipuler ses ♣ tout seul : 4 ♠, 3 , et 2 ♣). Les ne menacent pas vraiment (le déclarant est 4-2-3-4). Evidemment, si Sud possède la ♣D aussi, il n’y a aucune solution pour la défense, d’où l’hypothèse de nécessité : Ouest a la ♣D. Conclusion : la solution est de toujours jouer neutre : ♠ tout de suite, puis, après l’impasse au R, rejouer . On fera un ♣ en fin de coup. Si la défense joue ♣, elle perd sa levée naturelle dans la couleur…

Ces quelques exemples vous ont montré que le plus souvent, avec des raisonnements simples, on peut réaliser un bon flanc. Au passage, vous avez pu constater que les bons raisonnements découlent aussi d’une bonne signalisation par votre partenaire, et notamment le « pair-impair », auquel il ne faut sous aucun prétexte déroger. Combien de fois ai-je entendu « je n’ai pas voulu éclairer le déclarant en montrant ma parité » ? En vérité, c’est surtout votre partenaire que vous trompez dans ce cas ! Le déclarant, s’il ne peut pas se passer d’une impasse, où si une seule répartition lui convient pour réussir, posera ses hypothèses de nécessité, et votre « ruse » ne le gênera en rien ! Pour ceux d’entre vous qui sont inscrits à la FFB, et qui par conséquent reçoivent la revue l’As de Trèfle, je vous invite, après avoir lu cet article, à faire (ou refaire) les exercices de défense du dernier numéro (n° 34 de septembre 2018) que vous trouverez en fin de revue, à la page 28. Il s’agit, dans la mesure du possible, de compter la main du déclarant, au cours de 6 exercices, pas toujours faciles…

En conclusion, j’espère que lorsque vous serez en flanc (deux fois sur quatre), même avec un jeu qui paraît décevant (comme le deuxième exemple ci-dessus), vous saurez vous astreindre à la petite gymnastique d’esprit qui vous permettra de relancer la bonne carte, celle qui fait chuter le déclarant. Un peu de concentration vous permettra de vous appuyer sur un raisonnement, plutôt que de vous en remettre plus ou moins au hasard. La défense est, pour les bons joueurs, le compartiment le plus fascinant du jeu de bridge, celui qui donne le plus de satisfaction intellectuelle, et accessoirement celui qui permet de gagner les tournois. Ce n’est pas rien !

Olivier CHAILLEY

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La gestion des contrôles

Rassurez-vous, malgré ce titre quelque peu ambigu, nous sommes bien au bridge, et en aucune façon menacés par une sanction quelconque de la part des autorités financières. Il s’agit seulement de reprendre quelques notions indispensables pour tenter d’améliorer les chances de parvenir à ce dont tout bridgeur rêve, l’annonce d’un chelem qui ait une bonne chance de réussir. De plus, dans les années 2005-2010, la manière de traiter les contrôles a sensiblement évolué, et il est temps de les gérer à la moderne. Comme vous le savez, les contrôles ne concernent que les contrats de chelem à la couleur. Il ne sera donc pas question ici des chelems à SA, dont le succès statistique ne dépend que du nombre de points HL détenus dans la ligne (33+HL). A SA, on ne parle ni de contrôle, ni de Blackwood, mais d’enchères quantitatives (4SA par exemple) seulement. Lire la suite

Faut-il avoir peur des cue-bids ? (3)

Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit le Caravage (1571-1610), Méduse (vers 1597)

Tout vient à point à qui sait attendre (cf. François Rabelais, Pantagruel, Livre IV, chapitre 48). Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage (Jean de La Fontaine, Le Lion et le Rat). Chère lectrice, cher lecteur, restés sur votre faim et votre soif d’en apprendre davantage sur les cue-bids pendant près d’un an, vous allez enfin avoir un peu de grain à moudre. Une petite question insidieuse au passage : avez-vous utilisé davantage de cue-bids après avoir lu les deux derniers articles sur la question ? Sinon, relisez-les ! Ils portaient sur des situations fréquentes, toujours après une ouverture de 1 à la couleur : les cue-bids de l’intervenant n°2 (cue-bids directs), les cue-bids du répondant n°3, et nous avions abordé les cue-bids en réveil du n°4, cue-bids qui s’apparentent un peu aux cue-bids Michaël tout en étant différents (attention !). Il y a encore beaucoup à dire sur les cue-bids du n°4, joueur qui est en réalité rarement en réveil avec une main de cue-bid. Les joueurs qui le précèdent ont pu souvent s’exprimer, soit l’un d’eux seulement, soit les deux. Lire la suite

Actualité du site (sept. 2017, P.S.)

Marinus van Reimerswale (1490-1546),       le Changeur d’argent et sa femme

Chers amis bridgeurs et lecteurs,

Cette fois, vous avez pu voir apparaître, après le premier paragraphe de la page d’accueil (et aussi au bas de cette page), un nouveau bouton, dont (hélas ?) je vous avais déjà parlé il y a quelques mois. Ma mésaventure récente et les frais qui ont été engagés pour « réparer » le site m’ont fait réfléchir sur la gratuité complète dont vous bénéficiez maintenant depuis près de 5 ans.

La capacité du site a été augmentée chez l’hébergeur, car la limite avait été atteinte, et ceci était d’ailleurs à l’origine de mes ennuis, votre « Comprenez le Bridge » étant passé en « lecture seule » : je ne pouvais plus accéder aux pages de travail. La location annuelle qui était faible est devenue nettement plus conséquente, et il a fallu la contribution de trois entreprises d’informatique pour arriver au bout du problème de « plantage », après presque une semaine de casse-tête et de travail acharné des uns et des autres. Cela n’a pas été gratuit.

Au total, mon travail lui-même ne réclamait pas d’être rémunéré de façon urgente, mais cette aventure a servi de déclencheur à ma campagne actuelle d’appel à contribution.

Sachez que vous n’êtes en aucun cas obligé de donner quoi que ce soit, et qu’en tout état de cause, la totalité du site est et restera accessible à tous. Il s’agit simplement, si vous pensez que vous avez pu progresser dans notre jeu grâce au présent blog, d’un geste de reconnaissance, un peu comme l’on a l’habitude maintenant de rémunérer Wikipedia.

Je pense laisser ce bouton « Donate » pendant un mois, puis reprendre une campagne identique dans six mois environ. Je vous remercie d’avance de ce que vous ferez et vous adresse les meilleurs vœux pour votre progression.

Cordialement et bridgeusement vôtre,

O. C.

P.S. rajouté le 23 décembre 2017 : Le bouton Paypal a été supprimé depuis plus d’un mois.

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Actualité du site (septembre 2017)

Chers amis bridgeurs et lecteurs,

Edvard Munch (1863-1944), Le Cri (1893)

Vous vous êtes sans doute rendu compte que je ne répondais plus à aucune question depuis deux mois. Pire, depuis trois semaines, votre site (préféré ?) a disparu de vos écrans. Il est arrivé ce que les informaticiens redoutent le plus (image ci -contre), un bug (bogue, en français), ou même un crash qui m’interdisait d’accéder à la page d’administration du site. Il a fallu de patientes recherches et d’innombrables contacts pour que tout puisse se rétablir, ce qui est désormais réalisé. Vous pouvez vous remettre au travail… Lire la suite

Faut-il avoir peur des cue-bids ? (2)

Paul Cézanne (1839-1906), Les joueurs de cartes (1892-1895)

L’origine de l’emploi du cue-bid n’est pas connue. Le mot lui-même ne peut être rattaché à aucune source historique. Et le fait de « cue-bidder » n’existe apparemment qu’au bridge. Tapez le mot cue-bid dans votre moteur de recherche et vous n’obtiendrez que des sites de bridge. L’orthographe du mot est variable : cuebid, cue bid ou cue-bid – cette dernière étant celle qui est employée préférentiellement chez nous –. Il est intéressant de voir que le terme cue-bid est employé dans tous les pays à travers le monde, montrant ainsi que personne n’a trouvé de traduction acceptable dans sa langue. Comme nous l’avons vu dans un précédent article, le cue-bid a d’abord désigné une enchère de contrôle, soit après un fit (1♠-3♠-4♣, 4♣ étant un cue-bid de contrôle), soit après un Blackwood, la réponse à celui-ci ne représentant pas une couleur d’atout mais un nombre de contrôles en premier, soit tout autre contrôle. Puis sont venus les cue-bids bicolores (Michaël précisés), puis les cue-bids interrogatifs, par exemple dans une couleur creuse, demandant au partenaire un arrêt pour jouer SA, ou pour lui demander de décrire un peu mieux sa main. Aujourd’hui, dans la très grande majorité des cas, en tout cas en France, nous ne parlons de cue-bid que lorsque nous nommons la couleur de l’adversaire, soit directement annoncée par lui, soit implicite (s’il a annoncé lui-même un bicolore par un cue-bid, par exemple, ou s’il a fait un Texas). Bien entendu, répétons-le inlassablement, les cue-bids ne doivent être annoncés que lorsqu’il n’y a pas de meilleure enchère n’est disponible. C’est une voie de « dernier recours », par exemple quand aucune autre enchère n’est forcing, et qu’on voudrait bien que le partenaire ne nous laisse pas tomber. Lire la suite

Faut-il avoir peur des cue-bids ? (1)

Paul Gauguin (1848-1903) : Nafea Faa Ipopo (Quand te maries-tu ?), 1892, l’enchère la plus chère du monde : tableau vendu 300 millions de dollars au Qatar en 2015.

Les nombreuses échanges entre ce site et ses lecteurs, ainsi qu’une longue expérience de l’auteur, montrent à l’évidence, non pas une méconnaissance de la notion de cue-bid, mais plutôt une grande réticence à les employer. Faites l’expérience dans votre club. Notez les cue-bids de toutes sortes que vous voyez passer à votre table. Vous verrez qu’ils ne sont presque jamais employés que par des joueurs d’au moins 2ème série majeure. Et pourtant, l’enseignement du bridge fait mention du cue-bid dès la première année de bridge, particulièrement en défense. On parle également assez rapidement des cue-bids de l’ouvreur. Mais ils ne viennent manifestement pas à l’esprit des joueurs non chevronnés. Il n’est pas question ici de reprendre toutes les circonstances de l’emploi d’un cue-bid : vous trouverez d’innombrables exemples dans les cours. Le but de cet article est seulement de tenter de dédramatiser son emploi, car de toute évidence, le cue-bid fait peur. Or, il n’est pas, loin de là, réservé à l’élite du bridge. Lire la suite

Actualité du site (3)

actualitesChers amis bridgeurs et lecteurs,

« Comprenez le bridge » a maintenant près de 4 ans, et attire maintenant un nombre de lecteurs devenu constant : entre 600 et 1000 pages sont lues chaque jour, correspondant à plus de 150 visiteurs quotidiens, qui lisent en gros 5 pages chacun. Le travail de mise à jour, d’actualisation, de comblement des vides, continue pendant ce temps d’être effectué de ma part, mais à un rythme maintenant plus lent. Le dialogue avec les lecteurs reste primordial, et représente aujourd’hui une bonne partie du travail.

LES QUESTIONS QUE VOUS M’ADRESSEZ :

Je m’efforce toujours d’y répondre rapidement, dans les 24 heures. Bien souvent, le site étant maintenant assez complet, on pourrait en réalité y trouver la réponse à ses questions, lorsqu’elles sont d’ordre général. Il est vrai qu’il faut se familiariser avec l’ordre des cours, les Dictionnaires et les différents moyens de trouver le sujet demandé (contrôle-F). Rappel : ce site défend le SEF, et les réponses sont donc toujours orientées dans le sens SEF (Système d’Enseignement Français et développements). Il est inspiré également de la lecture du Bridgeur, qui reste toujours dans l’esprit de l’Université du Bridge de la Fédération Française de Bridge.

Si possible, lorsque vous m’écrivez, précisez-moi votre niveau, de façon à ce que je puisse adapter ma réponse. Cette demande réapparaît à chaque « Actualité du site », car de nombreux lecteurs ne le font pas… La « philosophie » à suivre n’est pas la même selon que l’on a ou non une grosse expérience du jeu…

LES COURS ET EXERCICES :

Les cours sont au nombre de près de 240, dont plus de 120 pour les enchères, et plus de 110 pour le jeu de la carte. Il faut y rajouter près de 50 pages d’exercices de tous niveaux. Je pense qu’aujourd’hui, les cours pour débutants, 4ème et 3ème série sont en nombre suffisant pour une progression satisfaisante. Quelques cours peuvent être encore ajoutés en 2ème et 1ère série, mais ce sera au « compte-gouttes ». Par ailleurs, si un sujet inexistant ou peu développé vous paraît devoir être abordé ou précisé sous forme de cours, dites-le moi. Je tâcherai de vous satisfaire.

L’INDEX-DICTIONNAIRE :

L’Index-Dictionnaire a été étoffé, et devient assez complet (rappel : il est cité dans Wikipedia en deuxième position derrière celui de Georges Versini (1968)). Ce dictionnaire est aussi un index des cours. Mais attention : le niveau des cours n’est que rarement indiqué dans l’Index-Dictionnaire. Assurez-vous, avant de l’apprendre, qu’il correspond à votre niveau, et que vos connaissances préalables permettent de l’assimiler : pour cela, retrouvez sa place dans le menu principal. Bien entendu, ce Dictionnaire reste surtout utile en ce qui concerne les termes techniques du bridge.

LE DICTIONNAIRE DES ENCHERES :

L’élaboration de ce dictionnaire continue, et le nombre d’entrées a beaucoup augmenté depuis la dernière « Actualité du site ». On y trouve déjà plusieurs milliers de séquences. De nombreuses séquences ont été rajoutées à la suite de vos questions d’enchères, lorsque la séquence étudiée n’y figurait pas. Mais évidemment, un tel Dictionnaire ne sera jamais terminé… Le SEF reste bien entendu l’ouvrage de base, ainsi qu’assez souvent les articles du Bridgeur. Les dictionnaires des enchères de Philippe Brunel et Catherine Sarian (silence adverse, 2001), ainsi que de Hervé Pacault et Philippe Brunel (enchères après intervention, 2004) restent mes ouvrages de référence, même si quelques séquences se sont modifiées depuis leur publication.

LES ARTICLES :

Jusqu’à présent, 41 articles ont été publiés (en moyenne, donc, un par mois depuis l’ouverture du site), et sont facilement retrouvés dans la colonne de droite, dans les rubriques Articles récents, Catégories ou Archives. Ce sont des réflexions données au « fil de la plume », sur des sujets variés, mais qui n’ont pas la vocation à être des cours. Il me semble que la lecture de ces articles devrait bénéficier tout de même à de nombreux lecteurs, leur but étant souvent de « remettre les idées en place ». Le prochain article devrait être une suite des réflexions déjà entamées sur les chelems, la recherche de ceux-ci constituant un des chapitres les plus passionnants de notre jeu.

LA PUBLICITE :

Pendant quelques temps, des encarts publicitaires apparaissaient à certains endroits de ce blog. J’ai fini par y renoncer, et vous n’en voyez donc plus. Si un jour, je devais vraiment être rémunéré pour ce travail, ce serait selon un système « Wikipédia » de donateurs bénévoles. En tout état de cause, ce site reste et restera gratuit.

LES LIENS ET LES INFOBULLES :

Depuis quelques mois, je me suis efforcé de rajouter de nombreux liens, qui renvoient soit à un autre lieu du site, soit à un article externe (souvent Wikipedia). Tous les mots soulignés renvoient normalement à ces pages. De même, la lecture peut parfois être légèrement alourdie par des Infobulles, qui sont en fait peu nombreuses, mais importantes à connaître !

L’AVENIR :

Il y a actuellement plus de 500 lecteurs abonnés. Cet abonnement ne sert qu’à être informé par mail qu’un nouvel article est arrivé. Mais il est gratuit, et ne présente, je crois, aucun inconvénient. Alors, abonnez-vous, même si les articles sont devenus aujourd’hui rares : il faut bien dire que ce blog tourne maintenant tout seul… Mais je reste attentif à vos questions, et vous souhaite plus que jamais une excellente progression dans notre jeu.

Cordialement et bridgeusement vôtre,

O. C.

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En route vers le chelem

Chevaliers table ronde

Les Chevaliers de la Table Ronde autour du Graal

Qui d’entre nous bridgeurs ne s’est trouvé dans la situation intolérable d’avoir perdu un match, qui pourtant se déroulait bien jusque là, à cause d’une seule donne maudite, celle où une manche bien confortable était sur la table, mais où, mû par une pulsion irrésistible, un chelem a été demandé et lamentablement chuté, alors qu’à l’autre table, l’équipe s’était arrêtée à la manche. Pire, on avait annoncé 6, chutés, alors que 6SA étaient sur la table. Dans l’autre salle, 4 étaient joués, réussis avec une levée de mieux. Dans ce genre d’aventure, 26 imps changent de main (13 de perdus, plus 13 de manque à gagner). On appelle cela un « swing ». Combien de donnes partielles faut-il gagner maintenant pour compenser ce seul jeu perdu ? En 14 ou 16 donnes, c’est une mission presque impossible (en match par 4 : bien entendu, la situation est beaucoup moins catastrophique en match par paires, où le pire qu’il puisse vous arriver est un « zéro », qui ne coûte « que » 3,8% sur les 100% du tournoi)… Lire la suite